Il fait de la sécurité de ses ouvriers une priorité

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Conscient du danger que courent ses salariés sur les chantiers José Pinto, dirigeant d une entreprise générale du bâtiment a souhaité les sensibiliser et les former pour prévenir tout accident. Pour ce faire, il a signé un contrat de progrès avec l'OPPBTP.

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Une prise de photos sur un chantier de l'entreprise Pinto 5: un homme traque, à laide de son objectif les mauvaises habitudes et les comportements dangereux des ouvriers qui travaillent. Cet homme est un conseiller de l'Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP). A ses côtés, se tient le chef d'entreprise José Pinto, simple spectateur. Dans quelques jours, ces photos vont faire l'objet d'un rapport qui sera présenté à l'ensemble des salariés au sein de l'entreprise. Il met en lumière les points forts et les points faibles observés sur le terrain. Cela permet de montrer aux ouvriers, preuves à l'appui, qu'ils commettent des erreurs, ce qui peut leur coûter cher. Des vidéos présentant des cas fictifs leur sont également projetées. «Parfois, des images valent mieux que des mots», analyse l'artisan. Ces sessions pédagogiques sont bien acceptées et comprises par les salariés. «Le message et les consignes passent mieux quand une personne extérieure à l'entreprise les donnent», souligne José Pinto. Avant, l'artisan était obligé d'envoyer des avertissements par lettre recommandée pour que certains ouvriers portent leurs équipements de sécurité. Aujourd'hui, les actions de sensibilisation et de formation commencent à porter leurs fruits. «Ils sont responsabilisés. Je note un réél changement de mentalité, témoigne le chef d'entreprise. Mes salariés ont pris conscience qu'un accident est vite arrivé et que pour les éviter il faut une attention de tous les instants.»

Prévenir et rassurer

En signant un contrat de progrès avec l'OPPBTP, en 2006 puis en 2007, José Pinto s'est donné les moyens de prévenir plutôt que de guérir. «Même si je sais que tout peut arriver, entreprendre cette démarche me rassure», précise l'artisan. Pour 637 euros HT par an, il bénéficie de cinq visites de chantier, de débriefings lors de réunions dans son entreprise, de formations et d'un abonnement d'un an au magazine Prévention BTP. En outre, dans ce cadre, il s'est engagé à réaliser d'importantes modifications d'ordre orga- nisationnel, technique et humain. Par exemple, il a décidé de faire appel à un prestataire pour monter et démonter les échafaudages. Une décision qui rassure les ouvriers et qui s'avère économiquement intéressante. «Entre le coût du stockage, du transport, du matériel et de la main-d'oeuvre, je me suis aperçu que cela me coûtait presque plus cher de le faire réaliser par mes gars», analyse l'artisan. Une démarche de sécurisation et un contrat avec l'OPPBTP qu'il compte bien inscrire dans le temps, parce qu'il y a toujours des nouveautés en termes de réglementation. De plus, malgré toutes ces précautions, il y a trois mois, un ouvrier s'est coincé un doigt dans une bétonnière et n'est toujours pas revenu de son arrêt... «Encore un accident stupide, se désole José Pinto. Preuve, s'il en fallait, que les piqûres de rappel sont nécessaires», conclut-il.

José Pinto souhaite sensibiliser ses équipes aux risques encourus sur les chantiers.

José Pinto souhaite sensibiliser ses équipes aux risques encourus sur les chantiers.

Repères

- Raison sociale Pinto 5 SARL
- Activité Tous corps d'état
- Ville Drancy (Seine-Saint-Denis)
- Année de création 1988
- Dirigeant José Pinto, 54 ans
- Effectif 15 personnes
- Chiffre d'affaires 2006/2007 878 700 euros

CARINE GUICHETEAU

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