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Echaudée, l'UPA bouscule le gouvernement

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Lors de son congrès national, l'UPA a sommé le gouvernement de prendre en considération la situation économique des petites structures. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault n'a pas convaincu les professionnels.

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«Nous avons l'impression de subir une véritable douche écossaise.» Ce sont précisément les termes employés par Jean Lardin, président de l'Union professionnelle artisanale (UPA), qui s'est adressé au Premier ministre présent au congrès national de l'organisme le 25 octobre. L'UPA fait notamment référence au projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) qui vient alourdir les prélèvements sur les travailleurs indépendants de 1,1 milliard d'euros.«J'avais eu l'occasion d'aborder cette question avec le candidat Hollande au cours d'une rencontre qui a eu lieu entre les deux tours de l'élection présidentielle. Il m'avait assuré que rien ne serait fait sans une concertation préalable avec les organisations professionnelles concernées (...). Or, force est de constater que cette concertation n'a jamais eu lieu»,s'insurge Jean Lardin.

Diminuer le coût du travail

Une impression de désordre qui agace les professionnels. D'autant que l'UPA attendait du Premier ministre qu'il aborde la question du coût du travail et rebondisse sur sa pro-position de "diversifier les sources de financement de la protection sociale". «Le gouvernement se préoccupe des grosses PME et des ETI, c'est très bien. Mais il faut aussi tenir compte de notre secteur», avance Jean Lardin. Pour le patronat de l'artisanat, il ne faut plus asseoir les cotisations familiales de Sécurité sociale sur les seuls revenus du travail. Il préconise une hausse modérée et limitée de la TVA, et une hausse étudiée de la CSG pour élargir l'assiette. «Le but étant d'abaisser de 20 % les charges patronales et salariales des entreprises, ce qui leur permettrait d'investir et d'augmenter les salaires de leurs collaborateurs», poursuit le président de l'UPA.

ette mise au point intervient dix jours avant la présentation officielle du rapport Gallois qui va porter la compétitivité des entreprises et le coût du travail. L'UPA précise toutefois ne pas baisser pour autant les armes. Et affirme pour-suivre ses efforts à travers le Haut conseil du financement de la protection sociale récemment créé et les partenaires sociaux présents au sein de cette instance de concertation. Ils espèrent ainsi influencer le gouvernement pour qu'il réduise le coût du travail.

Jean Lardin, président de l'UPA

«Abaisser les charges pour pouvoir investir et augmenter les salaires.»

MALLORY LALANNE

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