Conjointe d'un artisan et mère de sept enfants

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Assumer son rôle de mère de famille nombreuse et de grand-mère, tout en prêtant main-forte à son mari, artisan peintre, tel est le défi que Sylvie Schoumacher relève au quotidien. Tout une histoire d'organisation et de volonté.

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Sylvie Schoumarcher est le bras droit administratif de son mari qui a créé sa micro-entreprise de peinture.

Sylvie Schoumarcher est le bras droit administratif de son mari qui a créé sa micro-entreprise de peinture.

Six heures trente du matin. La journée de Sylvie Schoumacher, 41 ans, mère de sept enfants et conjointe d'un artisan peintre, commence en fanfare. Si son fils Jérémie et sa fille Stéphanie ont quitté le cocon familial, ses cinq autres enfants sont toujours à la maison. Les petits derniers, des jumeaux, sont à peine âgés de trois ans... Alors, jongler entre ses responsabilités familiales et professionnelles relève de l'exploit, ou du moins d'une excellente organisation. Il faut dire que Sylvie Schoumacher ne laisse rien au hasard. Ses longues journées sont réglées comme du papier à musique. Prévoyante et organisée, elle prépare le petit déjeuner et les sacs d'école la veille au soir, entre 21 et 23 heures, une fois tout le monde couché. Elle en profite pour enchaîner les machines de linge et assurer le ménage courant. Le matin, il ne lui reste plus qu'à préparer les enfants et à les emmener à l'école...

A 9 heures du matin, Sylvie Schoumacher troque sa casquette de maman contre celle de femme de chef d'entreprise. Même si elle n'a pas encore officialisé son statut, elle est le bras droit administratif de son mari, Daniel, dirigeant, depuis 2004, d'une petite entreprise de peinture. Pour l'instant, elle l'aide bénévolement. «C'est normal, assure-t-elle. Le temps que l'entreprise trouve son rythme de croisière. En outre, je préfère que mon mari garde son argent pour engager des ouvriers.» Alors quand on lui parle de l'obligation légale de choisir un statut avant le 1er juillet 2007, Sylvie Schoumacher fait grise mine... Puis, se résigne à régulariser prochainement sa situation. De fait, chaque matin, elle travaille chez son mari. Elle assure la gestion courante de la petite affaire: elle s'occupe des factures, des devis et de la comptabilité en étroite collaboration avec le comptable. Elle gère également les prises de rendez-vous et élabore les plannings de toute l'équipe. Un «gros» temps partiel qui peut parfois empiéter sur ses après-midi de mère de famille. Sylvie Schoumacher n'a pas le temps de voir défiler la matinée qu'il est déjà midi. Pas de cantine pour les jumeaux, entrés à l'école maternelle cette année. Elle passe donc les récupérer et les garde jusqu'au retour des «grands». Grand-mère depuis moins d'un an d'un petit Mathias, elle lui consacre, avec bonheur un peu de temps dans ce planning surchargé.

Se surpasser pour un diplôme

 

Dans un souci permanent d'aller de 1 avant, cette femme de tête et de coeur ne se repose jamais sur ses lauriers. En 2004, lors de la création de l'entreprise de son mari, elle s'inscrit à la Capeb (Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment), qui lui conseille une formation en gestion dédiée aux conjoints d'artisan. Autodidacte, la jeune femme entreprend cette formation diplomate (niveau bac) de deux ans, homologuée par le ministère de l'Emploi. «Je n'avais aucun diplôme. J'avais besoin d'acquérir des bases en comptabilité, gestion, informatique, etc. Maintenant, c'est chose faite et je suis bien plus performante.» En outre, elle n'a rien eu à débourser: les coûts de formation sont pris en charge par le Fafab (Fonds d'assurance formation de l'artisanat du bâtiment). Seul hic: ce cursus lui prend deux jours par semaine. Pas si simple, pour la maman de jeunes jumeaux. «Tout est question d'organisation», témoigne la placide mère de famille, que l'on voyait parfois franchir le seuil de l'entreprise avec ses deux fils dans les bras. Depuis l'entrée à l'école de ses deux benjamins, Sylvie Schoumacher est plus décontractée. Pour l'heure, elle vient juste de passer l'écrit de l'examen sanctionnant la fin de sa formation. Mi-février, c'est la dernière ligne droite: un grand oral face à un jury de sept professionnels (banquiers, notaires, artisans, etc.). Une épreuve qui ne fait pas peur à Sylvie Schoumacher, à l'aise à l'oral. Le soir même, elle aura ses résultats. «Je suis confiante, l'écrit s' étant bien passé, assure-t-elle. Passer ce cap est très important pour moi: ce sera mon premier diplôme!»

En attendant le verdict, si elle exclut une prochaine grossesse - «sept ça suffit!» - Sylvie Schoumacher espère bien que la relève sera assurée par ses enfants. Côté professionnel, cette femme active ne manque pas de projets. Par exemple, elle pourrait bien aider l'aîné de ses fils à créer sa propre entreprise d'isolation thermique. Un projet qui ne sortira des cartons que dans deux à trois ans, «le temps qu'il acquière suffisamment d'expérience».

Parcours

- 1982 Sylvie Schoumacher a 18 ans et donne naissance à sa première fille, Stéphanie.
- 1985 Naissance de son premier fils, Jérémie.
- 1986 Naissance de Virginie.
- 1988 à 1993 Sylvie Schoumacher devient responsable de la maintenance dans une entreprise de nettoyage.
1992 Naissance d'Alexandre.
1993 Elle prend un congé parental de trois ans.
1996 à 1999 Elle devient nourrice agréée.
- 2000 Naissance de Danny.
- 2003 Naissance de jumeaux cette fois: Yann et Théo.
- 2004 Daniel Schoumacher, son mari, crée sa microentreprise de peinture.
- 2005 Sylvie Schoumacher s'investit dans l'entreprise en tant que conjointe collaboratrice non salariée.
2006 Elle devient grand-mère.

Repères

RAISON SOCIALE Daniel Schoumacher
- VILLE Amnéville-les-Thermes (Moselle)
- DIRIGEANT Daniel Schoumacher, 41 ans
- EFFECTIF 3 personnes
- CA 2005 140 000 Euros

Carine Guicheteau

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