Eté brûlant: aménagez les conditions de travail

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Une forte chaleur peut représenter un danger pour vos salariés. Pour assurer leur confort et leur sécurité, il vous incombe de mettre en oeuvre différentes mesures de prévention.

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Cinq morts. Telle est la dramatique conséquence de la canicule de 2003, selon l'assu rance maladie, dans le secteur du bâtiment en France. Si les décès ne se sont pas produits sur le chantier - il s'agit, par exemple, d'une crise cardiaque suite à une journée de travail dans des conditions climatiques délétères - il est indispensable d'aménager les conditions professionnelles des salariés lors de fortes chaleurs.

«Il est de la responsabilité de l'employeur d'évaluer les risques et d'aménager en conséquence le travail de ses salariés pour en améliorer les conditions», explique François Liet, directeur du département développement et prestation de l'Organisme professionnel de prévention du bâtiment (OPPBTP). Une obligation qui vous contraint notamment à évaluer les risques ne pouvant être évités, comme la chaleur, de planifier la prévention, d'adapter le travail en conséquence, de prendre des mesures de protection et de donner les instructions appropriées à votre équipe. Len semble de ces informations doivent ensuite figurer dans le Document unique (DU) régulièrement mis à jour et tenu à disposition de vos salariés.

Instaurer des mesures préventives

Selon la législation, assurer la sécurité de vos employés s'effectue aussi par le choix des équipements de protection individuelle (EPI) que vous leur fournissez. L'expert de l'OPPBTP rappelle qu'un short ne peut être considéré comme un EPI, mais qu'il existe des collections d'été pour le travail en extérieur, conçues avec des matières respirantes aussi bien pour les casques, le textile que les chaussures. Notez que vos employés disposent d'un droit de retrait s'ils estiment que des mesures de protection adaptées font défaut. Et le code du travail prévoit qu'aucune sanction ni retenue de salaire ne peut être prise à leur encontre, dans la mesure où leur motif est «raisonnable». Sachez enfin que si vous adhérez à la caisse «congés intempéries BTP», elle vous garantit le salaire de votre équipe en cas d'interruption de l'activité à cause de la chaleur.

Fatigue, maux de tête, peau sèche, vertiges et crampes musculaires sont autant de symptômes caractéristiques d'un coup de chaleur. Au-delà d'une température supérieure à 30°C, soyez particulièrement vigilant. Pour éviter tout risque, Jean-Louis Pomian, ergonome au département expertise et conseils techniques à l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS), conseille d'anticiper les mesures de sécurité à mettre en place: «Le premier réflexe consiste à rester attentif aux bulletins météo et d'informer les salariés sur les risques et l'éventuelle réorganisation de leur mission». Concrètement, il convient d'adapter le rythme de travail en aménageant les horaires afin de bénéficier des heures les moins chaudes de la journée et en augmentant la fréquence des pauses (cinq minutes par heure travaillée). Veillez également à ce que les tâches lourdes soient réali sées en équipe, permettant ainsi une surveillance mutuelle des intervenants. Vous avez aussi l'obligation de prévoir une aire de repos ombragée ainsi qu'une source d'eau potable, la norme étant de trois litres d'eau par jour et par personne.

En cas de grosse chaleur, adaptez les horaires de vos salariés afin qu'ils travaillent aux heures les moins chaudes de la journée

@ PHOVOIR

En cas de grosse chaleur, adaptez les horaires de vos salariés afin qu'ils travaillent aux heures les moins chaudes de la journée

Les appareils limitant la chaleur

Sachez que si vous ne pouvez veiller personnellement à l'application constante de ces règles de sécurité, vous pouvez déléguer cette responsabilité à l'un de vos employés ayant l'autorité, la compétence et les moyens de mise en oeuvre nécessaires. Ce transfert de pouvoir doit être écrit, soit par mention sur sa fiche de fonction ou son ordre de mission, soit par la réalisation d'un document annexe rédigé de façon explicite et sans équivoque.

Autre mesure: vous équiper en appareils limitant les effets de la cha leur. En atelier, vous pouvez opter pour un simple ventilateur, mais selon Jean-Louis Pomian de l'INRS «au-dessus de 33°C, un ventilateur ne joue plus son rôle, il ne brasse que de l'air chaud». Dans ce cas, vous pouvez vous orienter vers un climatiseur, dans la mesure où vous pouvez placer le condensateur à l'extérieur. Pour un chantier en plein air, privilégiez le brumisateur qui rafraîchit l'espace de travail tout en humidifiant les poussières qui ne s'envolent pas. Vous ne possédez pas un tel équipement? Songez à la location. Lavantage est double: économiser environ la moitié du prix d'achat d'un tel appareil en un an et s'offrir le confort de ne pas avoir à stocker et à entretenir l'équipement en basse saison. Vous pouvez soit y avoir recours au coup par coup, soit en souscrivant un contrat saisonnier. Par exemple, le loueur Kiloutou propose, de juin-septembre, une offre à partir 1,90 Euros HT par jour pour un climatiseur.

AGATHE JAFFREDO

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