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Après un incendie, il renaît de ses cendres

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Aprés l'incendie qui a ravagé ses locaux professionnels et sa résidence principale, Vincent Guery a lâche les renés de sa société. Puis, aidé par l'Anact, l'artisan a retrouvé son rôle de chef d'entreprise.

En renouant le dialogue avec ses salariés, Vincent Guéry a ressoudé et relancé son entreprise.

@ DR

En renouant le dialogue avec ses salariés, Vincent Guéry a ressoudé et relancé son entreprise.

L'entreprise aujourd'hui

 

Installé depuis huit mois dans sa maison fraîchement reconstruite, Vincent Guéry a repris confiance dans l'avenir. Sa petite entreprise, Alpes du Nord Agencement, peut dorénavant s'appuyer sur une équipe de trois salariés soudés et motivés. Si la situation financière de la société s'améliore d'année en année, le fantôme du sinistre pèse toujours sur les comptes. En effet, l'artisan n'est toujours pas rentré dans ses frais, même si son assurance a déjà remboursé 80 % des dommages.

Sa crise

 

En juillet 2004, un terrible incendie se déclare dans l'atelier du menuisier, annexe de sa résidence principale. Sa maison et ses stocks sont en cendres. Fort heureusement, l'artisan vient de faire l'ac- quisition de nouveaux bâtiments. Mais le déménagement n'est pas achevé. Le matériel et les fournitures, d'une valeur de plusieurs milliers d'euros, sont partis en fumée. Or, l'assurance, contractée à titre personnel, ne couvre pas les biens de l'entreprise. Vincent Guéry doit donc entreprendre de nombreuses démarches, tant au niveau professionnel que personnel. Même si la solidarité joue - la commune lui trouve rapidement un logement -, il est moins présent dans le quotidien de son entreprise. Conséquence: ses salariés se sentent livrés à eux-mêmes. Ils en viennent à se demander si la société va survivre. La tension monte: Vincent Guéry devient un étranger pour ses propres coéquipiers.

Son rebond

 

Dépassé par la situation mais conscient des problèmes, l'artisan se tourne vers la Capeb (Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment), qui l'oriente vers Aravis, antenne régionale de l'Anact, l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail. Après un entretien avec le couple Guéry, Odile Maurice- Desbat, chargée de mission d' Ara- vis, se déplace pour discuter avec les salariés. Elle leur remet un ques- tionnaire, puis organise une réunion. Les salariés sont invités à faire part de leurs doléances et à proposer leurs solutions, auxquelles Vincent Guéry doit réagir "à chaud". Un exercice difficile mais nécessaire. «Ce que me reprochaient mes salariés était justifié. Je n'avais plus le temps d'assurer mon rôle de manager comme avant.» Certains problèmes sont pointés: sanitaires vétustés, aucun endroit pour déjeuner... Et même si les salaires ont toujours été payés à temps, la trésorerie est insuffisante pour entreprendre des travaux d'amélioration dans les nouveaux locaux. Cependant, ragaillardi par ce dialogue fécond,Vmcent Guéry reprend courage. Il aménage des sanitaires et des placards. Il affiche le calendrier des commandes pour rassurer ses salariés et clarifie le rôle de sa femme qui le seconde dans la gestion administrative de la société. Sortie de l'impasse, la PME peut retrouver la voie de la croissance. Aujourd'hui, Vincent Guéry réenvisage d'embaucher: «La pérennité de mon entreprise passe par son développement humain.»

Repères

- RAISON SOCIALE
Alpes du Nord Agencement
- VILLE
Saint-Paul-sur- Isère (Savoie)
- DIRIGEANT
Vincent Guéry, 37 ans
- EFFECTIF
4 personnes
CA 2006
220 000 euros
- SITE www.alpes-agencement.com

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