Les signes de qualité, vous n'y échapperez pas

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Les signes de reconnaissance de la qualité dans la construction sont nombreux, notamment dans le secteur de l'efficacité énergétique. Vous devez donc prendre quelques précautions pour ne pas vous tromper de démarche.

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Certification, qualification, label, appellation... Autant de termes qui fleurissent dans l'univers de la construction en France. Mais comment faire le bon choix entre ces signes de qualité, très nombreux, qui attestent, à leur niveau, des compétences d'une entreprise ou de ses salariés? De fait, ils n'ont pas tous la même valeur. Leur crédibilité dépend notamment de leurs conditions d'attribution.

Pour faire le bon choix, vous devez, avant toute chose, privilégier les signes délivrés par des organismes accrédités par le Comité français d'accréditation (Cofrac). Cette association atteste en effet de la qualité de l'organisme qui vous délivrera votre sésame. Ensuite, choisissez plutôt des institutions qui comportent un grand nombre d'instances du secteur, ainsi que des membres des pouvoirs publics. Ce sont des facteurs synonymes d'exhaustivité des critères nécessaires à l'obtention de votre signe de qualité. Enfin, dernier point à contrôler, l'existence de procédures de retrait en cas de manquement aux engagements. Elles constituent un gage de sérieux.

Pour vous aider, vous pouvez vous tourner vers vos fédérations professionnelles (Capeb, FFB), mais aussi visiter le site de l'Agence qualité construction (AQC), www.qualiteconstruction.com, qui propose un guide pratique en ligne pour tout savoir des signes de reconnaissance de la qualité.

Un avantage concurrentiel

Au-delà du choix de l'organisme délivrant, l'obtention d'une certification ou d'un label résulte d'une démarche volontaire d'entreprise. Et le simple fait d'en faire état à vos clients leur montre que vous vous engagez dans l'amélioration continue de la qualité de votre société et de ses services. Un avantage concurrentiel non négligeable, d'autant plus qu'en 2011, seuls 5 % des dirigeants d'entreprises artisanales du bâtiment bénéficiaient d'un label ou d'une certification qualité environnementale, selon une enquête Ipsos pour CER France réalisée sur un échantillon de 500 entreprises artisanales de un à cinq salariés. Il est donc pertinent de vous démarquer en ajoutant cette nouvelle corde à votre arc.

Toutefois, sachez qu'une telle démarche demande une réelle implication de votre part. En clair, ne vous lancez pas à corps perdu dans une démarche très contraignante qui vous demandera un trop gros investissement en ressources financières et humaines. Allez-y plutôt par étapes. Commencez par un signe de qualité «simple», qui atteste des compétences environnementales de votre entreprise. Vous pourrez passer à des démarches de certification plus lourdes dans un second temps.

FOCUS
Que recouvrent les signes de qualité?

- Appellation
Délivrée à une entreprise sous l'égide de branches professionnelles, l'appellation informe sur les capacités ou les compétences de la société.


- Label
Ce signe distinctif, apposé sur une entreprise ou un produit, permet de reconnaître certaines caractéristiques prédéfinies, variables d'un organisme à l'autre. Par exemple, avec le label «Agréé Maisons de qualité», le constructeur affiche ses engagements en matière de qualité de construction, d'organisation et de relation avec le maître d'ouvrage. Le processus d'attribution n'est pas normalisé. Le label est délivré par un organisme «tierce partie» indépendant, composé d'instances professionnelles représentatives d'un secteur d'activité.


- Qualification
Ce signe reconnaît formellement la capacité d'une entreprise à réaliser des travaux dans une activité donnée et à un niveau de technicité défini. Il est fondé sur l'évaluation objective des moyens qu'elle met en oeuvre et la vérification de sa conformité au respect de certaines exigences. Par exemple, la qualification Qualifelec «Bâtiment communicant» concerne la réalisation d'installations en domotique et réseaux de communication, dans les locaux à usage d'habitation et le petit tertiaire. La qualification est fournie, elle aussi, par un organisme tierce partie.


- Certification
La certification de compétence est attribuée à une entreprise par un organisme de certification. Ce dernier peut être accrédité par le Comité français d'accréditation (Cofrac) sur la base de normes françaises ou internationales, attestant de l'indépendance, de la transparence et de l'impartialité de son processus de qualification.

@ FOTOLIA / N MEDIA IMAGE

Un premier pas vers l'éco-conditionnalité

Dernière raison pour franchir le cap des signes de qualité: le Grenelle Environnement. Certains d'entre eux seront bientôt obligatoires pour répondre à des appels d'offres ou pour que les travaux que vous réalisez soient éligibles aux aides de l'Etat. C'est le principe d'éco-conditionnalité des entreprises. Une charte pour sa mise en place a été signée en novembre dernier entre les professionnels du bâtiment et les pouvoirs publics. Ainsi, à partir du 1er janvier 2014, vous devrez prouver que vous possédez les compétences environnementales requises pour accéder à certains chantiers. Il suffira pour cela de bénéficier d'un signe portant la mention «Reconnu Grenelle Environnement». Effective dès le 1er janvier 2012, elle sanctionne les signes de qualité qui satisfont l'ensemble des exigences reconnues dans la charte. A l'heure actuelle, la Capeb (Eco- artisan), la FFB (Pros de la performance énergétique), Qualibat (pour ses qualifications dans les domaines de l'efficacité énergétique et des énergies renouvelables), Qualit'EnR (Qualisol, QualiPV, Qualibois, Qualipac) et Qualifelec (Qualifelec énergies nouvelles, économies d'énergie) peuvent délivrer des signes contenant cette fameuse mention. Des démarches à effectuer si vous voulez voir l'avenir en vert.

Claire Poisson

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