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Les métiers ouverts aux étrangers sur la sellette

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Xavier Bertrand veut restreindre les professions ouvertes aux travailleurs étrangers. Une mesure qui handicaperait certains métiers du bâtiment.

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@ FOTOLIA / STANISLAV KOMOGOROV

Diminuer l'immigration légale pour redonner de l'emploi aux Français, c'est l'un des objectifs avoués par Xavier Bertrand. Le ministre du Travail se place ainsi dans la droite lignée de son homologue de l'Intérieur qui souhaite faire passer l'immigration légale de 200 000 personnes par an à 180 000. Xavier Bertrand a en effet annoncé, le 17 avril, son intention de réduire la « liste des métiers en tension » définie par l'arrêté du 18 janvier 2008. Il s'agit de secteurs pour lesquels les difficultés de recrutement justifient un recours à une main-d'oeuvre étrangère légale. « Cette possibilité donnée aux TPE-PME reste pourtant indispensable aujourd'hui pour honorer nos carnets de commande, confie Geneviève Roy, vice-présidente en charge des affaires sociales à la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME). Pour certains métiers, nous sommes obligés de trouver des compétences à l'extérieur, étant donné l'inadéquation entre les postes à pourvoir et les qualifications des demandeurs d'emploi. » Un fait confirmé par la dernière enquête annuelle sur les besoins de main-d'oeuvre, publiée en avril dernier et menée par Pôle emploi avec le Credoc, qui révèle que 37,6 % des prévisions d'embauche butent sur des difficultés de recrutement. Le secteur de la construction restant particulièrement problématique (dans 54 % des cas). Des difficultés de recrutement que le ministre du Travail considère comme prioritaires. Il souhaite donc que Pôle emploi mette davantage l'accent sur la formation des demandeurs d'emploi, afin de réduire les pénuries de main-d'oeuvre sur les secteurs en tension. Cependant, « les TPE-PME ont déjà bien investi sur la formation, rappelle Geneviève Roy (CGPME). Nous développons les contrats d'apprentissages, de professionnalisation mais aussi la formation continue, notamment avec la préparation opérationnelle à l'emploi. » Des bonnes pratiques qui existent depuis de nombreuses années. La Capeb et la FFB ont notamment multiplié les opérations de promotion de leurs métiers et ont développé divers partenariats avec les professionnels de la formation, sans pour autant résoudre totalement les problèmes d'emploi dans le bâtiment.

Claire Poisson

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