L'artisan qui lit dans la roche

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Savoir-faire. Initié au bâtiment par le biais de la couverture, Christophe Chartin s'est peu à peu formé aux techniques de l'habitat troglodytique, particulièrement fourni en Indre-et-Loire. Un patrimoine qu'il défend aujourd'hui avec passion.

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Le rêve de Christophe Chartin? Construire un escalier plongeant dans la nappe phréatique, dans une cave troglodytique. «Ce serait un bon environnement pour la méditation», songe-t-il. L'artisan, installé à Villaine-les-Rochers (Indre-et-Loire) n'a encore jamais tenté cet aménagement, malgré son expérience dans la réhabilitation des troglodytes. L'histoire commence il y a dix-neuf ans, lorsqu'il découvre par pur hasard, dans la maison qu'il vient d'acheter avec son épouse, une cave creusée dans le rocher, dont l'entrée est cachée par un massif de ronces. Il décide alors de la réhabiliter. «C'était mon premier chantier de ce type, se souvient-il. Je me suis renseigné auprès des plus anciens habitants de la région, sur les techniques utilisées autrefois.» Badigeonnage des parois à la chaux et terrasses plantées de végétaux pour éviter l'humidité, techniques de ventilation appropriées, Christophe Chartin apprend progressivement les ficelles de cet habitat particulier, en accumulant les expériences et en consultant des ouvrages.

Un itinéraire marqué par les Compagnons du devoir

Aujourd'hui, il est même capable de «lire dans la roche», c'est-à-dire d'expliquer l'usage des trous et reliefs dans le quotidien des troglodytes. Pourtant, l'artisan n'a pas toujours aimé étudier. Son parcours scolaire se clôt sur un échec lorsqu'il échoue au baccalauréat. Christophe Chartin s'oriente alors dans la couverture, en participant à un stage d'insertion avec Les Compagnons du Devoir, avant de faire son Tour de France, à 20 ans. Une expérience qui marque l'apprenti d'alors. «J'ai rencontré des professionnels généreux, prêts à transmettre leurs connaissances. C'est une philosophie que j'essaie d'appliquer à mon tour». L'artisan consacre un tiers de son temps au milieu associatif. Il donne aussi des conférences sur les troglodytes, et ouvre même sa maison aux visiteurs. «Il est important de conseiller les propriétaires sur la façon d'entretenir cet habitat, observe l'artisan. Entretenir cette culture et ces anciens savoir-faire, c'est préserver un patrimoine précieux.» Un patrimoine particulièrement riche en Indre-et-Loire: on compte pas moins de 1200 caves sur le département.

Bio

>1980
Il est accueilli chez les Compagnons du devoir, où il est formé à la couverture.
>1989
Il achète une maison où il découvre une cave.
>1992
Premier chantier de réhabilitation d'une maison troglodytique.

CELINE KELLER

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