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Artisan, acrobate et globe-trotteur

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Les travaux d'accès difficile représentent un volume d'activité restreint. Alors, pour accroître son chiffre d'affaires, Laurent Elles a choisi de tabler sur l'export. Une stratégie qui réclame une préparation minutieuse en amont.

Terres australes, forêt tropicale guyanaise, milieux souterrains laotiens... Acrotir, entreprise de travaux d accès difficile située à Lunéville, peut se vanter d avoir exercé dans les endroits les plus reculés et inaccessibles de la planète. «Nous devons élargir notre zone d'intervention pour continuer à nous développer, car notre créneau est étroit», considère son dirigeant, Laurent Elles. Souvent assimilés à des alpinistes, les employés d'Acrotir se sentent plus proches des spéléologues, dont ils ont adopté les techniques. Ils sont appelés pour intervenir sur des zones inaccessibles en nacelle ou échafaudage. Il s'agit par exemple du nettoyage de façades, de la construction d'un dispositif de sécurité au sommet d un chapiteau de cirque, ou de relevés topographiques dans des galeries souterraines. Quelles que soient les missions, elles sont généralement décidées en urgence. «Nous intervenons quand les entreprises traditionnelles sont bloquées, nous devons donc avoir une capacité d'intervention rapide», explique Laurent Elles. Cela suppose une structure souple, qui se traduit au niveau des ressources humaines: parallèlement aux 12 emplois fixes, Acrotir fait régulièrement appel à des sous- traitants spécialisés. Autre particularité de l'entreprise: le temps de réaction qui doit être particulièrement court et impose de préparer le voyage en amont. Lors de rétablissement du devis, Laurent Elles estime le nombre de journées de travail nécessaires, puis il se lance aussitôt dans une recherche plus précise, aidé de son assistante. Qui envoyer sur place? Quel est le délai d obtention du visa et le prix du transport pour les hommes et le matériel? Cette préparation permet de chiffrer exactement le coût de la mission et de réagir à temps.

La jungle des normes

L'export est une activité impulsée par Laurent Elles lorsqu'il est arrivé à la tête de la société, en 2003. Sa première initiative? Faire rédiger une plaquette en anglais, afin de toucher les firmes internationales. L'export ne constitue actuellement que 5% du chiffre d'affaires d'Acrotir, mais, en valeur, il double chaque sonnée depuis trois ans. Pour asseoir sa réputation à l'étranger, Laurent Elles table sur le bouche à oreille. Par ailleurs, il apprend à surmonter certains obstacles, comme l'existence de normes de sécurité différentes selon les zones géographiques. L'artisan applique alors les standards les plus sévères (français et américains), en achetant par exemple du matériel fonctionnant avec les deux normes. Il prend également soin d'exploiter les talents de ses salariés, dont certains sont polyglottes... Ce qui lui permet de compenser sa propre lacune en la matière!

Laurent Elles a réussi à décrocher des chantiers dans les endroits les plus exotiques du monde.

Laurent Elles a réussi à décrocher des chantiers dans les endroits les plus exotiques du monde.

Repères

>Raison sociale: Acrotir TAE
>Activité: Travaux d'accès difficile
>Ville: Lunéville (Meurthe-et-Moselle)
>Année de reprise: 2003
>Dirigeant: Laurent Elles, 43 ans
>Effectif: 12 personnes
>CA 2008:1 600 000 Euros

CELINE KELLER

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