En ce moment En ce moment

La validation des acquis de l'expérience, mode d'emploi

Publié par le

Lancée il y a 8 ans, la validation des acquis de l'expérience permet à tous de prétendre à une certification de compétences basée sur l'expérience professionnelle. Procédure méconnue, elle a plusieurs avantages, tant pour l'entreprise que pour le salarié.

  • Imprimer

La VAE (validation des acquis de l'expérience) n'est pas une formation. C'est une démarche, lancée en 2002, visant à valider par un diplôme les compétences et aptitudes professionnelles acquises par une personne.

CAP, brevet professionnel, licence, master..., un grand nombre de diplômes et titres à vocation professionnelle ainsi que des certificats de qualification peuvent être délivrés lors d'une VAE. La certification choisie doit cependant être inscrite au répertoire national des certifications professionnelles (lire notre encadré page suivante).

Motivante pour les salariés, la VAE permet également à l'employeur de mieux connaître les compétences réelles de ses équipes.

@ FOTOLIA/LISA F. YOUNG

Motivante pour les salariés, la VAE permet également à l'employeur de mieux connaître les compétences réelles de ses équipes.

1- Qui est concerné ?

Toute personne ayant une expérience professionnelle significative est concernée. Salariés, non-salariés, chefs d'entreprise, demandeurs d'emploi, et ce quels que soient les diplômes obtenus auparavant. La seule condition est de justifier d'une expérience professionnelle de trois ans, continus ou non, en rapport avec le contenu de la certification envisagée.

2- Quelle est la procédure ?

Il existe différentes modalités à respecter. Chacune des étapes est cruciale, c'est pourquoi le site www.vae.gouv.fr rappelle les précautions à prendre. Tout d'abord, il est primordial d'avoir bien précisé son projet professionnel pour choisir la certification la plus adaptée. Des points relais conseil de proximité, gérés par les régions, sont à la disposition des candidats ou des entreprises ; la liste complète est disponible sur le site. Les chambres consulaires peuvent également apporter leur aide.

La validité de la requête est ensuite évaluée par les instances concernées. Des formulaires de demande de recevabilité sont disponibles en ligne. Si le projet est retenu, le candidat doit alors constituer un dossier. Pour être complet, ce dernier doit retracer son expérience salariée, non-salariée, bénévole, qu'il prendra soin de démontrer (bulletins de salaire, attestations d'employeurs, déclarations fiscales...). Il doit être rempli de manière exhaustive et justifier du lien avec la certification choisie.

Enfin, un jury composé de représentants de la profession en rapport avec la certification visée se réunit pour délibérer. Le candidat peut alors être auditionné, voire mis en situation professionnelle. Une fois les vérifications d'aptitudes effectuées, le jury se prononce. S'il valide totalement la demande, la certification est attribuée. Sa validation peut également être partielle. Dans ce cas, il précise dans quel cadre doit se situer le contrôle complémentaire de connaissances ou d'aptitudes. Le jury peut aussi, lorsque les conditions ne sont pas remplies, refuser de valider la demande.

3- Quelles sont les modalités de financement ?

Différents modes de financement existent. La plupart des coûts peuvent être pris en charge. Ils varient selon la certification choisie et l'organisme auquel on fait appel, de 300 euros si l'on est demandeur d'emploi à plus de 1 000 euros pour un diplôme de niveau universitaire. La VAE peut rentrer dans le cadre du plan de formation de l'entreprise. Dans ce cas, le salarié doit donner son consentement. Le financement est alors assuré par l'Opca (Organisme paritaire collecteur agréé) dont relève l'entreprise. Une convention doit être signée entre l'employeur, le salarié et l'organisme qui intervient en vue de la validation des acquis. La demande de VAE par le salarié peut également faire l'objet d'un congé pour validation des acquis de l'expérience, d'une durée équivalente à 24 h de temps de travail. Celui-ci est soumis à l'autorisation de l'employeur. Il peut servir aux périodes de préparation ainsi qu'à la participation aux épreuves de validation. C'est alors le Fongecif dont l'entreprise dépend qui prend en charge les dépenses.

4- Quels sont les bénéfices ?

Les avantages sont nombreux pour les deux parties. Pour l'entreprise, c'est un excellent moyen pour motiver son personnel. L'employeur connaît mieux les compétences de ses équipes, les plans de formations sont donc optimisés. De plus, une action de VAE génère moins d'absence qu'un parcours complet de formation. Outre le fait d'être un vecteur de satisfaction personnelle, la VAE permet à la catégorie des «conjoints collaborateurs» de valider l'expérience acquise durant les années où ils ont soutenu leur conjoint dans leur activité. Elle permet au salarié d'évoluer. Il développe une plus grande confiance dans sa valeur professionnelle et ses aptitudes. Il envisage mieux sa position dans l'entreprise et ses possibilités d'évolution.

Focus

Le répertoire national des certifications professionnelles
C'est la bible de la VAE. Toute démarche commence par sa consultation afin de vérifier l'éligibilité de la certification choisie. Qu'il s'agisse de diplômes et titres professionnels délivrés par l'Etat, de titres d'organismes de formation ou de chambres consulaires ou encore de certificats créés par les branches professionnelles (type CQP), ils sont tous référencés au RNCP. En 2006, 3 616 fiches étaient enregistrées. En 2009, il y en avait 6 279 ce qui prouve sa montée en puissance. Tout comme d'ailleurs la fréquentation du site internet qui a été multipliée par deux sur la même période.
Rens.: www.cncp.gouv.fr

Claire Poisson

La rédaction vous recommande

Sur le même sujet