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Les jeunes, des salariés comme les autres?

Publié le par

Nelly Lambert Rédactrice en chef

Nelly Lambert Rédactrice en chef

Les Français aiment faire rentrer les individus dans des cases. Le monde du travail n'y échappe pas et, dans cette logique, les jeunes auraient plutôt tendance à faire peur aux employeurs. Pas ou peu formés aux règles qui régissent l'entreprise, ils dérangent. Interviewé à l'occasion du dossier sur les jeunes et l'artisanat, un dirigeant habitué à accueillir des apprentis faisait ainsi état d'un véritable travail d'éducation, allant parfois jusqu'au B.A-Ba des règles de savoir-vivre. A l'en croire, le fossé entre l'école et l'entreprise se serait élargi. Globalement plus flous comparés à ceux des générations passées, les cadres scolaires et familiaux ne prépareraient plus à aborder l'univers de l'entreprise. Conséquence pour de nombreux jeunes: leur arrivée dans ce monde de contraintes déclenche un véritable choc culturel. Les anecdotes sont aussi nombreuses que variées. Certaines prêtent à sourire. D'autres, en revanche, interpellent tant elles mettent enjeu la sécurité des personnes sur les chantiers, comme l'exemple de ce chef d'entreprise évoquant l'arrivée pénible d'apprentis à peine sortis du lit, omettant de mettre leurs chaussures de sécurité mais jamais leur téléphone portable. . .

Bien souvent, il appartient au tuteur ou au maître d'apprentissage d'absorber ce choc. Deux attitudes se côtoient alors: décider de laisser l'entreprise en dehors de ce rôle d'éducateur ou accepter de faire avec cette donnée. L'arrivée des jeunes dans une entreprise artisanale, surtout quand elle est petite, amène son lot de bouleversements. Mais sont-ils forcément négatifs? Par leurs remises en question, parfois violentes, des tables de loi entrepreneuriales, les jeunes forcent à porter un regard neuf, donc à évoluer. Or, pour survivre, l'artisan n' est-il pas condamné à s'adapter?

«Par leurs remises en question, parfois violentes, des tables de loi entrepreneuriales, les jeunes forcent à porter un regard neuf.»

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