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La femme qui s'affairait aux pieds des chevaux

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Le travail du fer d'un côté. Les chevaux de l'autre. Ariane Meilhan a su associer ses deux passions et en faire son métier. Maréchal-ferrant itinérante, elle arpente l'Ariège, la Haute-Garonne et l'Aude pour s'occuper des chevaux.

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Les bons jours? Une trentaine de kilomètres «seulement». Mais, selon le lieu où se trouvent ses clients, Ariane Meilhan, 28 ans, peut effectuer jusqu'à 250 km en un jour. Alors qu'autrefois, chaque ferme avait son cheval, c'est loin d'être désormais le cas. La mobilité fait donc aujourd'hui pleinement partie de son métier de maréchal-ferrant. Au volant de sa camionnette, Ariane Meilhan, arpente, cinq jours sur sept, les petites routes de l'Ariège, la Haute-Garonne et l'Aude. «Cette vie, explique-t-elle, radieuse, est celle dont je remis depuis toute petite.» Et ses parents, médecins tous les deux, ont oublié leur inquiétude initiale. «Ils étaient très réticents à ce que je m'engage dans la voie de l'artisanat, se souvient-elle. J'ai eu le droit, comme beaucoup, au fameux «passe ton bac d'abord».» Bac que, d'ailleurs, elle n'a pas obtenu. «J'ai suivi un cursus assez atypique», raconte-t-elle. Après un BEP sanitaire et social, elle se tourne vers un brevet d'animateur poney puis, enfin, vers la maréchalerie.

«J'ai toujours aimé les chevaux. Je faisais de l'équitation et, vers mes 10 ans, j'ai lu un livre sur ces animaux et les soins qu'on leur apportait. On y voyait un maréchal-ferrant travaillant le fer. Cette image m'a marquée.» Des années plus tard, ce rêve de petite fille devient réalité. «J'ai suivi une formation pour adultes, sur treize mois, au lycée agricole de Saint-Cyran-du-Jambot, au sud de Tours», témoigne-t-elle. C'est là qu'elle apprend la maréchalerie. Là, et au contact de Lionel Bertin, maréchal-ferrant en Vendée. «C'est un homme passionné et amoureux de son métier. Il m'a transmis son savoir-faire, je lui dois beaucoup», souligne Ariane Meilhan.

Quatre chevaux par jour au maximum

 

En novembre 2004, enfin, elle s'installe à son compte. Direction l'Ariège, où son mari vétérinaire exerce. Elle ne connaît pas la région mais, très vite, parvient à se faire une clientèle en proposant ses services aux propriétaires de chevaux qu'elle rencontre. Le bouche à oreille fait le reste. «J'ai choisi de ne travailler qu'avec des particuliers propriétaires de chevaux, et pas avec des clubs d'équitation», précise-t-elle. Mais au niveau des tarifs des prestations, rien n'est norme. «Il y a juste un prix de base, modulé en fonction du kilométrage effectué». Tout est donc affaire de négociation. «Et ce n'est pas toujours facile», admet-elle. Et les séances sont longues : une bonne heure et demie pour ferrer les quatre pieds. «C'est pourquoi, explique-t-elle, je me limite à quatre chevaux par jour au maximum.» D'autant plus que c'est un métier assez physique, qui exige de travailler le dos souvent courbé et de maîtriser la force du cheval. «Il y a les habitués désormais, affirme-t-elle en souriant. Il faut intervenir en moyenne toutes les six à huit semaines, sinon la pousse est telle que cela gêne la locomotion. A force de s'occuper d'eux régulièrement, on arrive à mieux se connaître, et la confiance est là.»

Parcours

- 1990
Un livre sur les chevaux et la maréchalerie décide de son avenir professionnel.
- 1997-2002
Elle passe un BEP sanitaire et social puis un brevet d'animateur poney.
- 2002-2003
Elle suit une formation pour devenir maréchal-ferrant.
- Novembre 2004
Elle s'installe comme maréchal-ferrant en Ariège.

Ariane Meilhan ferre les chevaux toutes les six à huit semaines.

@ FREDERIC FERRANDES PAMIERS

Ariane Meilhan ferre les chevaux toutes les six à huit semaines.

Repères

RAISON SOCIALE
Ariane Meilhan
ACTIVITE
Maréchal-ferrant
VILLE
Mazères (Ariège)
ANNEE DE CREATION
2004
DIRIGEANT
Ariane Meilhan, 28 ans
EFFECTIF
1 personne
CA 2006
NC

Jean-Noël Caussil

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