Il bâtit l'Europe de l'artisanat

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La transmission de savoir-faire est ancrée dans la culture de l'entreprise de Frank Perdoux. Et elle ne s'arrête pas aux apprentis français. Chaque année, l'artisan accueille une poignée de stagiaires venus d'Allemagne et d'Espagne.

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Un jeune homme d'une vingtaine d'années monte un mur: rien d'anormal à cela sur un chantier. Mais quand il le fait au moyen d'un niveau, la technique peut paraître bizarre aux initiés. C'est normal, Waldemar applique la méthode qu'il apprend dans son pays: l'Allemagne. Mais ici, il apprend le métier de maçon «à la française», sur les chantiers de Frank Perdoux, dirigeant d'une entreprise de maçonnerie dans le Loiret. Le salarié qui l'encadre lui explique comment monter un mur avec un fil à plomb... la façon de faire en France. «Accueillir des stagiaires étrangers est très enrichissant pour nous et pour eux. Quand on arrive à bien échanger, c'est instructif sur le plan culturel et technique», atteste Frank Perdoux. Il déplore ne pas maîtriser les langues étrangères, cela dit, «on arrive toujours à se comprendre. Le dessin, universel, permet aussi de faire passer le message».

Transmettre son savoir-faire: une tradition

C'est son ancien professeur de dessin, aujourd'hui directeur du Centre de formation des apprentis (CFA) d'Orléans, Jacques Miché, qui lui a proposé, il y a une dizaine d'années, d'accueillir de jeunes étrangers dans le cadre d'une convention de stage. Depuis, Frank Perdoux forme, une fois par an, de jeunes européens, principalement des Espagnols et des Allemands. Ils suivent une semaine de cours au CFA, puis investissent les chantiers durant deux semaines. L'artisan se consacre à leur formation sur le terrain. La logistique est gérée par le centre de formation.

Tous les matins, un mini-bus dépose les stagiaires au siège de l'entreprise, ou directement sur le chantier. Et à la fin du stage, Frank Perdoux récompense toujours ses protégés. Il leur offre une boîte à outils, avec un fil à plomb en guise de souvenir. Parfois, il leur glisse même une enveloppe. «Je n'ai pas le droit de les rémunérer mais je trouve normal de récompenser leur investissement et leur travail», avoue l'artisan. Car pour Frank Perdoux, la formation des jeunes, c'est du donnant-donnant. La transmission des savoir-faire est même une tradition familiale. «Mon père le faisait avant moi», souligne-t-il. Une volonté qui se retrouve parmi les effectifs de l'entreprise: sur 20 personnes, deux sont des apprentis et trois ont signé un contrat de professionnalisation.

Des stagiaires allemands et espagnols viennent, une fois par an, se former aux techniques françaises sur les chantiers de Frank Perdoux.

Repères

> Raison sociale SARL Perdoux
> Activité Maçonnerie
> Ville Saint-Pryvé - Saint-Mesmin (Loiret)
> Année de reprise 1999
> Dirigeant Frank Perdoux, 45 ans
> Effectif 20 personnes
> CA 2007 1 300 000 Euros

Carine GUICHETEAU

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