Il profite d'une formation pour créer sa boite

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A 43 ans, Serge Galy a profité d'une formation offerte aux demandeurs d'emploi pour les aider à se lancer dans la création d'entreprise. Plus de deux ans et demi plus tard, il croule sous les commandes.

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Grâce à «l'artisanat bâtit son avenir», Serge Galy a créé son entreprise de restauration de vieux bâti.

Grâce à «l'artisanat bâtit son avenir», Serge Galy a créé son entreprise de restauration de vieux bâti.

Une formation en accéléré. Six mois de cours intensifs entre l'automne 2003 et le printemps 2004 et, dans la foulée, la création d'une entreprise. De son entreprise. Serge Galy n'a pas perdu de temps. Il a franchi le cap et quitté le monde du salariat pour celui de l'entrepreneuriat. Sans aucun regret, «J'ai pas mal vadrouille, explique-t-il avec le sourire. Dix ans dans V industrie, cinq dans le commerce. J'en avais assez. Je voulais gagner en indépendance et en autonomie.» Alors, quand sa femme, fonctionnaire territoriale, est mutée en Haute-Loire, il n'hésite pas une seconde. Il démissionne. Un changement de ville propice à un changement de vie.

Au chômage pendant quelques mois, Serge Galy passe d'abord un bilan de compétences pour faire le point sur sa situation. Lui sait exactement ce qu'il souhaite: travailler dans le secteur du bâtiment, notamment celui de la restauration du vieux bâti. «Il y a là de vraies perspectives de développement et du travail à foison», plaide-t-il. Il est alors aiguillé vers une formation proposée aux demandeurs d'emploi pour les aider à créer leur entreprise, dans le cadre de l'opération «L'artisanat bâtit son avenir». Lancée en 2003 par les communautés de communes, les Capeb (Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment) et les ANPE de Haute-Loire, Haute Ardèche et Haut-Ailier, cette opération vise à sauvegarder les emplois et favoriser la création et la transmission d'entreprises dans ces régions.

Douze à quinze mois de chantiers devant lui

Etalées sur six mois, les sessions de formations alternent apprentissages théoriques et stages en entreprise, au contact direct d'artisans. Le programme se déroule en trois phases: 500 heures pour apprendre un métier, sous la responsabilité d'un artisan tuteur. 150 heures en centre de formation pour acquérir les fondamentaux de la gestion d'entreprise. Et, enfin, 250 heures de stage pratique pour appliquer, sur le terrain, tout ce qui a été appris. Réunis en petit comité - une douzaine de stagiaires par cours - les élèves ont pu échanger avec des intervenants spécialisés sur toutes les questions de finance, de marketing ou de comptabilité. «Qu'est-ce qu'un compte de résultat?» Ou encore: «qu'est-ce qu'un bilan et comment l'établir?», ces interrogations, désormais, n'ont plus de secret pour les stagiaires. Le coût pour Serge Galy? «Zéro euro, zéro centime: tout a été pris en charge par les organismes participant à l'opération «L'artisanat bâtit son avenir.»»

Pendant sa formation en entreprise, Serge Galy a justement eu la chance d'être accueilli par un artisan exerçant sa future activité. «Je l'ai accompagné partout, notamment sur les chantiers, témoigne-t-il. Il m'a tout montré, sans aucune retenue.» Les deux hommes étaient certes voués à exercer le même métier mais, entre eux, pas question de concurrence. «Le bâtiment est un secteur ou la demande est très largement supérieure à l'offre, témoigne Serge Galy. Dans une même zone géographique, il y a de la place pour deux, sans aucun problème.» La preuve: plus de deux ans et demi après s'être lancé dans l'aventure, l'artisan croule sous les commandes: «J'ai douze à quinze mois de chantiers devant moi», se félicite-t-il.

Repères

- RAISON SOCIALE:
Multiservice du plateau
- VILLE: Le Mazet-Saint-Voy (Haute-Loire)
- DIRIGEANT:
Serge Galy, 46 ans
- EFFECTIF: 1 personne
- CA: 60 000 Euros sur le premier exercice 2005-2006

Jean-Noël Caussil

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