L'accessibilité : un marché d'avenir

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Vous cherchez de nouvelles pistes pour développer votre activité ? Pensez au marché de l'accessibilité. Si les logements neufs sont déjà réglementés, en 2015, tous les lieux publics seront concernés. De quoi vous assurer quelques chantiers, dès à présent...

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En 2040, un Français sur six aura plus de 75 ans. Une évolution démographique inéluctable dont les pouvoirs publics tiennent compte. En effet, depuis le 1er janvier 2009, les maisons individuelles neuves doivent satisfaire à des critères d'accessibilité. Les commerces, eux, seront concernés à partir du 1 e r janvier 2015 (ainsi que tout lieu recevant du public). Les artisans ont donc un rôle important à tenir dans cette mutation. « Une nouvelle approche de nos métiers », selon Alain Griset, président de l'Assemblée permanente des chambres de métiers. Et une opportunité de taille à un moment où les chantiers se font plus rares ! Les travaux à réaliser peuvent revêtir différentes formes : remplacer une baignoire, difficile à utiliser dans certains cas, par une douche à l'italienne, au ras du sol, ou changer l'emplacement des prises électriques pour les rendre plus accessibles. Un peintre peut aussi être appelé à attribuer des couleurs bien distinctes aux portes de placards selon leur contenu. Ainsi, un particulier souffrant de déficience cognitive pourra se souvenir rapidement de leur fonction.

Connaissances pointues exigées

Si le marché de l'accessibilité peut s'avérer porteur, il requiert davantage d'attention. Il faut tout d'abord connaître les normes techniques précises, comme l'espace nécessaire au déplacement d'un fauteuil roulant pour pouvoir circuler dans un commerce. Vous devez aussi faire preuve d'une capacité d'écoute importante pour adapter les travaux en fonction du mode de vie de votre client. Le chantier ne sera pas le même s'il s'agit d'une personne âgée jardinant régulièrement, ou plus portée sur la cuisine. Et le résultat doit être particulièrement résistant. En effet, les personnes fragilisées utilisent leur mobilier comme appui, soumettant leur environnement à une charge importante. Enfin, point-clé pour emporter la mise : être capable d'aiguiller les particuliers sur les différentes subventions dont ils peuvent bénéficier. Pour cela, vous pouvez vous rendre sur le site de l'Agence nationale de l'habitat, www.anah.fr. Pour maîtriser le sujet, n'hésitez pas à suivre des formations axées sur l'accessibilité, comme celle du Centre national d'innovation santé autonomie et métiers (Cnisam), créé dans le giron de la chambre de métiers du Limousin : cette formation spécifique comprend notamment des rencontres avec des ergothérapeutes et des assistantes sociales. Avec une soixantaine d'artisans formés dans le Limousin au premier trimestre 2009, elle sera déployée dans le reste de l'Hexagone courant 2010.

La douce à l'italienne, au ras du sol, est plus adaptée à une personne à mobilité réduite.

La douce à l'italienne, au ras du sol, est plus adaptée à une personne à mobilité réduite.

Pour attaquer ce marché, adressez-vous aux professions et organismes en contact avec les particuliers. Les ergothérapeutes, par exemple, sont « régulièrement à la recherche d'artisans connaissant les problématiques du handicap », selon Michelle Denis-Gay, responsable du Cnisam. C'est aussi le cas des associations de gérontologie ou liées au handicap. Quelques références de chantiers réalisés pour des particuliers fragilisés peuvent alors constituer votre porte d'entrée pour le boom de 2015. Tout en indiquant votre nouvelle spécificité sur votre plaquette commerciale et/ou carte de visite, vous pouvez ensuite communiquer auprès des kinésithérapeutes et hôpitaux de votre région. Pour l'heure, inutile de tout miser sur l'accessibilité, selon Michelle Denis-Gay. Cela peut être en revanche une nouvelle corde à votre arc. C'est également le point de vue d'Alain Jugie, chauffagiste à Cosnac (Corrèze). Ayant suivi la formation du Cnisam en mars, il l'envisage comme un «plus» pour son entreprise.

Témoignage
Christian Saqué, peintre , et carreleur à Limoges

Christian Saqué a suivi la formation du Cnisam en mars dernier. L'artisan avait déjà réalisé des chantiers pour améliorer l'accessibilité d'un logement, mais il souhaitait s'impliquer davantage sur ce segment. «Je me sens concerné par l'aspect social de ce marché, et j'apprécie de contribuer à aider les personnes âgées à continuer à vivre chez eux », explique le dirigeant de ACBA 87. La formation lui a permis d'être plus efficace, en tâtonnant moins, notamment en ce qui concerne les normes techniques. Mais aussi d'être contacté pour quatre projets (dont deux ont été réalisés) puisque son nom apparaît sur le site du Cnisam. Bénéfice complémentaire : ses clients ont fait appel à lui par la suite pour d'autres chantiers plus classiques de rénovation. Pour les différences au niveau des matériaux, l'artisan peut se tourner vers ses fournisseurs habituels, qui commercialisent aussi des carreaux antidérapants et des barres de relèvement. Il prend connaissance des nouveautés produits et reçoit d'éventuels conseils d'utilisation.

Céline Keller

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