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Comment trouver chaussure à son pied

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Les chaussures de sécurité ont beaucoup évolué ces dernières années, apportant toujours plus de confort. Elles sont aussi plus lookées. Mais vous ne devez pas oublier qu'il s'agit avant tout d'équipements de protection individuelle.

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Il est loin le temps des chaussures en cuir rigides, à coques métalliques, tellement lourdes qu'elles étaient presque importables. Aujourd'hui, les fabricants rivalisent d'imagination et proposent des équipements toujours plus spécialisés. Surtout, ils donnent envie d'être portés. Le style «randonnée sportswear» est désormais complètement intégré aux lignes développées par les fabricants de chaussures de sécurité. Et c'est plutôt une bonne chose. Plus lookées, elles sont mieux acceptées par les ouvriers, donc davantage portées. Par exemple, le second oeuvre s'équipe davantage en chaussures sécurisées depuis quelques années. « Aujourd'hui, les entreprises «consomment» un peu les chaussures de sécurité comme le reste de la mode », explique Jean- Pierre Boutonnet, président de la commission protection des pieds du Synamap (Syndicat national des acteurs du marché national de la prévention et de la protection). Auparavant, les utilisateurs choisissaient une marque et une gamme, puis s'y tenaient pour des années. Ils sont désormais plus zappeurs et prennent en compte la couleur ainsi que la forme de la chaussure. « Mais attention, ce n'est pas pour autant du loisir. Les chaussures doivent répondre aux attentes esthétiques de l'utilisateur, tout en restant compatibles avec les exigences de la normalisation », poursuit Jean-Pierre Boutonnet.

Cependant, les évolutions technologiques - comme les inserts antiperforation textile, et surtout les embouts thermoplastiques - contribuent largement à rapprocher ces deux idéaux. Notamment depuis dix ans, avec l'arrivée sur le marché des fibres para-aramides de type kevlar pour remplacer le cuir et le métal dans les semelages et les embouts. Plus légères, plus confortables, telles sont donc les nouvelles normes pour les chaussures de sécurité. «Il est aujourd'hui plus facile de s'accroupir avec ces équipements, explique Dominique Dubois Picard, de la direction technique de l'OPPBTP. Car les chaussures sont moins rigides sur le dessus du pied. »

Jean-Pierre Boutonnet, Synamap

« Les chaussures doivent répondre aux attentes esthétiques, tout en restant compatibles avec les exigences de la normalisation. »

Notre sélection de chaussures de sécurité

Lemaitre Diablo S3Ci

Préconisée dans les milieux du BTP et du second oeuvre, cette chaussure haute est doublée textile 3D pour assurer un grand confort à l'utilisateur. L'absence de couture latérale accroît l'étanchéité et la robustesse. Un passepoil rétro-réfléchissant augmente la visibilité et donc la sécurité.
Prix public: 46,17 Euros HT.

Chaussures MEO de Mabeo industries

Ces chaussures marron et noir, type trekking, sont proposées avec une tige en cuir pleine fleur lisse hydrofuge. Elles protègent également des chocs de 200 Joules.
Prix: 52,18 Euros HT.

Chaussure Bilbao de Groupe RG

Souple, confortable et anti-dérapante, cette chaussure de sécurité est typée sport avec une semelle en caoutchouc nitrile bi-colors, ainsi qu'une tige en cuir pleine fleur et toile ventilée. Disponible du 38 au 47.
Prix: 61 Euros HT.

Bac'run free peak d'Honeywell safety products (Sperian)

Brodequin de sécurité avec embout de sécurité 200 J et intercalaire anti-perforation non métalliques. La semelle de marche en polyuréthane double densité est idéale pour le bâtiment et la construction. Elle assure un bon maintien de la cheville.
Prix: 62,48 Euros HT.

Sand Xtreme SBP de Stanley Safety Footwear

Chaussure montante en cuir nubuck et cuir renforcé. Son insert antiperforation et son embout non métalliques sont non conducteurs de chaleur et de froid. Sa semelle résistante et très adhérente en fait une compagne idéale sur les chantiers.
Prix public: 83,50 Euros HT environ.

Ohio de Delta Plus

Ces chaussures au design outdoor proposent un embout et des semelles composites pour une accroche maximale. Un bon amorti au talon leur apporte aussi une souplesse exceptionnelle. Elles sont résistantes à la chaleur de contact, aux huiles et hydrocarbures.
Prix public: 83,80 Euros HT.

La 32254 d'Abeba France SARL

Cette chaussure est disponible du 36 au 48. Elle permet une protection du pied multizone, multirisque. La première de propreté peut être changée, et les chaussures sont traitées avec un agent désinfectant (anti-odeurs et anti-bactéries).
Prix: NC.

Comment les faire accepter et surtout porter?

Les futures innovations iront, elles aussi, vers le confort, en proposant plus fréquemment différentes largeurs de pieds. Leur morphologie est davantage prise en compte, permettant un meilleur déroulement du pas.

Un gros travail a également été réalisé par les fabricants pour réduire les effets de la chaleur et de la transpiration. Une bonne chose puisque ces points sont souvent mis en cause par les salariés qui ne portent pas leurs EPI. L'idée générale: que la chaussure ne soit pas synonyme de contrainte mais plutôt de protection.

Reste que les équipements doivent être choisis en fonction de l'évaluation des risques. « Dans le secteur du bâtiment, elles doivent surtout correspondre à deux risques. Elles doivent donc comporter une semelle anti-perforation et avoir un embout qui protège les orteils contre d'éventuelles chutes d'objet », rappelle Dominique Dubois Picard (OPPBTP). Ainsi, les bons équipements répondent aux exigences en matière d'abrasion, de perforation, d'écrasement et de choc. Sur la languette de la chaussure, à l'intérieur ou à l'extérieur, une étiquette indique la catégorie de protection. Les normes NF doivent être privilégiées. Et souvenez-vous que ce n'est pas forcément le prix qui fait la qualité d'un produit, mais bien le fait qu'il réponde à la prévention des risques. « N'hésitez pas à faire appel à un distributeur qui aura plusieurs marques à proposer dans votre fourchette de prix », insiste Dominique Dubois Picard.

Enfin, rappelez-vous le plus important: pour être portée, la chaussure doit être perçue comme un plus. Et désormais, l'apparence joue un rôle primordial. «Comme pour les gants, il faut laisser les salariés essayer différents modèles de chaussures. Suivant la forme du pied, les antécédents de chacun ou encore l'âge des porteurs, les besoins et le ressenti ne seront pas les mêmes, poursuit l'expert de l'OPPBTP. Pour Jean-Pierre Boutonnet (Synamap), l'artisan qui travaille seul ou avec un compagnon reste encore positionné haut de gamme. Ce choix est en effet une forme de reconnaissance pour le salarié qui sera ravi de porter de belles chaussures et de beaux vêtements de chantier. » Quoi qu'il en soit, il est important que l'utilisateur joue un rôle dans le choix des EPI, notamment des chaussures qui ne peuvent être standardisées d'un individu à l'autre. D'autant plus que la représentation du risque pour les pieds n'est pas toujours intégrée. « Les artisans ont du mal à se dire qu'un pied est bien plus fragile qu'un objet que l'on déplace en l'entourant de précautions minutieuses, comme une vitre ou un parpaing », précise Dominique Dubois Picard (OPPBTP). Mais les mentalités tendent à évoluer. Si la chaussure de sécurité était vue hier comme quelque chose de gênant qui entravait le travail, elle gagne aujourd'hui en agilité.

Pour être portée et bien acceptée, la chaussure ne doit pas être synonyme de contrainte mais de protection.

@ FOTOLIA / MARINA LOHRBACH

Pour être portée et bien acceptée, la chaussure ne doit pas être synonyme de contrainte mais de protection.

Le dernier point à prendre en considération concerne la durée de vie de ces équipements. On peut généralement l'estimer à un an mais elle varie ostensiblement en fonction de l'activité des salariés. Sur un chantier, c'est souvent moins. Alors soyez vigilant! Et pour rester protégé, surveillez l'état d'usure de vos chaussures.

Claire Poisson

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