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Elle évite le dépôt de bilan de son entreprise

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Quand Sylvie Le Guellec reprend les rênes d'une entreprise de peinture, les experts sont unanimes: le dépôt de bilan est à envisager. Mais, grâce à une gestion drastique, des partenaires et une équipe solidaires, elle a relevé le défi.

Sylvie Le Guellec a redresse son entreprise après de gros efforts de gestion

Sylvie Le Guellec a redresse son entreprise après de gros efforts de gestion

L'entreprise aujourd'hui

Les Etablissements Le Guellec, petite entreprise de peinture à Anthony, dans les Hauts-de-Seine, ont bouclé les deux derniers exercices sur un résultat positif. Et le troisième devrait suivre le même chemin. Un cap que Sylvie Le Guellec, leur p-dg, attend avec impatience. «J'ai hâte de pouvoir respirer et d'asseoir financièrement mon entreprise», confie-t-elle. D'autant que cette battante a de nombreux projets en tête, comme le rachat d'une autre entreprise, dans un autre corps de métier cette fois. Pourtant, il y a une dizaine d'années, la petite affaire a échappé au pire.

Repères

- RAISON SOCIALE Etablissements Le Guellec
- DIRIGEANTE Sylvie Le Guellec, 47 ans
- VILLE Antony (Hauts-de- Seine)
- EFFECTIF 17 salariés
- CA 2005/2006 1,2 million d'euros

Sa crise

Créés en 1945, les Etablissements Le Guellec ont bien failli ne jamais voir le nouveau millénaire. A la fin des années 1990, l'entreprise accumule les dettes et connaît de graves problèmes de trésorerie. Jusqu'au jour où une simple traite de 760 euros est rejetée: l'entreprise est fichée à la Banque de France. Pour couronner le tout, Sylvie Le Guellec, à la tête de l'entreprise depuis 1997, s'aperçoit que certaines activités ne sont pas rentables. Verdict de son expert-comptable? Le dépôt de bilan semble la meilleure option. La dirigeante refuse et décide de redresser la barre autrement.

Son rebond

Pour retrouver la rentabilité, elle suspend la réfection d'appartements pour le compte des compagnies d'assurance. Mais cela n'est pas suffisant: des licenciements économiques sont inévitables. Sylvie Le Guellec congédie quatre salariés et se sépare de deux conseils, son comptable et son juriste. La politique sociale de l'entreprise n'est plus en adéquation avec sa situation économique. Elle en parle aux 1 1 salariés restants qui, spontanément, proposent de travailler gratuitement une heure de plus par jour. Un effort collectif qui dure six mois.

De son côté, la dirigeante s'attaque au problème de trésorerie: elle décortique la comptabilité, encore tenue à la main et en profite pour passer à l'ère informatique. Puis elle relance les clients pour qu'il y ait le moins d'argent dehors possible. Parallèlement, elle demande à ses fournisseurs un étalement de ses dettes et obtient un délai de paiement de 60 jours. «Une preuve de confiance qui m'est allée droit au coeur, assure-t-elle. C'est rassurant de rencontrer des gens qui continuent à croire en nous.» Elle tient ses comptes au jour le jour. «Malgré tous nos efforts, c'est dur d'accepter que les comptes restent dans le rouge», souligne-t- elle. Elle renégocie tous ses contrats (assurance, etc.) et épure ses achats. «J'ai tout remis à plat et j'ai appliqué de simples règles de bon sens, estime- t-elle. Les mêmes que pour gérer correctement le budget familial.» Une rigueur qui permet de redresser l'entreprise. Mais la dirigeante reste vigilante. Et joue notamment la carte de la transparence avec son banquier. «Au moindre creux de trésorerie, dès que je sens qu'il peut y avoir un problème, je l'en informe. Cela permet d'établir une relation de confiance, essentielle pour la bonne marche de mon affaire.»

Carine Guicheteau

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