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Dans un gant de velours...

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Elue présidente en avril 2010 de la Commission nationale des femmes d'artisans, Catherine Foucher s'est donné un objectif: moderniser le secteur en encourageant les conjointes d'artisans à s'ouvrir davantage à la vie publique. Portrait d'une femme sincère et engagée.

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« Ensemble, nous sommes plus fortes. » Si le ton est doux, le I propos est ferme. Catherine Foucher, présidente depuis avril 2010 de la Commission nationale des femmes d'artisans (CNFA), sait de quoi elle parle. Son combat syndical ne date pas d'hier. C'est en 1997 qu'elle s'engage au sein de la Commission départementale des femmes d'artisans en Dordogne. Soit trois ans après la création de l'entreprise de son époux, électricien chauffagiste. A l'époque, cette mère de quatre enfants, dont des triplés, partage son temps entre une vie de famille bien remplie et un travail de secrétariat pour l'entreprise devenu de plus en plus prenant. Consciente de sa valeur ajoutée, elle prend le statut officiel de conjoint collaborateur en 2000.

Avant son installation en Dordogne, le couple vivait en région parisienne. «J'ai travaillé dans de grandes entreprises à des fonctions de I marketing. Puis nous avons eu nos triplés, ce qui nous a incités à choisir la tranquillité de la vie en province pour y créer notre entreprise. » Un parcours atypique qui, en plus de son engagement syndical, a pu favoriser son élection à la tête de la CNFA.

@ DR

Catherine Foucher Présidente de la CNFA

«Aurourd'hui, les jeunes conjointes d'artisans connaissent noeux leurs droits et sont plus diplômées. Des atouts précieux pour nos TPE.»

Changer les mentalités

«Aujourd'hui encore, 30 % des femmes d'artisans travaillent pour l'entreprise de leur époux sans aucun statut», martèle Catherine Foucher. Pour elle, les raisons sont avant tout culturelles. «Dans l'artisanat, il est de notoriété que la conjointe apporte sa pierre à l'édifice. Bile classe le courrier, répond aux appels, relance les fournisseurs.... Souvent l'entourage n'a pas conscience de son implication. Car tout ce travail, elle le fait à la maison, entre le ménage et la préparation des repas, les allers et venues à l'école et le soir, lorsque les enfants sont couchés. Ainsi en est-il de toutes les personnes qui travaillent à domicile... »

Or, selon la présidente de la CNFA, trop de femmes d'artisans se coupent de toute vie extérieure sous prétexte d'occupations familiales chronophages. Les encourager à communiquer davantage sur leur travail au sein de l'entreprise est l'un des premiers objectifs qu'elle s'est fixés. «Dans les TPE du bâtiment, les femmes ont un rôle de pilier. Or, un trop grand nombre d'entre elles restent dans l'ombre. Ma mission est de les informer sur leurs statuts, de les inviter à s'ouvrir aux autres, à la vie publique et économique, cela pour leur propre bien, mais aussi pour celui de l'entreprise et du secteur tout entier. L'artisanat a besoin d'elles!»

Bio

> 1960 Naissance à Versailles (Yvelines).
> 1994 Création en Dordogne d'une entreprise d'électricité chauffage.
> 1997 Début de son engagement syndical à la CDFA.
> 2000 Prend le statut de conjointe collaboratrice.
> 2010 Elue présidente de la CNFA.

CELINE JACOUOT

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