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Il teste un nouveau ciment

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Sollicité par le cimentier Lafarge pour tester un ciment innovant sans poussière, Manuel Gramoso a accepté l'expérimentation sur ses chantiers. Ses critiques permettent ensuite au fabricant d'améliorer le produit.

 

Quand les salariés de la société de maçonnerie de Manuel Gramoso, dans les Alpes-Maritimes, ouvrent un sac de ciment, aucune poussière ne s'en échappe. N'y voyez aucune intervention divine: il s'agit en fait d une innovation du cimentier Lafarge. Baptisé Sensium, ce ciment n'émet aucune poussière grâce à une consistance similaire à de la pâte à modeler. Mais ses vertus ne s'arrêtent pas là. Econome en eau et résistant, il se travaille facilement et permet un décoffrage plus rapide. «Un excellent produit, confirme Manuel Gramoso. On gagne en temps et en sécurité. Le seul problème, c'est son prix.» De l'ordre d'un euro supplémentaire par sac. «Le calcul est rapide. J'ai besoin de vingt palettes de quarante- deux sacs pour réaliser un chantier, en moyenne. Soit un surcoût de près de 840 euros. Avec ce tarif, mes devis ne passent pas.» C'est en tout cas ce que l'artisan s'est dit le jour où ce nouveau ciment lui a été présenté.

Manuel Gramoso teste en avant-première un ciment sans poussière à la texture similaire à de la pâte à modeler.

Manuel Gramoso teste en avant-première un ciment sans poussière à la texture similaire à de la pâte à modeler.

Repères

> Raison sociale SARL MGF
> Activité Maçonnerie
> Ville Cagnes-sur-mer (Alpes-Maritimes)
> Année de création 1996
> Dirigeant Manuel Gramoso, 47 ans
> Effectif 7 personnes
> CA 2007 1 MEuros

L'expérience écoutée

C'était durant l'été 2007. Le maçon est alors convié, avec plusieurs confrères du bâtiment, à une démonstration dans le magasin de matériaux dont il est client.

Deux chapes sont fabriquées, lune avec un ciment normal, l'autre avec le Sensium. «La différence était notable mais je leur ai dit qu'ils n'arriveraient jamais à le vendre à ce tarif.» Le Sensium n'est alors distribué que dans le Sud-Est de la France, mais vise une commercialisation nationale d'ici à la fin de l'année. Le cimentier Lafarge cherche à tester son nouveau produit en situation réelle grâce aux maçons de la région, soit un millier d'artisans. «J'étais prêt à jouer les cobayes mais à condition qu'un effort tarifaire soit fait», explique Manuel Gramoso. C'est ce qui ce passe en octobre, après une relance de son fournisseur et la négociation de plusieurs dizaines de sacs gratuits. Chantier après chantier, le Sensium satisfait pleinement l'artisan. Il envoie un bilan plutôt positif à Lafarge, malgré des défauts d'emballage. «Lorsqu'on laisse les palettes trop longtemps dehors, le ciment devient difficile à travailler. Il se durcit.» Une imperfection souvent constatée par les testeurs du Sensium. Lafarge a donc rectifié le tir et propose, depuis le début d'année, un emballage renforcé. «C'est valorisant de voir que l'on tient compte de notre avis et d'apporter notre pierre à l'édifice, souligne Manuel Gramoso. Les artisans sont effectivement les mieux placés pour évaluer les performances et les défauts d'un ciment.»

CARINE GUICHETEAU

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