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Il recrute de la main-d'oeuvre turque

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Face à la pénurie qui frappe le secteur du bâtiment en Bretagne, Osman Basol fait venir de la main-d'oeuvre de Turquie. Une démarche coûteuse et pourtant rentable sur le long terme.

Environ une fois l'an, Osman Basol s'envole pour la Turquie, l'espace d'une semaine. S'il est originaire du pays, ce n'est pourtant pas pour les vacances qu'il s'y rend, mais pour y faire passer des entretiens d'embauché pour le compte de CGB, son entreprise de construction! Il y rencontre des jeunes intéressés par un emploi dans le bâtiment en France. «Ils n'ont pas toujours d'expérience dans le métier, témoigne l'entrepreneur, mais ils sont polyvalents, courageux et motivés.» Leur venue dans l'Hexagone est subordonnée à l'autorisation de la Direction départementale du travail (DDTEFP). En effet, la direction du Travail s'assure que l'entreprise a d'abord cherché à recruter en France et qu'elle a les moyens d'intégrer la main-d'oeuvre étrangère. Epaulé par divers spécialistes de la formation (Capeb, Dafco, Greta et le cabinet conseil rennais CSF), Osman Basol soutient son projet lors d'une commission. L'artisan est reçu par un représentant de la direction du Travail, à qui il présente son plan d'intégration, essentiellement axé sur la formation des salariés. Ensuite, l'arrivée des ouvriers turcs est soumise à l'approbation de la DDTEFP. Au final, un candidat peut mettre jusqu'à un an avant d'arriver légalement sur le sol français. A titre d'exemple, la délivrance du visa par le consulat de France en Turquie prend entre un et douze mois. . . «Ne pas savoir à quel moment mes salariés vont être présents est pénalisant pour gérer et respecter les plannings, reconnaît Osman Basol. Heureusement, cela n'a jamais été trop lourd de conséquences pour mon entreprise.»

Une expérience réussie, qui limite le turnover

C'est en 2003 qu'Osman Basol a, pour la première fois, utilisé ce mode de recrutement. En effet, dix contrats à durée indéterminée étaient à pourvoir. Il part en Turquie et revient avec six candidatures. Après six mois, les postulants arrivent. Comme ils ne parlent pas le français, Osman Basol les inscrit à des cours du soir incluant un module spécifique destiné à leur enseigner le langage technique du bâtiment. S'y ajoute une formation aux normes de sécurité à respecter sur le territoire. Au final, ces premiers arrivants n'interviendront réellement sur les chantiers qu'en septembre, soit neuf mois après leur arrivée.

Quatre ans plus tard, Osman Basol emploie un total de vingt-cinq salariés turcs; seul un ouvrier a pris son billet retour: «Il avait le mal du pays», explique le dirigeant. Une réussite qui s'explique par le soin apporté à l'intégration, tant professionnelle que sociale, des salariés et par l'implication personnelle du dirigeant et de l'encadrement. Grâce à son sens avisé de la gestion humaine, il organise la montée en compétences de ses collaborateurs, via un plan de formation bien ficelé. Les jeunes Turcs commencent comme manoeuvres, à un salaire brut mensuel de 1 361 Euros, et évoluent jusqu'à obtenir des postes d'encadrement, laissant leur place aux nouveaux arrivants. D'ailleurs, aujourd'hui, Osman Basol est fier d'annoncer que trois des ressortissants, arrivés en 2003, vont être présentés au CAP de maçon, via la validation des acquis de l'expérience (VAE).

Osman Basol mise sur l'intégration, tant professionnelle que sociale, de ses salariés turcs.

Osman Basol mise sur l'intégration, tant professionnelle que sociale, de ses salariés turcs.

Repères

- RAISON SOCIALE
Constructions générales du bâtiment (CGB)
- VILLE
Redon (llle-et-Vilaine)
- DIRIGEANT
Osman Basol, 38 ans
- EFFECTIF
42 personnes
- CA 2005
6 millions d'euros

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