Entrez dans le cercle des Meilleurs ouvriers de France

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Véritable label de l'excellence, le titre de Meilleur ouvrier de France récompense les professionnels les plus performants dans leur catégorie. Voici les clés pour participer au concours et, pourquoi pas, vous distinguer de vos confrères.

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Vous rêvez d'arborer le col tricolore et d'épingler la médaille de bronze à votre veston, les deux symboles distinguant les Meilleurs ouvriers de France (Mof)? Ou bien vous souhaitez voir les compétences d'un ou de plusieurs de vos salariés reconnues? Alors ne tardez pas, le 31 décembre 2009 est la date limite pour s'inscrire à la 24e session du concours (lire l'encadré sur les modalités de participation), qui se déroulera à partir du 1er semestre 2010 (qualifications) jusqu'en mai 2011 (soirée de clôture). Cette distinction, convoitée chaque année par des milliers de professionnels, récompense l'oeuvre de certains d'entre eux. Une performance qui leur offre la reconnaissance de leurs pairs dans plus de 40 métiers du bâtiment, de l'habitation, du patrimoine et des travaux publics. Depuis la création du concours, en 1924, ce sont près de 9 000 diplômes qui ont été attribués, formant ainsi la grande famille de l'excellence.

La tradition veut que le président de la République en exercice décore les Meilleurs ouvriers de France. Yannick Schmitt a ainsi reçu sa médaille des mains de Jacques Chirac le 13 mars 2005 à l'Elysée.

La tradition veut que le président de la République en exercice décore les Meilleurs ouvriers de France. Yannick Schmitt a ainsi reçu sa médaille des mains de Jacques Chirac le 13 mars 2005 à l'Elysée.

Faire corps avec son oeuvre

Participer au concours des Mof est une démarche de valorisation d'un savoir-faire qui, d'une part, demande une grande implication et, d'autre part, mérite d'être mise en lumière. «Ingénieux, talentueux et passionné» sont ainsi les qualificatifs qui doivent coller à la peau de chaque candidat, selon Jean-Pierre Galaup, délégué général du comité d'organisation du concours. Ce qui fait la différence? Certainement, la persévérance. Comme le raconte Yannick Schmitt, carreleur diplômé Mof en 2004, l'expérience peut paraître insurmontable: «A plusieurs reprises, l'épreuve imposée m'a semblé impossible à réaliser. Mais ma ténacité a eu raison de mes coups de blues.» Il estime ainsi avoir passé environ une centaine d'heures en recherches documentaires pour réaliser son ouvrage (un médaillon de dallage décoratif de 1,12 m de diamètre) et 420 heures en travail de découpe et de façonnage. En effet, la participation nécessite quelques sacrifices, comme prendre sur son temps personnel les soirs et les week-ends pour travailler en solo dans son atelier, améliorer ses techniques et parfois... tout recommencer. Si Yannick Schmitt se présentait cette année, après sa sélection sur dossier par un commissaire, sa participation au concours impliquerait de franchir les qualifications (tests théorique et pratique). Cette nouvelle épreuve vise à vérifier que chaque candidat possède les fondamentaux de son métier. Pour Jean- Pierre Galaup, cette phase intermédiaire est indispensable car «auparavant, l'ampleur du défi démotivait nombre de postulants mal préparés et cela entraînait jusqu'à 50% d'abandons». Mais, le nouveau règlement, en vigueur pour cette 24e session du concours, facilite la participation en autorisant la présentation d'ouvrages réalisés sur chantier réel pour l'épreuve qualificative (décision au cas par cas par le comité d'organisation en fonction du travail à effectuer et du délai de réalisation). Ainsi, désormais, seuls les artisans les plus performants peuvent accéder à l'étape finale, où il leur est demandé de réaliser une oeuvre imposée et un projet libre, parfois même en public! Une exposition conclut ensuite chaque concours pour présenter les travaux des professionnels récompensés.

Encourager ses salariés

Si vous-même avez déjà été primé (un lauréat ne peut se présenter une seconde fois dans la même catégorie) ou que vous ne pouvez pas y consacrer suffisamment de temps, vous avez la possibilité de guider vos salariés sur le chemin du concours. L'intérêt? Développer la fibre professionnelle d'un ou de plusieurs de vos collaborateurs mais aussi bénéficier, par répercussion, de sa distinction. «Il n'y a pas de Meilleur ouvrier de France au chômage!», insiste Jean- Pierre Galaup. En tant que dirigeant, vous devez alors épauler votre candidat «maison» et l'accompagner dans chaque étape du processus. Sans intervenir dans la réalisation de son ouvrage, vous pouvez néanmoins le guider d'un point de vue technique, mais aussi l'entraîner pour sa présentation orale devant le jury, lequel juge l'expression et peut évaluer les connaissances théoriques.

Valoriser cette distinction

Plus qu'un titre honorifique, la distinction de Mof conduit, depuis 2001, à l'attribution d'un diplôme d'Etat de niveau III (nomenclature du ministère de l'Education nationale). Ainsi, comme le souligne le carreleur Yannick Schmitt: «Dans la profession comme pour la clientèle, le sigle Mof parle de lui-même. Mais cela ne fait pas tout, je dois toujours veiller à prouver mon excellence.» Par ailleurs, parce qu'il ne sort la médaille de bronze que pour les grandes occasions, l'artisan utilise d'autres moyens pour mettre en avant sa récompense. Le site web de l'entreprise qu'il cogère avec son père propose ainsi une rubrique entièrement consacrée au concours. Photos à l'appui, le carreleur explique sa démarche et décrit tout le processus de sa participation (recherche documentaire, préparation de l'ouvrage, outils utilisés, méthodes de travail, etc.). Jean-Pierre Galaup indique que, d'ici à la finale du 24e concours, le site de la société des Mof (Meilleursouvriersdefrance.info) proposera une rubrique présentant tous les lauréats depuis 1924. Le délégué général du comité d'organisation du concours encourage également les fédérations professionnelles à aider les artisans primés à promouvoir leur démarche.

Sachez, par ailleurs, que la réalisation d'un ouvrage pour le concours ainsi que l'obtention du titre peut donner l'occasion d'articles dans la presse locale, qu'il ne faut donc pas hésiter à solliciter. Enfin, l'un des moyens les plus efficaces pour valoriser le titre consiste à le mentionner dans les documents commerciaux (cartes de visite, papier à en-tête...) mais également sur vos vêtements professionnels.

Pratique

Modalités de participation au 24e concours
- Date limite d'inscription: 31 décembre 2009.
- Age minimal requis: 23 ans (à la clôture des inscriptions).
- Frais d'inscription: 60 Euros.
- Composition du jury: professionnels, enseignants, formateurs, représentants d'organisations professionnelles.
- Catégories professionnelles ouvertes au concours: Métiers du bâtiment, du patrimoine et des travaux publics (charpente, construction bois et menuiserie; couverture et ornementaliste métallique; plomberie, installation sanitaire et plomberie-fontainerie; carrelage; fumisterie de bâtiment; génie climatique, chauffage et métiers du plâtre et de l'isolation; maçonnerie; mosaïque d'art; métiers de la pierre; verre et patrimoine architectural; peintures d'intérieur et décoratives; travaux marbriers; ferronnerie d'art; sculpture décorative (staff et stuc); graveur ornemaniste; maquettes d'architecte; solier), métiers du bois et de l'ameublement (ébénisterie; menuiserie en sièges; tourneur et torseur sur bois; sculpture sur bois; restaurateur de mobilier; tapisserie d'ameublement et de décoration; encadreur, doreur sur bois et restaurateur de tableaux; rentoileur; marqueterie; tonnellerie; vannerie; pipier; laque traditionnelle; construction navale bois et matériaux composites), travail des métaux (fonderie d'art; bronze d'ornement; orfèvrerie, dinanderie d'art) et métiers des structures métalliques (chaudronnerie; tôlerie; soudage manuel des métaux).
Rens.: www.meilleursouvriersdefrance.org

Agathe Jaffredo

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