2010, année de la croissance verte ?

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Avec la maîtrise de l'énergie, le secteur du BTP voit les opportunités se multiplier. Un dynamisme soutenu par des mesures législatives majoritairement incitatives.

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Les marchés de l'efficacité énergétique et des énergies renouvelables devraient dépasser les 90 milliards d'euros en 2012, selon les estimations de l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, étude 2009). Les filières en lien avec ces marchés, dont celles du BTP, sont donc toutes mobilisées. D'autant que 3,4 millions de ménages souffriraient de précarité énergétique, c'est-à-dire ayant de faibles revenus et un logement de mauvaise qualité thermique. Pour y remédier, un rapport remis en janvier au secrétariat du développement durable préconise neuf mesures, dont l'instauration d'un "chèque travaux économe". Pour l'heure, d'autres textes soutiennent le marché, à commencer par des mesures fiscales. Ainsi, depuis le 1er janvier, les achats de certains équipements (notamment les pompes à chaleur et les portes définies par un arrêté du 30 décembre 2009) ouvrent droit à un crédit d'impôt. En revanche, celui accordé pour les menuiseries extérieures passe de 25 à 15 %, selon un amendement apporté à la loi de finances 2010. Une volte-face allant à l'encontre des objectifs fixés par le Grenelle de l'environnement, d'après les organisations professionnelles concernées. Une autre réglementation risque de perturber les professionnels, car tous les matériaux émettant plus d'un microgramme par m3 de trichloréthylène (n° de CAS : 79-01-6) sont interdits depuis le 1er janvier. Une mesure visant à lutter contre la pollution de l'air intérieur qui implique, de la part des dirigeants du BTP, une vérification de tous les produits en stock achetés avant cette date. Pour finir, afin d'inciter les bailleurs à investir dans l'amélioration énergétique, la législation définit désormais les modalités de la participation financière du locataire aux travaux d'économie d'énergie. Ainsi, après concertation et sous conditions, le propriétaire peut demander une contribution à l'occupant de son logement pour certains chantiers (définis par le décret du 23 novembre 2009). Une évolution qui inscrit l'année 2010 dans une phase de croissance verte. Rappelons que d'autres mesures restent à venir, à l'instar du label Bâtiment de basse consommation énergétique (BBC) obligatoire dans les constructions neuves à partir de 2013.

@ FOTOLIA

Selon l'Ademe, les marchés de l'efficacité énergétique et des énergies renouvelables pèseront 90 milliards d'euros en 2012.

AGATHE JAFFREDO

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