Bien choisir ses équipements de protection individuelle

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Les équipements de protection individuelle sont souvent «oubliés» ou mal utilisés par les artisans et leurs salariés. Ils sont pourtant indispensables et même obligatoires. Conseils pour choisir l'équipement adapté, en tout sécurité.

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Casques, gants, protections auditives, lunettes de sécurité, masques de protection, chaussures, harnais et ancrages sont autant d'équipements de protection individuelle (EPI) obligatoires, qui doivent être fournis par l'employeur (lire encadré page suivante). Ils sont indispensables pour assurer la sécurité des professionnels dans l'exercice de leur activité. Pour autant, ils sont souvent laissés de côté et les excuses vont bon train: «C'est trop lourd, trop gênant, je n'en ai pas besoin...» Le risque d'accident ou de maladie professionnelle est pourtant bien réel, comme le confirment les dernières statistiques de la Caisse nationale d'assurance maladie. Ainsi, dans le secteur du BTP, le nombre d'accidents du travail a augmenté de 3,4 % en 2007 par rapport à l'année 2006, avec plus de 131 000 accidents. Quant aux maladies professionnelles (affections liées à l'amiante ou au bruit, périarticulaires et chroniques du rachis lombaires dues à des charges lourdes notamment), pas moins de 4 300 cas ont été recensés en 2007.

Pour éviter de faire partie de ces tristes statistiques, les artisans doivent intégrer les EPI dans leurs habitudes de travail et développer progressivement une réelle culture de la sécurité au travail. Pour en faire un réflexe au quotidien, «l'idéal est d'associer son équipe au choix des EPI, car ceux-ci seront portés beau- coup plus facilement», remarque Jean-Pierre Boutonnet, chef des ventes des fournitures industrielles de Lemaitre Sécurité. Selon les métiers, certains risques comme les chutes semblent plus évidents. Mais «les EPI sont indispensables pour lutter contre les risques à effet différé, comme les troubles musculo-squelettiques, la baisse de la vue ou la perte de l'audition», souligne Dominique Dubois, ergonome au sein du Syndicat national des acteurs du marché de la prévention et de la protection (Synamap).

Différents critères de sélection

Pour les employeurs, le coût des équipements est souvent un frein. Fabricants et distributeurs proposent donc bon nombre de gammes premier prix. Mais le moyen de gamme et le haut de gamme peuvent être intéressants: «A quelques euros d'écart, mieux vaut choisir un EPI de bonne qualité et plus confortable. C'est comme un bon outillage qui dure plus longtemps et fonctionne mieux: l'EPI remplira sa fonction efficacement», assure Jean-Marc Pautrat, directeur de Centurion France, spécialiste de la protection de la tête.

Pour choisir les EPI les mieux adaptés, il convient de prendre en compte tous les aspects du poste de travail de la personne concernée. «Il ne faut pas hésiter à suivre les conseils des fabricants et des distributeurs afin d'établir une liste restreinte des meilleurs équipe- ments, explique Patrice Saunier, chef des produits antichute du groupe Froment, filiale du groupe Delta Plus. Les modèles seront retenus ensuite en fonction de leur prix et de leur esthé- tisme par exemple.» Le critère esthé tique est en effet l'une des dernières tendances des EPI, notamment avec l'arrivée de marques dans le secteur, comme Timberland. «On remarque aussi l'apparition de gammes écologiques, durables ou encore de produits pour femmes, adaptés à leur morphologie et à leurs goûts», soulignent Yann Dumont, chef de produit, et Xavier Marzec, responsable marketing client, chez le distributeur Manutan.

Les obligations de l'employeur

Le code du travail prévoit que «les équipements de protection individuelle et les vêtements de travail (...) doivent être fournis gratuitement par le chef d'établissement qui assure leur bon fonctionnement et leur état hygiénique satisfaisant». Il indique cependant que la protection collective est préférable à la protection individuelle (pour les travaux en hauteur, une rambarde est par exemple préférable à des harnais). Sachez qu'en cas d'infraction au code du travail, l'employeur risque jusqu'à 3 750 Euros d'amende. Et, si l'un de ses salariés est blessé ou tué, le code pénal prévoit jusqu'à 75 000 Euros d'amende et 5 ans d'emprisonnement.

Identifier le type de risque

La protection de la tête regroupe les casques, les lunettes de sécurité, les masques respiratoires et les protections auditives. S'y ajoutent les gants et chaussures de sécurité, pour protéger les extrémités, les vêtements, ainsi que les harnais et points d'ancrage. Les EPI sont classés en trois catégories: la catégorie 1 correspond aux risques mineurs (frottements par exemple), la catégorie 2 aux risques importants ou spécifiques (soudure, happement, exposition au froid, etc.) et la catégorie 3 aux risques majeurs (graves ou mortels), comme les projections de métal en fusion, de produits chimiques toxiques ou agressifs, l'exposition à la flamme ou le travail en hauteur. Tous les EPI doivent répondre aux normes et homologations européennes et être accompagnés d'une notice d'utilisation qui doit notamment informer le porteur sur le niveau de protection assuré, le cadre et les restrictions d'emploi, les modalités d'entretien et l'innocuité des matériaux employés.

Les EPI font l'objet de nombreuses innovations, notamment avec l'usage de nouveaux matériaux plus légers et plus résistants. Par exemple, les casques, gants et chaussures de sécurité sont fabriqués à partir de «matériaux respirants» pour améliorer le confort. Certains vêtements sont renforcés par du Teflon, ce qui permet de mieux absorber les chocs. Pour les gants, certains matériaux sont privilégiés en fonction de l'usage retenu: du latex pour les produits chimiques, du néoprène pour les acides et certains solvants, du nitrile pour les agressions mécaniques et les hydrocarbures, etc. De même, les coutures des chaussures ou des jugulaires des casques sont étudiées de manière à éviter les frottements. «En matière de lunettes de sécurité, le poly'carbonate est préféré au verre minéral trempé car plus léger, explique David Laird d'Infield Safety, spécialiste de la protection de la tête. Nous travaillons sur de multiples problématiques comme la réverbération ou l'intégration de verres correcteurs. En ce qui concerne la protection auditive, de nombreuses solutions sont possibles, du simple bouchon d'oreille à la protection moulée sur mesure, sans compter les différents types de casques de protection, qui vont aussi protéger le pavillon de l'oreille.» Grâce aux innovations, les EPI sont toujours plus performants et confortables. Plus aucune raison, donc, de ne pas les porter...

Notre sélection d'EPI

Gants 380 NBR Foam Grip
(Showa Cloves)

Conçu pour plus de confort et moins de transpiration, ce gant est tricoté en nylon sans couture. L'enduction nitrile optimise la préhension, notamment en condition humide et en milieu graisseux. Lavable à 40° C avec un détergent neutre, il permet la manipulation de pièces fines et évite les irritations.
Prix: 4,50 Euros HT

Protections auditives antibruit left/right
(MSA Callet)

Arceau incliné pour épouser la forme de la tête. Coquilles individuelles d'une conception différente pour les oreille gauche et droite. Disponibles en trois couleurs (blanc, jaune pour la visibilité ou bleu) et trois niveaux d'atténuation: faible (24 décibels), moyen (28 dB) ou fort (33 dB).
Prix: 16 Euros HT

Protections auditives Bilsom 303
(Spericm Protection)

Développé sous la marque Howard Leight, le Bilsom 303 se place facilement dans le canal auditif et peut se porter plus longtemps. Sa mousse est un mélange breveté de polyuréthane jaune et blanc. L'extrémité jaune, visible hors de l'oreille, permet de contrôler le port correct du bouchon.
Prix: 29,84 Euros HT les 200 bouchons

Protège-genoux KPChell
(Carpenter)

La coque de protection des genoux est semi-rigide pour garantir la stabilité en position de travail à genoux. Etanche à l'eau et résistante à l'abrasion, cette protection, disponible en taille unique, est munie d'une attache constituée de sangles élastiques équipées d'une fermeture auto-agrippante.
Prix: 30 Euros HT

Chaussures Etna S3 Ci
(Lemaitre Sécurité)

En cuir hydrofuge, elles sont résistantes à l'abrasion. Pas de coutures latérales pour éviter les déchirures du cuir et les infiltrations. Embout protecteur de polycarbonate avec surbout de protection pour le travail en flexion. Semelle antidérapante, isotherme, résistante aux acides et aux hydrocarbures. Insert anti-perforation en acier inoxydable.
Prix: environ 44 Euros HT

Lunettes Optor
(Infield Safety)

Monture ergonomique grâce aux branches réglables et extensibles, terminées par un embout en élastomère hypoallergénique. Verres en polycarbonate (résistant aux impacts), en CR39 (résistant aux produits chimiques) ou en verre minéral trempé (résistant à l'abrasion), avec traitement antirayure. Existe en version féminine. En option: antireflet, etc.
Prix: De 60 à 250 Euros HT

Casque E-Man
(Infield Safety)

Ce casque est doté d'une «Crash Box», crête permettant l'absorption des chocs. Sa visière panoramique en polycarbonate protège contre les risques des arcs électriques générés par les courts-circuits (flashs UV, étincelles, etc.). Elle est escamotable et permet donc d'éviter les accrochages. Idéal pour les électriciens.
Prix: 80 Euros HT

Harnais-gilet accrochage dorsal et sternal
(Froment)

Le harnais antichute est constitué de sangles polyester d'une largeur de 45 mm, d'une sous-fessière et de boucles rapides au niveau des cuisses. Il possède deux bandes de tissus HV et rétroréfléchissante. Doublure intérieure: filet fermé par un zip. Ajustement à la taille par un cordon élastique. Poids: 1,5 kg.
Prix: 138,50 Euros HT

VIRGINIE GROLLEAU

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