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Achat ou location, comment faire le bon choix

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Dans un contexte économique encore instable, l'achat de véhicules a toujours la cote auprès des dirigeants de petites entreprises. Pourtant, la location, de moyenne ou longue durée, et le crédit -bail séduisent de plus en plus les patrons.

Pour le moins malmené en 2009 (- 19,5 %), le marché des VU a retrouvé des couleurs l'année dernière. En 2010, les mises à la route des loueurs ont atteint 390 000 unités, soit un saut spectaculaire de 12,7 % par rapport à 2009. D'après Philippe Brendel, président de l'Observatoire des véhicules d'entreprise (OVE), cette tendance, encore fragile, devrait se poursuivre en 2011: « Nous anticipons une hausse des ventes de VU de l'ordre de 1 à 2 % en 2011. Au premier semestre, elles ont déjà progressé de 5 % alors que le deuxième trimestre a été marqué par un net ralentissement. Et il y a de bonnes raisons d'espérer un rebond sur la seconde partie de l'exercice 2011 », estime-t-il. Il faut dire qu'acquérir une flotte de véhicules devient un enjeu économique pour les entreprises. Et choisir un mode de financement adapté aux besoins du moment peut se révéler payant. Depuis plus de deux ans, les sociétés, évoluant dans un contexte économique très instable, ont majoritairement opté pour un allongement des durées de location, allant parfois jusqu'à plus de trois ans. Très avantageuse sur le papier, cette possibilité fait baisser le montant des mensualités. En contrepartie, le parc affiche un kilométrage plus important. Malgré une fiabilité grandissante - les VU produits aujourd'hui peuvent enregistrer plus de 100 000 km au compteur sans souci majeur -, le coût d'un véhicule est fortement corrélé à son âge et à son kilométrage. Au point qu'il peut être moins coûteux pour l'entreprise de changer de véhicule.

LMD ou LLD: selon vos besoins

Si certaines structures allongent la durée des locations, d'autres, plus petites, la diminuent considérablement. Ces dernières années ont en effet vu l'émergence de la location moyenne durée (LMD), comprise entre 6 et 12 mois. A la fin du contrat, le loueur reprend les véhicules et les revend. Si les loyers des véhicules d'occasion sont bas, ils peuvent être très élevés pour des véhicules neufs. « C'est une solution adaptée aux entreprises qui ne savent pas trop ce qu'elles vont faire, explique Philippe Brendel de l'OVE. La LMD est très intéressante lorsqu'on a, par exemple, des besoins très ponctuels. Elle offre une grande flexibilité sans avoir l'entretien à charge, comme lors d'un achat classique. » Pour des besoins plus importants et pérennes, la location longue durée (LLD) est envisageable. Elle représente aujourd'hui 8 % des acquisitions de VU. Les plus grandes utilisatrices sont les grosses PME (56 %) et les grandes entreprises (82 %). A l'échéance du contrat (pouvant courir jusqu'à 40 mois), le loueur reprend le véhicule, puis le revend sur le marché de l'occasion. Les avantages ? La LLD n'immobilise pas de capitaux propres ou empruntés, les loyers passent en charges, l'utilisateur sait dès la signature quels seront les coûts liés à ses véhicules, et des prestations annexes peuvent être incluses dans le loyer (entretien, assistance, assurances...). Bref, l'entreprise n'a pas à supporter les risques (pannes, pertes financières à la revente...). Gare aux changements dans les contrats (durée, kilométrage...), qui provoquent une hausse des loyers, et aux frais de remise en état à la fin de la location.

LOA: louer en vue d'acheter

Solution hybride, le crédit-bail, ou location avec option d'achat (LOA), représente 28 % des acquisitions de VU. Ce sont surtout les TPE (28 %) et petites PME (30 %) qui y recourent. Un établissement financier achète les véhicules désirés par la société, puis les lui donne en location pendant une durée déterminée. A la levée de l'option d'achat prédéfinie par le contrat, l'entreprise devient propriétaire. Cet achat à crédit évite à l'entreprise de puiser dans ses fonds propres ou dans sa trésorerie (seul un apport initial est obligatoire). Les loyers passent en charge d'exploitation et n'ont pas d'impact sur l'actif du bilan. Inconvénients: l'entreprise doit supporter les coûts d'entretien, et se charger de l'éventuelle revente des véhicules, qui se fait la plupart du temps à une valeur inférieure à la cote réelle.

@ FOTOLIA/TJEFFERSON

Achat: le choix de la simplicité

Mais le mode de financement préféré des chefs d'entreprise reste l'achat. Au terme du premier semestre 2011, 64 % des VU ont été acquis de cette manière. C'est la solution majoritairement adoptée par les TPE (66 % du parc) et les petites PME (47 %). L'entreprise dispose du véhicule, y compris après la fin de l'amortissement. L'achat gonfle les actifs de l'entreprise. Seul bémol, le véhicule acheté perd de sa valeur jour après jour, surtout lors de la première année s'il s'agit d'un véhicule neuf. Cette opération patrimoniale n'est donc pas optimale. En outre, l'achat se fait en puisant dans la capacité d'emprunt ou dans la trésorerie. Souvent, les véhicules sont utilisés jusqu'au bout, avec pour conséquences dommageables: une vétusté entraînant des coûts d'entretien importants et une image dégradée de l'entreprise sur le terrain.

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