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Installer un plancher chauffant hydraulique

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A Saint-Agrève, dans l'Ardèche, Dominique Lagier, installateur électricien, a conçu un plancher chauffant hydraulique dans les règles de l'art. Il nous emmène au coeur de cette installation et explique les techniques pour réussir à mettre en oeuvre cette opération délicate.

Un plancher chauffant ne serait qu'un radiateur comme un autre. Une affirmation vraie en phase d'études techniques, quand vous choisissez le système de production d'énergie. En revanche, cet adage n'est plus pertinent en phase de travaux. En effet, un plancher chauffant est une installation complexe, normée, pour laquelle il existe des procédures strictes à respecter. Sur le marché, il en existe trois sortes: hydraulique, à fluide frigorigène et électrique (direct ou indirect). A Saint-Agrève, en Ardèche, Dominique Lagier, gérant de la société d'électricité éponyme, a choisi la version hydraulique pour répondre au mieux aux besoins de son client et correspondre à son budget. Le plancher chauffant est couplé à une pompe à chaleur (pac). Et ce, malgré l'altitude relativement élevée des lieux (1 050 mètres). Un choix audacieux, qui a permis à l'artisan de comprendre le fonctionnement de ce système lorsqu'il est soumis à de telles contraintes. Selon Dominique Lagier, il faut surtout «prendre garde à l'isolation de la maison dans son ensemble. Le grand défaut aujourd'hui, c'est d'ignorer le dormant, puisqu'il n'est pas visible. Et pourtant, meilleure est l'isolation, meilleur est le rendement global de la maison ».

Attention cependant à ne pas tout mélanger. Car une telle installation nécessite des interventions concernant l'électricité et la plomberie. Il est donc obligatoire de ne pas mêler la nappe électrique avec la nappe hydraulique et de bien poser les gaines au sol, car elles seront ensuite noyées dans le béton. C'est seulement après cette opération que l'isolant est mis en place, suivi de la pose des tuyaux du système de chauffage. Autant d'opérations qui nécessitent une parfaite précision et demandent des gestes sûrs. Pas le droit à l'erreur. En effet, il serait délicat de devoir casser le plancher pour vérifier que les travaux ont été effectués correctement.

A ce sujet, Dominique Lagier donne un dernier conseil: photographiez chaque étape. Rassurant en cas de doute et probant en cas de litige.

Choix de l'isolant

Il existe plusieurs types d'isolant. Les plaques peuvent être équipées d'un système d'accroches dans lesquelles les tuyaux hydrauliques sont coincés. Ce système permet une pose rapide. Mais il peut aussi s'agir d'un isolant «lisse», sur lequel les tubes de chauffage sont fixés à l'aide d'agrafes. Une opération plus contraignante mais qui permet un meilleur rendement du circuit.

Les nourrices

Tous les tuyaux sont raccordés à des nourrices. Il s'agit d'un système qui permet la distribution des fluides pour les installations du chauffage. Elles sont connectées à un départ et à un retour généraux. Munies de robinets, ces nourrices permettent d'effectuer les réglages nécessaires au bon fonctionnement de l'installation.

Mise sous pression et contrôle

Avant de couler la chape, il faut mettre le circuit sous pression. En effet, le béton doit être coulé sur des tuyaux dilatés à leur maximum. Ainsi, il n'y a pas de risque de fissures. Par ailleurs, le fonctionnement du circuit doit avoir été contrôlé avant le coulage de la chape.

Une installation en escargot

Il est important d'installer le système de tubes en forme de spires (en escargot). En effet, cette technique de pose permet d'intégrer le tuyau de retour au coeur de l'installation, ce qui offre une chaleur totalement uniforme.

Un espacement normé

Il faut prendre garde à ce qu'il y ait une surface au sol suffisante pour compenser les déperditions d'énergie. Les tuyaux doivent généralement être écartés de 20 cm, mais ils peuvent être resserrés jusqu'à 10 cm, notamment dans une salle de bains, où la surface au sol est réduite. Par ailleurs, les tuyaux doivent être posés à une distance minimum de 10 cm du bord. La raison? Il faut pouvoir creuser un trou dans le sol sans risque de toucher le système.

Chape liquide

Plus simple à poser que la chape sèche, elle doit recouvrir les tuyaux d'au moins 5 cm. Elle nécessite un temps de séchage de cinq semaines environ pour que l'humidité quitte la dalle. Certaines chapes nécessitent l'utilisation d'apprêt d'accrochage. Par ailleurs, le sol doit être choisi de façon à restituer correctement la chaleur. Il faut donc éviter d'utiliser du liège et du bois massif, trop isolants. Et privilégier le carrelage, voire les revêtements PVC.

Repères

- Adresse
Saint-Agrève (Ardèche)
- Entreprise
D. Lagier Electricité
- Durée des travaux
Trois jours plus le temps de séchage des chapes, l'installation de la pompe à chaleur et le temps d'études en amont
- Surface concernée
160 m2 de surface au sol sur deux niveaux
- Coût global (achat et rénovation)
Entre 20 000 Euros et 30 000 Euros

Claire Poisson

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