Il part à la conquête de l'Empire du Milieu

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Félix Monge exporte près de 65 % de sa production un peu partout dans le monde. Son prochain objectif? La Chine. L'artisan a décidé de tenter l'aventure avec trois autres sociétés françaises.

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Après les Etat-Unis ou encore l'Europe, Félix Monge compte bien seduire le marché chinois avec son mobilier.

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Après les Etat-Unis ou encore l'Europe, Félix Monge compte bien seduire le marché chinois avec son mobilier.

En route vers le nouvel eldorado chinois. Près d'un milliard et demi d'habitants, un taux de croissance estimé à près de 10 % du PIB chaque année: la Chine, vue de France, a bien des vertus. Mais pénétrer ce marché si lointain n'est pas chose aisée. Mieux vaut, donc, s'y attaquer à plusieurs. C'est ce qu'a fait Félix Monge, fabricant de mobilier, en s'associant avec trois autres entreprises de l'Ouest de la France, Brigitte Forestier (55 salariés), Burov (250 salariés) et Motard Meubles (30 salariés). «Je connaissais déjà mes collègues, témoigne l'artisan, mais l'Unifa (Union nationale des industries de fabricants d'ameublement, ndlr), sachant que nous avions tous les quatre des besoins communs, nous a mis en rapport.»

Les quatre entreprises ont donc partagé les frais de l'aventure. Pour être présentes sur le salon "France, des maisons à vivre", à Shanghai, du 27 juin au 1er juillet 2006, elles ont dû débourser près de 50 000 euros, dont 10 000 euros environ pour Félix Monge. «C'est une grosse somme, explique-t-il. Mais il était difficile de dépenser moins si nous voulons prendre pied durablement en Chine.» Sur place, les partenaires disposaient d'un stand commun de 120 m2, leur assurant une excellente visibilité. De plus, pour contourner l'obstacle de la langue, un traducteur chinois, payé en partie par le Groupement des exportateurs de meubles (GEM), était à la disposition des quatre exposants français.

Un travail de longue haleine

 

Les membres de ce club des quatre" se définissent comme «complémentaires et non concurrents». «Sur le salon, nous avons travaillé en commun sans que cela pose le moindre problème» , précise Félix Monge. Chacun a pu nouer des contacts très utiles avec des Chinois, grossistes et détaillants. Neuf mois plus tard, les retombées commencent à se faire sentir pour Félix Monge. En septembre 2006, des représentants chinois, intéressés par ses produits, sont venus en France afin de visiter les ateliers et parler affaires. D'autres ont fait le voyage en janvier. Et les négociations, aujourd'hui, sont en bonne voie de concrétisation. «Certains magasins de la région de Shanghai envisagent de vendre nos meubles. C'est un début...», se réjouit Félix Monge. Si le contrat se signe, Félix Monge devra respecter quelques règles d'or: oublier le blanc, signe de deuil en Chine, et privilégier le rouge, très apprécié car symbole de bonheur et de gaieté.

En attendant, Félix Monge ne fait pas preuve d'un triomphalisme excessif. L'artisan, qui exporte déjà près de 65 % de sa production, en Europe, aux Etats-Unis, en Australie ou en Amérique du Sud, sait qu'en la matière, il convient de rester prudent. «Les premiers contacts sont plutôt positifs, mais cela reste un pari très aléatoire, et tout peut s'inverser du jour au lendemain.»

Repères

- ACTIVITE
Fabrication de mobilier
ANNEE DE CREATION 1978
- VILLE Thorigné-sur-Dué (Sarthe)
- DIRIGEANT Félix Monge, 63 ans
- EFFECTIF 23 salariés
- CA 2006 3,5 millions d'euros

Jean-Noël Caussil

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