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Les artisans tempèrent l'optimisme ambiant

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2011, l'année de la reprise? Si les prévisionnistes se veulent rassurants, les professionnels restent prudents. L'équilibre demeure fragile, la croissance restant étroitement liée aux mesures gouvernementales.

Avec une projection de croissance de 2 %, 2011 devrait être l'année du redémarrage économique dans le bâtiment. Sous quelques conditions... «La reprise aura lieu si les mesures d'incitations, gouvernementales sont maintenues », prévient Patrick Liébus, président de la Capeb. En effet, les professionnels du secteur espèrent pouvoir compter sur un certain nombre de leviers: crédits d'impôt, développement durable, Eco PTZ et PTZ+. « Ces aides à la rénovation énergétique sont indispensables pour soutenir un marché qui représente aujourd'hui 15 % des travaux d' entretien-réhabilitation», rappelle Patrick Liébus. Autre sujet d'inquiétude: le rapport de la Cour des comptes qui préconise un alignement de la TVA sur l'Allemagne, soit un relèvement du taux de 5,5 % à 7 %. Les fédérations resteront donc «attentives» en 2011, comme l'indique Didier Ridoret, fraîchement réélu à la présidence de la FFB, qui fera du maintien d'une TVA à taux réduit l'un de ses chevaux de bataille. Le coût des matériaux, toujours plus élevé, et les problèmes de trésorerie qui affectent un quart des entreprises artisanalesEtude de l'institut I+C de février 2011 réalisée pour la Capeb. posent également problème. En effet, 22 % des entreprises n'ont pas réussi à trouver de solution auprès de leur banqueEtude de l'institut I+C de février 2011 réalisée pour la Capeb.. Une situation préoccupante que pourrait aggraver la réduction des délais de paiements à 45 jours imposés par la LME (Loi de modernisation de l'économie) dès 2012.

Le secrétaire d'Etat Frédéric Lefebvre, a pourtant assuré, lors de sa rencontre avec la FFB le 18 mars dernier, que les entreprises seraient accompagnées dans ce processus. Cette rencontre a aussi été l'occasion de revenir sur le statut de l'auto-entrepreneur, sujet sensible chez les artisans. Le ministre a indiqué «qu'il n'y avait pas de raison d'être inquiet », s'appuyant sur le décret n° 2010-249 du 11 mars. Ce texte oblige les auto-entrepreneurs à prouver leur qualification professionnelle lorsqu'ils exercent une activité artisanale. Un discours qui ne convainc guère les organisations professionnelles qui ne cessent d'attirer l'attention sur les dérives de ce dispositif induisant, selon elles, concurrence déloyale et incitation au travail dissimulé.

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