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Pourquoi accueillir un apprenti étranger?

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Ouvrir les portes de votre structure à un apprenti étranger est une piste originale de transmission de votre savoir-faire et un bon moyen pour valoriser votre identité hors frontières. Cette démarche permet d'apporter une ouverture interculturelle à votre équipe.

Denis Boy, menuisier en Auvergne, s'est lancé, en ce début d'année, un nouveau défi. Donner une dimension européenne à son entreprise en accueillant, durant deux ans, Christoph, un jeune apprenti allemand. « L'apprentissage fait partie des missions d'une entreprise. Mais en privilégiant l'accueil d'un apprenti étranger, je découvre des savoir-faire différents et je donne un nouveau souffle à mes équipes », explique Denis Boy. En effet, les collaborateurs se fédèrent autour d'un projet commun, à savoir l'intégration et la réussite du jeune. Denis Boy a profité de l'arrivée de Christoph pour responsabiliser ses salariés. « Je leur ai demandé de le conseiller et de suivre son évolution professionnelle. Ils développent ainsi leur capacité d'initiative et apprécient cette relation de confiance. » En transmettant leur savoir-faire, les salariés vont eux-mêmes faire un point sur leurs connaissances et leurs techniques. Ils peuvent aussi, tout comme le dirigeant, découvrir une autre culture et approfondir leurs compétences linguistiques. « J'avais une petite appréhension par rapport à la langue car je parlais peu l'allemand. Au final, il suffit d'utiliser les mots les plus courants et les plus simples pour instaurer un dialogue », confie Denis Boy. Selon Lucien Boiché, responsable du Pôle emploi et formation au sein de la chambre de commerce et d'industrie de Lyon, ce type de démarche présente un autre avantage. « L'entreprise peut étendre son champ d'action à l'étranger en s'appuyant sur le rayonnement de l'entreprise étrangère qui envoie l'apprenti, du centre de formation et de ses partenaires. C'est souvent en accueillant un apprenti étranger que le dirigeant prend conscience qu'il peut se lancer dans l'export. »

Peu de formalités administratives

Si le potentiel est réel, il est encore sous-évalué par les entreprises françaises. « Les dirigeants pensent que les contraintes administratives sont nombreuses et chronophages, ce qui n'est absolument pas le cas. Pour lutter contre les a priori, nous mettons l'accent sur la sensibilisation et l'information des dirigeants via nos sites internet ou nos publications », explique Lucien Boiché (CCI de Lyon). Les formalités peuvent être bouclées en moins de dix jours, notamment lorsqu'il s'agit d'accueillir un apprenti européen. Il suffit pour le dirigeant de faire connaître les besoins de son entreprise auprès du centre de formation des apprentis, situé dans son secteur géographique, de la chambre des métiers, des organisations professionnelles, des syndicats ou encore des associations comme les compagnons du Devoir.

Ces institutions accompagnent les entreprises et leur indiquent la marche à suivre. Si la structure se tourne vers un apprenti espagnol, grec ou italien, une convention de stage doit être signée entre les deux parties. Le jeune ne peut prétendre à aucune rémunération, mais peut bénéficier d'une gratification lorsque le stage excède deux mois; il perçoit, dans ce cas, une indemnité financière d'environ 400 euros nets par mois de la part de l'entreprise française. En revanche, en Allemagne, au Luxembourg, au Danemark, en Autriche ou encore en Pologne, il s'agit d'une convention de mise à disposition, puisque ces pays pratiquent plus volontiers les formations en alternance que les périodes de stage. « Le salaire du jeune en contrat d'apprentissage s'aligne sur la rémunération des apprentis français, soit 50 % du Smic, payé, le plus souvent, par l'entreprise étrangère », explique Lucien Boiché. Il est fortement conseillé au dirigeant d'accueillir le stagiaire sur une période de trois semaines minimum pour que le jeune ait le temps de s'adapter à son nouvel environnement et d'appréhender la culture du pays. « Certains centres de formation organisent des sorties pour faciliter cette intégration et découvrir les spécificités locales. Ils proposent aussi des solutions d'hébergement, en internat, en résidence ou au sein de foyers pour jeunes », rappelle Lucien Boiché. De son côté, Denis Boy a mis en place un système de déjeuners hebdomadaires et de réunions quotidiennes. Une bonne façon d'initier son apprenti à la culture française.

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