De l'industrie à l'ébénisterie

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Reconversion. Depuis plus de vingt ans, Jean-Marie Guinard est passionné par les objets anciens et le travail du bois. Mais il ne pensait pas en faire son métier... avant de perdre son emploi de directeur général, à 44 ans.

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« Un moment de détente et d'évasion», c'est ainsi que Jean-Marie Guinard considère l'ébénisterie. Jusqu'à l'an dernier, il s'adonnait à son passe-temps lorsque son agenda de directeur de quatre sites industriels dans le secteur de l'éclairage (à Chartres, au Brésil, en Chine et en Pologne) le lui permettait. Aujourd'hui, il en a fait sa profession, mais éprouve toujours le même plaisir à remettre en état un retable ou un coffre en marqueterie. Le virage a eu lieu en 2006, lorsque des divergences d'opinion avec ses supérieurs conduisent à son licenciement. Son CV pouvait lui ouvrir les portes de nombreuses entreprises à des postes de direction. Mais cet homme de terrain préfère prendre le chemin de l'établi. Et de 600 salariés, il est passé à un... «Je voulais être davantage présent pour ma fille, âgée de deux ans à l'époque», témoigne-t-il. S'il travaille plus de 60 heures par semaine, il peut néanmoins moduler ses horaires en fonction de sa famille, son atelier se situant chez lui. «Ma qualité de vie est bien supérieure aujourd'hui, résume-t-il, même si mes revenus ont considérablement diminué. Mes rapports avec les clients et mes confrères artisans sont plus détendus Je suis un ébéniste heureux!»

S'entourer de garanties

Cependant, Jean-Marie Guinard ne voulait pas réaliser sa reconversion sans certaines garanties. «Je tenais à suivre une formation solide et à démarrer mon activité avec une entreprise déjà existante, pour mettre toutes les chances de mon côté», se souvient-il. Sept mois après son licenciement, il entreprend ainsi une formation de restaurateur de mobilier d'art, après avoir signé un accord avec un artisan cédant de la région. Actuellement, l'ébéniste fraîchement sorti de formation ne manque pas d'activité: son carnet de commandes est plein pour les six mois à venir. Si sa carrière dans l'industrie a peu de points communs avec sa profession actuelle, il retrouve certaines similitudes, notamment dans la gestion d'entreprise et les techniques de base du métal et du bois. Par ailleurs, sa connaissance en mécanique lui permet de réparer lui-même ses machines. Déformation professionnelle oblige, Jean-Marie Guinard est toujours à la recherche de nouvelles techniques pour s'améliorer. Il vient ainsi d'achever une formation d'expertise, afin de pouvoir dater et estimer le mobilier.

Bio

- 1963
Naissance àTrosly-Breuil (Oise).
- 1982-1985
Ecole des Arts et Métiers
- 1997-2007
Directeur de 4 sites industriels.
- Avril 2007- mars 2008
Formation de restaurateur de mobilier d'art.
- Mars 2008
Reprise d'une entreprise dans l'Eure-et-Loir, renommée Aveline et Guinard.

Céline KELLER

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