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Il se relève après un redressement judiciaire

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Après avoir déposé le bilan, Pascal Strub est en passe de réussir son plan de continuation. Son secret? Avoir appris à défendre sa marge et réglé ses soucis de trésorerie en se faisant payer dans de meilleurs délais.

L'entreprise aujourd'hui

PYB, la petite affaire de charpente de Pascal Strub, se porte bien. Ses recettes mensuelles atteignent aujourd'hui 46 000 euros, ce qui lui permet de tabler sur un chiffre d'affaires 2006 deux fois supérieur à celui de 2005 et, surtout, sur une rentabilité nette de l'ordre de 9 %. Pourtant, la société a connu des heures sombres.

Sa crise

Depuis qu'il s'est lancé à son compte, en 1998, Pascal Strub accepte des chantiers en sous- traitance, mais a du mal à valoriser sa prestation à son juste prix. A chaque nouveau contrat, il commet les mêmes erreurs: il sous-estime le nombre d'heures de travail nécessaire, ne marge pas (ou pas assez) sur les matières premières qu'il utilise... Bref, l'entrepreneur n'a pas la main assez lourde lorsqu'il établit ses devis. Résultat: la rentabilité de PYB est mise à mal. Bientôt, des problèmes de trésorerie aggravent la situation. En octobre 2005, le sous-traitant essuie un impayé d'un montant de 80 000 euros de la part de l'un de ses donneurs d'ordres, une entreprise générale de bâtiment. La banque refuse de lui accorder un nouveau découvert. D'autres prélèvements sont rejetés, pour un total de 300 000 euros, entraînant des frais bancaires qui viennent creuser le passif. L'entreprise n'a plus le choix: elle dépose le bilan. La cessation des paiements est prononcée en octobre 2005 et le redressement judiciaire six mois plus tard.

Face aux difficultés, Pascal Strub a réagi en prenant conscience de ses erreurs et en les corrigeant.

Son rebond

Mais Pascal Strub refuse de baisser les bras. Le 20 novembre 2006, le tribunal de Commerce de Melun accepte son plan de continuation et étale ses dettes sur dix ans. Dès lors, l'artisan reprend espoir. Il prend conscience de ses erreurs et se fixe deux objectifs: défendre sa marge et rétablir sa trésorerie. Il décide, tout d'abord, de rehausser ses tarifs. «A chaque fois que j'accepte un chantier, j'évalue de façon précise mes besoins en hommes et en matériel. Puis, comme il est d'usage dans la profession, j'applique un taux de marge de 30 % sur les matériaux» Le taux horaire de la main-d'oeuvre est également réévalué et passe de 40 à 45 euros HT.

Parallèlement, Pascal Strub porte un regard attentif sur ses entrées d'argent frais. Il surveille l'encaissement des factures et s'efforce de gérer son stock de matériaux en flux tendus. S'il ne parvient pas à négocier de meilleurs délais de paiement vis-à-vis de ses fournisseurs, le dirigeant réussit, toutefois, à se faire payer en temps et en heure par ses clients. «Désormais, explique- t-il, j'encaisse systématiquement 35 % du devis à la commande, 35 % au début des travaux et le solde à la livraison. Cela me permet d'honorer mes échéances sans souci de trésorerie» Enfin, le charpentier a abandonné la sous-traitance, jugée trop risquée, pour se consacrer pleinement à sa clientèle de particuliers. Aujourd'hui, l'artisan a retrouvé sa sérénité. Il vient même de créer un service d'entretien (réparation de gouttières, remplacement de tuiles, etc.) qui lui offre une voie de diversification.

Repères

- RAISON SOCIALE
BYP
- VILLE
Combs-la-Ville (Seine-et-Marne)
- DIRIGEANT
Pascal Strub, 48 ans
- ANNEE DE CREATION
1998
- STRUCTURE JURIDIQUE
SARL
- EFFECTIF
9 salariés
- CA 2005
1,2 million d'euros

Mot clés : euro

Véronique Méot

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