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Il sauve son atelier après une inondation

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Au chômage technique pendant huit mois à cause d'une inondation, Jean-Marie Massit a bénéficié de multiples aides qui lui ont permis de redémarrer son activité d'ébénisterie traditionnelle.

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Jean-Marie Massit a sollicité l'aide de divers organismes de sa région pour relancer son activité.

Jean-Marie Massit a sollicité l'aide de divers organismes de sa région pour relancer son activité.

Repères

RAISON SOCIALE
Pic Vert
VILLE
La Ferrière d'Allevard (Isère)
DIRIGEANT Jean-Marie Massit, 44 ans
EFFECTIF
1 personne
CA 2006
11 000 euros

L'entreprise aujourd'hui

 

A 65 kilomètres de Grenoble, en pleine montagne, Jean-Marie Massit bénéficie d'un cadre de vie incomparable. Huit mois après les dégâts, cet ébéniste qui travaille «à l'ancienne» a repris son activité, comme avant, ou presque: «J'ai décidé de me spécialiser encore plus, d'être davantage sélectif dans mes projets, quitte à refuser du travail»

Sa crise

 

Août 2005. L'été connaît une période de fortes pluies. Situé au carrefour de deux torrents, Jean-Marie Massit observe le niveau de l'eau monter... jusqu'à ce que l'affluent déborde et dévale la prairie. Pompier bénévole, il connaît les mesures d'urgence, protège son atelier, mais se retrouve finalement impuissant: «Pendant deux jours l'eau a coulé, il a fallu que je parte», se souvient-il. Quand il revient, les dégâts sont impressionnants: «Mon atelier s'est retrouvé comme suspendu dans le vide, sur une île. Grâce à mes protections, l'eau n'avait pas pénétré dans l'atelier et mes machines n'avaient pas trop souffert. Mais elle avait tourné autour du bâtiment, creusant une tranchée de 8 mètres de large sur 4 mètres de profondeur»

Verdict de l'assurance? Un préjudice estimé à 60 000 euros. Et si l'artisan est assuré pour les dégâts causés par l'inondation, reconnue catastrophe naturelle, il ne peut plus travailler car son bâtiment menace de tomber. C'est le début de huit mois d'inactivité. Il doit encore faire face à des frais inattendus de 20 000 euros, l'équivalent de 6 000 m3 de matériaux. «Au départ, on m'avait dit que j'étais assuré pour les surfaces extérieures - aire de stockage, parking - mais finalement, j'ai dû financer les travaux de ma poche et jouer les maçons»

Son rebond

 

Alors qu'il est plutôt isolé géographiquement, Jean-Marie Massit sollicite le professionnalisme de la chambre de métiers de Grenoble. Grâce à la persévérance de Leslie Reverdy, chargée de mission à l'aménagement du territoire, un fonds de solidarité de 1 500 euros, débloqué dès la première semaine, lui permet de faire face aux dépenses d'urgence. S'ensuit une aide de l'APCM (Assemblée permanente des chambres de métiers et de l'artisanat) d'un montant équivalent. La chambre de métiers va plus loin et monte un dossier auprès du conseil général de l'Isère. Là encore, les démarches aboutissent: une prise en charge de 50% des travaux qui ne sont pas couverts par l'assurance, dans la limite de 25 000 euros, sur facture, lui est accordée. «Ca m'a obligé à faire des travaux dans un délai de deux ans sur des postes non prioritaires, alors que ma trésorerie était mal en point», regrette seulement l'ébéniste. Qui, au final, n'a utilisé qu'un tiers de l'enveloppe.

Parallèlement, la chargée de mission a indiqué à l'artisan ses autres possibilités de recours: l'exemption de prélèvements obligatoires pendant trois mois pour l'assurance vieillesse, mais aussi le report de cotisations Urssaf et de créances pour le Trésor Public.

Grâce aux aides, à sa persévérance et au soutien de sa femme, Jean-Marie Massit a pu redémarrer son activité. Mais l'inquiétude est sous-jacente: «Si un tel événement devait se reproduire, je serais obligé de partir»

Nelly Lambert

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