Il rouvre son atelier après sa mise aux normes

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Contraint de quitter son atelier d'ébénisterie pendant six mois pour une mise aux normes sécurité incendie et électricité, Vittorio Serio a rouvert depuis septembre. Confiant sur l'avenir de son entreprise, il compte sur une clientèle fidèle.

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L'entreprise aujourd'hui

Autrefois jonches de morceaux de bois et d'oeuvres d'artistes contemporains que l'ébéniste Vittorio Serio collectionne, les 160 m2 de l'atelier Serio paraissent aujourd'hui presque rangés, et plus lumineux. Satisfait d'avoir réorganisé son local, en séparant davantage son bureau de la galerie d'exposition, Vittorio Serio considère qu'il a transformé «un grand foutoir» en un espace plus adapté à la création de pièces uniques de «très grande qualité». «C'était un drame de vider mon atelier. Cela m'a terrassé au début, puis cela m'a redonné du punch», estime-t-il. Optimiste, il compte sur ses clients fidèles, avec lesquels il a gardé contact par e-mail, et sa renommée dans le métier pour repartir du bon pied dans la création de mobilier contemporain.

Sa crise

En avril 2007, Vittorio Serio doit délaisser son activité pendant six mois, le temps des travaux nécessaires à la mise aux normes sécurité incendie et électricité de son atelier. Après un contrôle d'agents de la préfecture de Paris en mai 2002, il apprend, en effet, que le local n'est plus conforme aux exigences de sécurité. Une remise aux normes d'autant plus importante que son métier nécessite l'utilisation de matériaux inflammables. Très attaché à son quartier, héritier du savoir-faire des artisans du Faubourg Saint Antoine, l'ébéniste n'envisage pas de déménager. S'ensuit un long procès contre le propriétaire du bail qui refuse de payer les travaux. Verdict final: le partage des frais. Le propriétaire se charge de l'extérieur - installation d'une verrière coupe-feu, isolation des poutres en bois, etc. -, et l'artisan des aménagements intérieurs, comme l'électricité et la peinture, pour un coût de 20 000 Euros. Pour y faire face, Vittorio Serio emprunte 15 000 Euros à la banque et puise dans ses réserves. Un geste d'autant plus nécessaire qu'il continue de rémunérer ses deux apprentis.

Son rebond

Les difficultés financières n ont presque pas troublé son enthousiasme. «Nous en avons profité pour nous cultiver en allant voir des belles pièces d' ébénisterie dans les musées et des expositions», raconte l'artisan, qui a également participé à quelques colloques sur son métier à l'étranger. Président de l'association Les Artisans de Paris, qui regroupe les artisans du meuble du Faubourg Saint Antoine, Vittorio Serio a bénéficié de l'intervention de Georges Sarre, maire du XIe arrondissement, auprès du propriétaire pour s'assurer qu'il ne le chasserait pas du local. Depuis sa réouverture, en septembre 2007, l'atelier accueille, outre les meubles imaginés et fabriqués par l'ébéniste, une exposition de lampes d'un créateur. Vittorio Serio, qui a embauché l'un de ses apprentis, va ralentir son activité de rénovation pour se consacrer à la création de mobilier, un travail qui demande trois à six mois par pièce originale.

Vittorio Serio consacre les 160 m2 de son atelier à la création de mobilier de très grande qualité.

@ JEANNE CAVALIER

Vittorio Serio consacre les 160 m2 de son atelier à la création de mobilier de très grande qualité.

Repères

RAISON SOCIALE
Atelier Serio
- ACTIVITE
Ebéniste
- VILLE
Paris, XIe
- ANNEE DE CREATION
1983
DIRIGEANT
Vittorio Serio, 46 ans
- EFFECTIF
1 salarié et 3 apprentis
CA 2006
150 000 Euros

Jeanne Cavalier

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