Embauche: le groupement d'employeurs?

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Moins de chantiers, moins de moyens, et pourtant vous devez maintenir vos compétences pour tenir le choc et sauver l'image de votre entreprise? Il existe une solution: le groupement d'employeurs, un outil adapté pour embaucher des salariés partagés entre plusieurs entreprises.

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Grâce au groupement d'employeurs, des structures exerçant dans différents secteurs d'activité peuvent faire appel à des salariés aux compétences variées.

@ FOTOLIA / LD

Grâce au groupement d'employeurs, des structures exerçant dans différents secteurs d'activité peuvent faire appel à des salariés aux compétences variées.

Embaucher à temps plein une secrétaire, un comptable ou un électricien peut être problématique à certaines périodes de l'année. Pour pallier ces difficultés et préserver votre budget, pourquoi ne pas adhérer à un groupement d'employeurs (GE)? Cette solution, qui permet en effet de recruter un salarié avec d'autres entreprises, connaît depuis cinq ans un regain d'intérêt. Plus de 14 000 structures (TPE et PME confondues) adhèrent à ce jour à un GE. Le principe? Association à but non lucratif, cette structure rassemble des chefs d'entreprise proches géographiquement. Elle permet de recruter du personnel qui est mis à la disposition de ses membres. Les personnes embauchées par ce biais (secrétaires, experts-comptable, artisans, etc.) le sont pour le GE. C'est ensuite l'association qui leur trouve des missions à effectuer de manière récurrente chez ses adhérents.

Concrètement, des entreprises dont les pics d'activité ne tombent pas à la même saison ont la possibilité de se «partager» un ou plusieurs salariés. Les sociétés membres ne doivent pas forcément être du même secteur d'activité, le but étant que les différentes structures aient besoin de compétences identiques à des périodes différentes. « Cette formule est particulièrement adaptée aux petites structures, car le dirigeant doit assurer toutes les fonctions, de la production à la gestion. Il peut arriver qu'à un certain palier d'activité, il se retrouve bloqué, ne pouvant plus assumer toutes ces casquettes en même temps », explique Fabien Johanny, responsable du service juridique du Cer France Cantal. Le premier atout réside donc dans la possibilité de bénéficier d'une main-d'oeuvre qualifiée en fonction de ses besoins horaires et de ses capacités financières. Le second avantage: la souplesse. Cette formule permet à l'entreprise d'augmenter la durée de travail de l'employé progressivement, en fonction du développement de son activité. Et si, du jour au lendemain, vous n'avez plus besoin du salarié, il est possible de mettre fin au contrat en respectant un préavis de trois mois, généralement imposé par le règlement intérieur du groupement.

Exit la paperasse administrative

En outre, le GE vous décharge des différentes tâches administratives, de la procédure de recrutement (annonces, sélection, entretien, formalités d'embauche), à l'administration de la paie. En contrepartie, le groupement vous facture la mise à disposition du salarié, au prorata du temps effectué dans votre structure, et le coût de fonctionnement de l'association. Ces charges comprennent les frais de secrétariat, de locaux, de gestion et de matériel. «Pour une rémunération au Smic et une répartition du salarié entre deux dirigeants, les frais de gestion peuvent atteindre 40 à 50 euros HT par mois et par entreprise utilisatrice. C'est donc plus cher qu'un salarié recruté directement, mais un peu moins cher qu'un intérimaire », note Fabien Johanny (Cer France Cantal).

Le groupement fixe également au démarrage le montant des cotisations des entreprises adhérentes. Il prévoit aussi une avance en compte courant, représentant le premier mois de salaire (charges sociales comprises). Une des particularités du groupement d'employeurs tient au fait que ses membres sont solidairement responsables. En d'autres termes, si l'une des entreprises adhérentes est défaillante, vous devez payer à sa place. «Les règles de cooptation des nouveaux membres prennent une place toute particulière dans les statuts. D'où l'importance de veiller à ce que le groupement puisse refuser l'adhésion d'une entreprise trop fragile financièrement », poursuit Fabien Johanny. La loi du 28 juillet 2011 apporte toutefois une nouveauté. Il est désormais possible de prévoir dans les statuts une répartition des dettes entre membres. « Un dirigeant peut demander, lors de son adhésion, de n'être responsable de la défaillance d'une autre entreprise à hauteur de 40 ou de 60 % par exemple », souligne l'expert. Une évolution qui apporte plus de flexibilité et de sécurité à l'employeur.

Eric Bochaton, électricien, dirigeant d'Energie environnement

Eric Bochaton, électricien, dirigeant d'Energie environnement

Témoignage

«Ma secrétaire travaille pour quatre autres dirigeants»
C'est un rituel. Tous les mardis et jeudis matins, Eric Bochaton, dirigeant d'une entreprise d'électricité et de climatisation, accueille une secrétaire. Un luxe en ces temps difficile? Pas vraiment. Ce chef d'entreprise adhère depuis deux ans au groupement d'employeurs 74, basé à Annecy. Il partage le temps de travail de sa secrétaire avec quatre autres dirigeants de sa région. «Je n'avais pas les moyens ni le volume d'activité pour recruter une personne à temps plein. Le groupement permet d'intégrer des salariés sans gonfler mes effectifs. Cela coûte donc moins cher qu'une embauche directe», explique Eric Bochaton, qui rémunère la secrétaire 552 euros par mois, soit 23 euros de l'heure, coût de gestion du groupement inclus. S'y ajoute une cotisation annuelle de 60 euros HT. Ce dirigeant y voit un dernier avantage. L'association prend en charge les formations des membres. Les salariés sont ainsi plus efficaces et qualifiés, puisqu'ils maîtrisent l'ensemble des logiciels nécessaires à leur fonction.

Repères

- Activité
Electricité, climatisation
- Ville
Fillinges (Haute-Savoie)
- Dirigeant
Eric Bochaton, 40 ans
- Effectif: 2 salariés
- CA 2011: NC

Mallory Lalanne

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