Mon compte Devenir membre Newsletters

Le bonheur est dans l'entrepreneuriat

Publié le par

Les «petits patrons» sont heureux! C'est le résultat d'une enquête menée à l'occasion du Salon des entrepreneurs, le mois dernier. Zoom sur la vie rêvée des chefs d'entreprise. . .

 

@ PHOTOALTO / STOCKBYTE / DIGITALVISION

Dur, dur d'être un patron? En tout cas, ils sont nombreux à faire fi des difficultés puisque près de neuf dirigeants sur dix se déclarent, après trois ans d'activité, heureux d'avoir créé ou repris une entreprise. Tel est le constat dressé, en janvier, par l'APCE (Agence pour la création d'entreprise), le ministère des PME, le Salon des entrepreneurs et la Caisse des dépôts, qui se sont unis pour enquêter sur le sujet. Le résultat est sans appel: quel que soit leur parcours antérieur, les patrons déjeunes entreprises interrogés sont satisfaits de leur choix de vie. Chaque profil évoque ses raisons: l' ex-cadre met en avant son épanouissement, l'ex-ouvrier/ employé le plaisir du métier, l'ex-chômeur de longue durée la fierté de s'être dépassé, et l'ex- Rmiste la satisfaction de travailler.

La vie de dirigeant n'est pas toujours rose

Et ils peuvent être fiers. Après trois ans d'existence, leurs entreprises comptent trois salariés en moyenne, contre 1,7 au démarrage. Mais le bonheur d'entreprendre n'est pas sans nuage. «C'est une notion très subjective, reconnaît Jean-Claude Volot, président de l'APCE. L'angoisse, la trouille et les nuits blanches sont inévitables. Créer ou reprendre une affaire, c'est prendre des risques, tant professionnels que personnels. Le bonheur vient après, quand on la voit grandir.» Toutefois, les patrons ne minimisent pas les inconvénients de leur fonction. Ils déplorent un emploi du temps chargé, qui les prive de vie familiale et de loisirs. Des horaires à rallonge qui, pourtant, ne s'accompagnent pas de revenus mirobolants. Ce que confirme une récente étude de l'Insee portant sur les salaires de 2004: en moyenne, un artisan du BTP gagne 2 650 euros net par mois. Enfin, ils évoquent également le stress inhérent à leurs responsabilités.

Mais, pour autant, ils ne se verraient pas faire machine arrière. «Il est vrai que les chefs d'entreprise ont des motifs de se plaindre», concède Noëlle Bellone, déléguée général de la Fédération des entreprises et des entrepreneurs de France (FEEF) et coauteur du livre Au bonheur d'entreprendre (voir notre encadré ci-contre). «Le métier est dur et les contraintes lourdes, mais les patrons seraient malheureux autrement. Ils ne s'épanouiront jamais autant que dans le quotidien de leur entreprise.» En outre, revenir au salariat, quand on a goûté à l'indépendance, est fort difficile. A l'heure des comptes, le solde entre les difficultés et les satisfactions est donc positif. D'ailleurs, nos compatriotes ne s'y trompent pas puisque, selon une enquête réalisée en janvier par l'Ifop pour le compte de la CCI - Entreprendre en France, un Français sur cinq se déclare prêt à franchir le pas... Chose faite par bon nombre d'entre eux puisque 233 000 nouvelles entreprises ont vu le jour l'an dernier, soit 3,7% de plus qu'en 2005, selon une étude Insee du début de l'année. La jeune génération, notamment, reprend le goût d'entreprendre: 40% des moins de 35 ans ont envie de se lancer. L'apprenti créateur est séduit, en premier, par la liberté et l'indépendance que procure la fonction de chef d'entreprise. Viennent ensuite l'espoir d'amélioration de ses conditions de vie professionnelle et l'investissement personnel dans un projet qui lui tient à coeur.

Enquête
Portrait-robot du jeune entrepreneur

Quel est le profil type du dirigeant qui se lance actuellement? Selon l'enquête Le bonheur d'être chef d'entreprise, publiée en janvier dernier, c'est un homme (73% des interrogés), âgé de 30 à 49 ans (69%), qui exerce dans le même secteur d'activité que lorsqu'il était salarié (70%). D'ailleurs, il est bien souvent issu du salariat, et dans une moindre mesure a déjà tenté , l'aventure de la création d'entreprise.

Au bonheur d'entreprendre

Vingt portraits d'hommes et de femmes qui ont créé ou repris une entreprise. Leur point commun: le bonheur d'entreprendre. Ces dirigeants livrent leur parcours, leurs doutes, leurs espoirs au fil des pages. Au bonheur d'entreprendre. Noëlle Bellone et Jeanne Courouble. Editions Publibook, janvier 2007, 158p., 15 euros.

CE QU'ILS EN DISENT

«GERER MON ENTREPRISE ME COMBLE PLEINEMENT»
Retraité de la Marine à 34 ans, Laurent Pimont a réalisé un rêve qui lui trottait dans la tête depuis un bout de temps: créer son entreprise de domotique. C'est chose faite en décembre 2004. Depuis, il apprécie d'être son propre patron. «Etre chef d'entreprise colle parfaitement à mon caractère: je suis quelqu'un d'indépendant Je sais que je veux être libre, m 'investir dans un métier qui me passionne et être reconnu pour mon savoir-faire.» A l'heure actuelle, Laurent Pimont se dit satisfait à 100 % , même si en devenant son propre patron il savait à quoi s'en tenir, notamment en termes financiers. «Il ne faut pas se tromper de motivation, sinon la déception peut être grande.» Laurent Pimont, 38 ans, domoticien- électricien à La Farlède (Var)

«POUR RIEN AU MONDE, JE NE CEDERAIS MON COSTUME DE CHEF D'ENTREPRISE»
Depuis 2003, Joël Arquier, 25 ans, est le gérant d'une entreprise d'espaces verts qui emploie sept salariés. Dirigeant accompli, malgré son jeune âge, il n'a jamais été et ne sera jamais attiré par le salariat, quels que soient ses avantages. Il ne tarit pas d'éloges sur les atouts de l'entrepreneuriat. «Il n'y a jamais de routine. Cela englobe une telle diversité de tâches. . . J'ai aussi la chance d'être maître de mon organisation. Et, puis, quelle satisfaction de voir le fruit de mon travail! D'ailleurs, si d'aventure mon entreprise connaissait un sort funeste, je me débrouillerais pour remonter une affaire!» N'y a-t-il donc aucune ombre au tableau? «Si, bien sûr, concède l'artisan. Le stress et la pression. Mais j'ai le soutien indéfectible de ma femme.»
Joël Arquier, 25 ans, paysagiste à Fabas (Tarn-et-Garonne)

«LES BONS COTES FONT LARGEMENT OUBLIER LES MAUVAIS»
Maxime Mortier, jeune dirigeant d'une entreprise de plomberie de six personnes, consacre plus de 10 heures par jour à son travail, et ce du lundi au samedi inclus. «J'en profiterai plus tard! Je suis le seul à blâmer. Mais gérer une entreprise, a fortiori quand il y a des salariés, c'est beaucoup de contraintes et de stress. L'avantage, c'est que je n'ai aucun compte à rendre. Si je ne veux pas travailler un matin, c'est ma responsabilité. Etre libre n'a pas de prix.» Maxime Mortier, 33 ans, gérant d'une entreprise de plomberie à Brou (Eure-et-Loir)

)