Le BTP face aux défis du Grenelle de l'environnement

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Les objectifs ambitieux fixés par le gouvernement en matière d'économies d'énergie ont créé des défis de taille pour le bâtiment. Avec des conséquences pour l'emploi, mais également pour la formation.

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Réduire avant 2012 la consommation énergétique annuelle des logements neufs à 50 kWh par mètre carré, contre 240 kWh environ actuellement, c'est l'un des deux objectifs définis par le Grenelle de l'Environnement pour le bâtiment (voir l'encadré) en octobre 2007. Le second concerne le bâti existant: 31 millions de logements nécessiteraient, en effet, une rénovation thermique pour atteindre, d'ici à 2020, la nouvelle norme énergétique de 150 kWh, selon la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb).

Ces recommandations ont des conséquences importantes sur l'avenir des professions artisanales, notamment sur les besoins en main-d'oeuvre supplémentaire estimés entre 100 000, par la Fédération française du bâtiment (FFB), et 200 000 personnes, par la Capeb. Des chiffres considérables alors que le secteur manque déjà de bras.

Autre défi à relever pour le bâtiment: «Une profonde mutation pour s'adapter», estime Jean Lardin, président de la Capeb. L'organisation patronale préconise une évolution vers un «éco-artisanat», reconnu par un label, en cours d'élaboration à la confédération. Cette marque sanctionnera les connaissances des «éco-artisans» en matière d'économie d'énergie dans leur corps de métier, mais aussi leur capacité à améliorer les performances énergétiques d'un logement. Par exemple, un plombier pourra préconiser une isolation des fenêtres plutôt que l'achat d'une nouvelle chaudière.

Pour soutenir les professionnels dans cette évolution, l'Association technique énergie environnement (ATEE), qui regroupe les acteurs du secteur de l'énergie, a défini un nouveau volet de formations continues, disponibles à partir de janvier. Dispensées par les organismes agréés partenaires de la FFB, de la Capeb, de l'Afpa (Association nationale pour la formation professionnelle des adultes) et du Greta (organisme de formation continue de l'Education nationale), ces formations sont financées par les fournisseurs d'énergie dans le cadre des certificats d'économie d'énergie, et remboursées aux participants. Elles sont divisées en trois modules, de deux jours chacun. Le premier vise à identifier les éléments d'une offre globale d'amélioration énergétique, le deuxième porte sur la maîtrise des outils - notamment informatiques - pour calculer les économies et les valoriser auprès de la clientèle. Le troisième, en cours d'élaboration, approfondit les technologies propres à chaque corps de métier. L'objectif de l'ATEE est de former 50 000 professionnels du bâtiment en trois ans.

La maison de demain, présentée à Paris à l'occasion du salon Batimat, en novembre, consomme moins de 50 kWh par mètre carré et par an.

@ CAMILLE FALLET

La maison de demain, présentée à Paris à l'occasion du salon Batimat, en novembre, consomme moins de 50 kWh par mètre carré et par an.

ZOOM
Le Grenelle de l'environnement

«Lutter contre les changements climatiques et maîtriser l'énergie». C'est autour de ce thème que se sont rencontrés, à la fin du mois d'octobre, les membres du premier groupe de travail du Grenelle de l'Environnement. Sous la présidence d'un climatologue et d'un économiste, cinq collèges, représentant les différents acteurs de la société, étaient présents: l'Etat, les organisations non gouvernementales, les syndicats de salariés et des employeurs (Union professionnelle des artisans, Fédération française du bâtiment, Confédération générale du patronat des petites et moyennes, entreprises), et les collectivités locales.

Céline Keller

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