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L'artisan de l'authentique

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Rien ne prédestinait Stéphane Becq, ouvrier métallurgiste francilien, à la fabrication et à la pose de tuiles de bois en Savoie. Rien, sinon sa passion pour ce matériau.

 

@ VINCENT KRYWDYK

@ VINCENT KRYWDYK

Avec l'arrivée des beaux jours, il entame la pose des tavaillons, qui dure tout l'été. A l'heure actuelle, on ne compte que huit tavaillonneurs en France. Stéphane Becq, qui fait partie de cette petite communauté, exerce son métier à Mâcot-la-Plagne, près de Bourg-Saint-Maurice, en Savoie. Le nom de sa profession vient de «tavaillon», qui désigne les tuiles de bois posées sur les toits des maisons traditionnelles alpines. Depuis sept ans, l'artisan pratique cette activité rythmée par les saisons. Au début de l'automne, il choisit soigneusement les arbres appropriés: épicéa et mélèze en montagne, châtaigner en plaine, avant de confier l'abattage à des bûcherons. Enfin, en hiver, le tavaillonneur se consacre à la fabrication des tuiles «toujours coupées dans la hauteur, en respectant le sens de la fibre, pour une résistance maximale».

Stéphane Becq Tavaillonneur

«La construction traditionnelle revient en force.»

Une vocation sur le tard

S'il aime toutes les étapes de son métier, Stéphane Becq découvre sa passion tardivement, à 49 ans. Il débute sa carrière professionnelle dans la métallurgie, en région parisienne. Mais ses loisirs sportifs, le ski et le canoë kayak, le mènent régulièrement en Savoie, où il rencontre son épouse, puis s'établit en 1974. Autre contact décisif: un couvreur, qui lui ouvre de nouveaux horizons. Il s'oriente ensuite progressivement vers les tavaillons. «J'ai toujours aimé le bois, et je souhaitais travailler en plein air», explique-t-il. Dans les années soixante-dix, la technique du tavaillon

était tombée en désuétude au profit de la tôle. Mais Stéphane Becq persiste. Il suit donc une formation avec le Greta à Albertville, avant de poursuivre son enseignement dans le Beaufortain, auprès d'un tavaillonneur chevronné, tout en lisant des ouvrages techniques sur le sujet. Quelques années plus tard, l'artisan profite de l'engouement pour les techniques traditionnelles et écologiques pour s'établir à son compte, en 2004. Son activité n'est toutefois pas suffisante, il doit continuer ses activités saisonnières: randonnée en été, et remontées mécaniques en hiver. Et met à profit ses expériences: «j'ai découvert différents types de toitures en bois en Italie, en Suisse, en Autriche, en Pologne, etc.», se souvient-il. Ces activités parallèles s'amenuisent progressivement, avec l'augmentation de sa clientèle - 25% en plus par an -, la majorité des clients prenant contact avec lui par e-mail, par l'intermédiaire du site de l'association interprofessionnelle de la filière bois en Haute-Savoie (FIB 74). En effet, métier ancien ne signifie pas forcément méthodes obsolètes.

Bio

- 1950 Naissance de Stéphane Becq à Viroflay (Yvelines).
- 1974 Il s'installe en Savoie, où il a rencontré son épouse.
- 2001 Formation de couvreur.
- 2004 Création de sa société Toits des Bois à Mâcot-la-Plagne, en Savoie.

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