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Multirisques: demandez du sur-mesure

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Pour bien choisir votre contrat d'assurance, pensez à opter pour des garanties incluant des clauses spécifiques à votre activité.

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@ Digitavision

«Ematière d'assurance, le critère du prix seul ne suffit pas, il faut également que les garanties correspondent aux besoins de votre activité.» C'est le conseil prodigué par Yves Valantin, courtier au sein du cabinet Valantin et Berger à Tarare (Rhône), aux dirigeants qui souhaitent souscrire une assurance de leurs locaux et biens professionnels. Car derrière le terme générique de «multirisque professionnelle», se cache en fait une multitude de contrats. Ces offres, packagées, comprennent des garanties couvrant la responsabilité civile professionnelle de l'artisan, les dommages aux biens - locaux et matériels - avec notamment des couvertures contre l'incendie, l'explosion, le dégât des eaux, le dommage électrique, le vol, le vandalisme et le bris de machines. La plupart du temps, la garantie perte d'exploitation consécutive à un sinistre est prévue au contrat. Soit elle est intégrée dans les clauses, soit elle est proposée en option.

Néanmoins, selon les spécificités de votre activité, vous pouvez également avoir besoin de garanties particulières. Sachez que les offres des compagnies d'assurances sont de plus en plus spécialisées par grands secteurs d'activité. Dans le bâtiment, par exemple, le groupe SMA-BTP commercialise une gamme dédiée aux entrepreneurs, avec la garantie décennale (article 1792 et suivants du Code civil) obligatoire pour les artisans qui entreprennent les travaux, sauf pour les sous-traitants. Ainsi, explique Jean-Laurent Luciani, chargé d'études SMA-BTP, «nous proposons aux artisans qui hébergent leur atelier a domicile, une multirisque habitation qui prévoit également la garantie des biens professionnels, dans la limite de 8 000 euros». Ce peut être le cas du peintre qui stocke ses produits et son échafaudage dans son garage.

«Les conditions générales des contrats sont rédigées dans un jargon difficile d'accès pour les néophytes», constate le courtier Yves Valantin. Pourtant, «il est judicieux de s'y intéresser de près, afin de vérifier si les garanties sont effectivement adaptées à votre activité». Pour se prémunir au mieux contre les imprévus, les artisans doivent, par exemple, penser à s'assurer aussi lors de leur participation à des foires et des salons.

Faites un point régulier avec votre assureur

Il est également essentiel de bien décrire la nature de votre activité à votre assureur, ainsi que les aléas et autres dangers qu'elle peut engendrer. Vous stockez une matière qui peut s'avérer nocive, comme du polystyrène? Pensez à en informer votre interlocuteur habituel en lui adressant une lettre recommandée, avec accusé de réception, pour valider que la garantie sur le matériel exposé est bien valable. N'hésitez pas non plus à dresser avec lui un état des lieux des locaux où seront précisées la superficie de l'atelier, sa configuration, et d'autres particularités utiles. Puis, tout au long de la vie du contrat, faites un point annuel ensemble. Vous vous agrandissez, vous diversifiez votre activité en créant un nouveau poste de travail, ou bien l'entreprise déménage? Vérifiez systématiquement que le contrat est toujours d'actualité.

Afin de trouver la meilleure garantie pour votre activité, ne faites pas l'impasse d'un comparatif entre les différentes offres. Les assureurs se scindent en deux principales familles: les agents généraux, qui représentent une seule et même compagnie d'assurances, et les courtiers, qui commercialisent les contrats de plusieurs sociétés et n'hésitent pas à faire jouer la concurrence.

Par ailleurs, recenser précisément l'ensemble du matériel utilisé permet de procéder aux bons arbitrages entre différentes options, à condition de noter en face de chaque équipement listé, sa valeur. Ainsi, explique Maryse Gesse, responsable du marché des professionnels à la direction marketing des Mutuelles du Mans Assurances - MMA, «certains ateliers seront plus sensibles à des dommages électriques et informatiques - les garages, par exemple, avec le matériel électronique -, d'autres au vol. Déterminer le degré d'exposition au risque permet aussi de choisir la garantie adaptée et son montant».

Le second critère de choix de votre multirisque est d'ordre financier. Face à l'étendue des offres, où placer le curseur? Les compagnies possèdent chacune leur politique de prix et d'indemnisation. Mais elles ne divulguent pas les tarifs de leurs polices, car ceux-ci sont calculés, au cas par cas et selon plusieurs critères: la surface du bâtiment (en mètres carrés), la valeur déclarée du matériel (neuf/occasion/taux d'usure), et des marchandises, l'effectif de l'entreprise assurée, et enfin, le montant des garanties et des franchises choisies par l'assuré. Là encore, Maryse Gesse, de MMA, prône «une solution sur mesure». Pour elle, le montant des garanties doit s'adapter à la valeur du local, du matériel et des stocks. Car en dépend le montant de l'indemnisation. Les assureurs distinguent, en effet, valeur à l'état neuf et valeur vénale. La première vous permet de vous rééquiper à l'identique en cas de sinistre. La seconde, en revanche, tient compte de l'obsolescence (taux d'usure) de votre matériel. De ce fait, l'indemnisation risque d'être insuffisante pour racheter du matériel équivalent. C'est vrai pour les équipements informatiques, mais cela peut l'être aussi pour certaines machines. Certains contrats, comme la «Protection professionnelle des artisans du bâtiment» (PPAB) de SMA-BTP, garantissent la valeur à neuf pour les locaux et «la valeur déclarée par l'artisan, sans limites dans le temps, pour le contenu professionnel», explique Jean- Laurent Luciani. Dans d'autres cas, des clauses limitent dans le temps le remboursement valeur à neuf, à compter de la date d'achat du matériel. Passé un certain délai, variable, l'indemnisation est calculée «à dire d'expert», c'est-à-dire en fonction de l'estimation réalisée sur expertise, majorée ou non par l'assureur.

Côté franchise, vous êtes seul juge: c'est le montant résiduel qui demeure à votre charge en cas de sinistre. Mais plus le montant de la franchise est bas, plus les cotisations sont chères. C'est un arbitrage personnel à effectuer. Néanmoins, n'hésitez pas à comparer les produits car d'un assureur à l'autre, les franchises font le grand écart. Par exemple, la Maaf offre quatre niveaux de franchise, de 92 à 551 euros tandis qu'Aviva Assurances propose des franchises à la carte en fonction des souhaits des clients. Attention, ne vous laissez pas séduire par le montant modéré de la cotisation annuelle, car la protection prévue au contrat ne sera pas forcément la mieux adaptée à votre situation.

Enfin, si votre contrat d'assurances ne vous satisfait plus, sachez que vous pouvez le résilier deux mois avant sa date d'échéance. L'avis d'échéance annuelle de prime vous indique d'ailleurs la date limite de votre droit à résiliation. Si cet avis vous est adressé moins de 15 jours avant ou après cette date butoir, vous disposez alors de 20 jours pour dénoncer la reconduction du contrat.

Véronique Méot

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