Le bâtiment se mobilise pour la reprise

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Après un début d année en repli, les artisans du bâtiment misent sur le Grenelle de l'environnement et le marché de l'accessibilité pour donner un nouveau souffle à la profession.

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Nouveau coup dur pour les artisans du bâtiment. Au premier trimestre, la profession a enregistré une baisse de 6 % de son volume d'activité par rapport à l'année dernière, selon la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) qui a publié, en avril, son rapport d'activité pour le début de l'année 2010. Une tendance qui se répercute sur l'emploi. Le secteur a enregistré plus de 45 000 pertes d'emplois en 2009 et s'attend à la destruction de 20 000 nouveaux postes en 2010. Construction, entretien-rénovation... tous les segments d'activité sont donc dans le rouge. Et aucun métier de l'artisanat n'échappe au repli : avec un recul d'activité de 9,5 %, les maçons restent les plus touchés, suivis des serruriers menuisiers électriciens (- 6 %) et des plombiers chauffagistes (- 4 %).

Les résultats ne sont pas des plus optimistes mais pour Didier Ridoret, le président de la Fédération française du bâtiment (FFB), ils doivent être analysés avec prudence. « D'une part, car nous avons déjà connu des aléas statistiques dans le passé. D' autre part, la tendance d'un trimestre, qui plus est marqué par de fortes intempéries, ne fait pas l'année ». D'autant que les professionnels du bâtiment restent convaincus que le Grenelle de l'environnement est l'une des clés de la sortie de crise. Le succès de l'Eco-PTZ mis en place il y a moins d'un an, ne se dément pas. Lancé afin d'encourager les particuliers à réaliser des travaux d'isolation dans leurs logements, ce prêt à taux zéro recense, à ce jour, plus de 100 000 signatures. Selon la FFB, cela correspond à plus de 2,5 milliards d'euros HT de commandes de travaux depuis la mi2009. Les professionnels misent également sur le marché d'adaptation de l'habitat et de l'accessibilité. Car, depuis la loi du 11 février 2005 qui exprime le principe "d'accès à tout pour tous", les établissements ont pour obligation de se mettre en conformité d'ici à 2015. Ce marché représente aujourd'hui 23 milliards d'euros. Plus de 200 000 établissements recevant du public doivent être équipés pour accueillir des personnes handicapées. Pour Gabriel Desgrouas, président de la Capeb de l'Eure, « ces nouvelles perspectives nous obligent à être des "Géo Trouve-Tout" et à innover afin de proposer des solutions adaptées aux personnes handicapées mais également aux séniors et aux enfants ».

Mallory Lalanne

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