L'apprentissage, un allié pour votre entreprise

Publié par le

L'alternance reste à l'honneur en 2012. Les aides sont prolongées et les politiques souhaitent plus que jamais développer ce mode de formation. Le point sur les règles à respecter pour embaucher un apprenti en toute sérénité.

  • Imprimer

Embaucher un apprenti est désormais plus facile. C'est en tout cas ce que promet la loi Cherpion du 28 juillet 2011, dont les décrets d'application sont parus en décembre 2011. Elle doit simplifier le dispositif d'alternance pour aider les entreprises à atteindre l'objectif de 800 000 jeunes formés d'ici à 2015. Pour mener à bien cette démarche de formation, n'hésitez pas à vous faire accompagner. CMA, Capeb, FFB et autres centres de formation des apprentis (CFA) sont là pour vous aider à formaliser les contrats et à respecter la réglementation en vigueur. D'autant plus qu'il existe un tel choix dans les diplômes visés par l'apprentissage que vous pouvez vite vous sentir perdu. En premier lieu, recrutez un apprenti en fonction de votre activité, mais aussi de vos besoins. Il est donc important de faire une analyse en amont pour déterminer au mieux le profil du poste recherché (sachant que les niveaux varient du CAP au Bac + 5). « Si vous recherchez un ouvrier, recrutez plutôt un CAP. Et si vous recherchez un compagnon, misez plutôt sur un brevet professionnel, explique Daniel Munoz, secrétaire général du comité de concertation et de coordination de l'apprentissage du bâtiment et des travaux publics (CCCA-BTP). Comme pour n'importe quelle embauche, vous devez vous demander quelles perspectives vous visez au travers de ce recrutement. »

Par ailleurs, vérifiez également que le rythme de l'alternance convient bien à votre activité. Il peut en effet varier en fonction des formations, mais aussi des CFA. De plus, avoir correctement formalisé vos besoins vous permettra de préparer l'accueil du jeune au sein de votre entreprise, en déterminant notamment le collaborateur le plus indiqué pour devenir son maître d'apprentissage. A noter que ce salarié doit justifier d'une expérience professionnelle de deux ans. Dans le BTP, un accord de branche précise également des obligations de formation. Votre collaborateur doit savoir accompagner l'apprenti, mais aussi le sensibiliser, par exemple, à la prévention des risques. Quel que soit votre choix, n'oubliez pas que l'apprenti devra être accompagné tout au long de son parcours. Il doit monter en compétences car, au bout de son cursus, il y a la sanction du diplôme.

Age, situation de l'apprenti... des critères bien précis

Sachez que vous ne pouvez pas embaucher n'importe qui en apprentissage. De façon générale, ce contrat est ouvert aux jeunes âgés de 16 à 25 ans. Les moins de 15 ans dans l'année civile en cours et ayant achevé la troisième, ou suivi une formation dans le cadre du Dispositif d'initiation aux métiers en alternance (Dima), sont aussi concernés. Certaines dérogations existent également au-delà de 25 ans, notamment si le contrat proposé fait suite à un contrat d'apprentissage précédemment conclu et conduit à un niveau de diplôme supérieur. Un jeune qui a connu une rupture du contrat d'apprentissage pour une raison indépendante de sa volonté (cessation d'activité, faute de l'employeur...) est également concerné. Par ailleurs, il n'y a aucune limite d'âge dans le cas où l'apprenti est reconnu travailleur handicapé, ou encore s'il a un projet de création ou de reprise d'entreprise dépendant de l'obtention d'un diplôme sanctionnant une formation en alternance.

La rémunération de l'apprenti, quant à elle, varie en fonction de son âge et de son niveau de formation initiale. Il s'agit d'un pourcentage du Smic. Dans le bâtiment, depuis 2005, un accord de branche réglemente les salaires au-dessus de la grille générale de l'apprentissage. Par exemple, un jeune de moins de 18 ans en première année d'apprentissage perçoit au minimum 40 % du Smic, soit 559,34 euros par mois. En troisième année, s'il a plus de 21 ans, il reçoit au minimum 80 % du Smic, soit 1 118,86 euros par mois. En outre, sachez que la rémunération de votre apprenti est totalement exonérée de charges sociales. Elle est aussi exonérée de l'impôt sur le revenu, dans la limite du Smic. En revanche, n'oubliez pas que votre entreprise finance la formation du jeune. Le coût global est donc variable en fonction du cursus, mais aussi de l'organisme choisi. Sachez cependant qu'il est partiellement pris en charge (parfois en totalité) par l'organisme paritaire collecteur agréé (OPCA), Constructys.

Un investissement non négligeable pour votre entreprise du bâtiment, mais « cet investissement est d'autant plus important que la conjoncture économique est difficile », souligne Daniel Munoz. En effet, vous préparez ainsi les compétences dont vous aurez besoin demain, au moment de la reprise.

Dans le secteur du BTP, un accord de branche précise les obligations de l'employeur en matière de formation de l'apprenti.

@ FOTOLIA / KALOU 1927

Dans le secteur du BTP, un accord de branche précise les obligations de l'employeur en matière de formation de l'apprenti.

A savoir

N'oubliez pas les aides à l'embauche!


L'Etat et les collectivités locales aident les entreprises qui recrutent des personnes en apprentissage. Voici les différentes mesures:
- Une exonération de cotisations sociales, totale ou partielle, en fonction de plusieurs critères (taille de l'entreprise, qualité d'artisan).
- Un crédit d'impôt de 1 600 euros par apprenti, porté à 2 200 euros dans certains cas.
- Un crédit d'impôt de 100 euros par semaine et par élève en stage dans le cadre de la formation apprenti junior, dans la limite de 26 semaines dans l'entreprise.
- Une compensation totale des charges patronales pendant un an pour toute embauche supplémentaire d'un jeune en alternance, avant le 30 juin 2012 pour toutes les entreprises de moins de 250 salariés.
- Les coûts liés à la formation pédagogique des maîtres d'apprentissage peuvent être financés par les OPCA.
- Des aides supplémentaires sont possibles en cas d'embauche d'un travailleur handicapé (variable).
- Une indemnité compensatrice forfaitaire est versée par la région. Le montant minimal est fixé à 1 000 euros par an.
N'hésitez pas à vous renseigner auprès de votre conseil régional qui peut mettre en oeuvre différentes aides supplémentaires pour l'embauche d'un apprenti.


Source: www.alternance.emploi.gouv.fr

Claire Poisson

Sur le même sujet