La vie a un prix: 83 000 Euros

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Un chantier comme un autre dans le Calvados. Juillet 2007, Sylvain, un apprenti de 16 ans, descend dans une tranchée de 2,50 m de profondeur... et meurt enseveli sous un mètre de gravats. Eboulement causé par un tractopelle conduit par un saisonnier de 17 ans. Dramatique événement, de ceux dont on aimerait ne jamais avoir connaissance. C'est pourtant loin d'être un cas isolé. Et les chiffres sont éloquents: 184 salariés du bâtiment sont décédés en 2007 en raison d'accidents du travail, selon la Caisse nationale d'assurance maladie. Un chiffre en augmentation de 16,5% par rapport à 2006. Le BTP représente à lui seul 30% des décès au travail. C'est d'autant plus regrettable que la majorité des accidents peuvent être évités en respectant quelques principes élémentaires de sécurité. En cause? L'imprudence, l'inattention, la routine, l'inexpérience, voire l'inconscience face au danger. Pourtant, la situation peut virer au drame en quelques secondes. Et cela peut vous coûter cher. De 5 à 10% de la masse salariale, selon les métiers, indique l'Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics... Dans le cas de l'employeur de Sylvain, le verdict est tombé: 8 000 Euros d'amende et 75 000 Euros de dommages et intérêts à verser à sa famille. Et, de part et d'autre, des traumatismes ad vitam aeternam.

Carine Guicheteau, Rédactrice en chef adjointe

Carine GUICHETEAU

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