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Pourquoi adhérer à une organisation professionnelle?

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En tant qu'artisan indépendant, vous devez souvent vous débrouiller seul en cas de problème. Pourquoi ne pas adhérer à une organisation professionnelle? Ses missions: vous aider dans la gestion de votre affaire et défendre les intérêts de votre métier.

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Quelques mois après notre installation, mon mari et moi avons ressenti le besoin de nous rapprocher d'une fédération professionnelle.» Catherine Arnoult et son époux gèrent une entreprise d'électricité à Paris, dans le XVIe arrondissement. «Nous avons vite compris que nous ne pouvions pas nous en sortir seuls. Nous avions besoin de disposer de textes de loi, de normes et de documents techniques unifiés.» Des informations précieuses mais difficiles à obtenir. D'où leur choix d'adhérer à la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) dès 1990. Une décision que les époux Arnoult ne regrettent pas: «Depuis, lorsque nous avons un problème d'ordre juridique, il est traité en deux heures.» Le tout pour une cotisation annuelle de 250 euros.

«Une adhésion à une organisation professionnelle, c'est comme une inscription à un club de foot, aime à répéter Marie-Christine Danel, secrétaire générale du syndicat du génie climatique du Nord-Pas-de-Calais. Pour l'amortir, il faut s'en servir!» Cette organisation, l'une des branches métier de la Fédération française du bâtiment (FFB), a pour vocation de répondre aux besoins en tous genres de ses adhérents. «Nous avons énormément de demandes, mais rarement deux fois la même question», souligne la secrétaire générale. Vrai centre de renseignements, l'organisation assure à ses adhérents une assistance dans des domaines aussi variés que la formation, le recrutement, le droit ou les assurances. Elle dispose d'une équipe de permanents et de conseillers professionnels chargés de répondre aux questions techniques. En revanche, le seul aspect sur lequel le syndicat met un point d'honneur à ne pas intervenir, c'est le commercial. «Chaque artisan doit être en mesure de fixer ses prix et ses conditions. Nous ne voulons pas nous immiscer dans le jeu de la concurrence.»

Marie-Christine Danel, secrétaire générale du syndicat du génie climatique du Nord-Pas-de-Calais

Notre rôle est de conseiller les artisans, pas de nous immiscer dans le jeu delà concurrence.

D'innombrables contraintes réglementaires

Ce besoin de services semble être la première raison pour laquelle les artisans se rapprochent d'une organisation professionnelle. Une idée que confirme Alain Bethfort, président du Conseil national de l'artisanat au sein de la FFB, qui compte 56000 adhérents, dont 41 000 artisans. «La FFB est le plus important cabinet d'avocats en France», sourit-il. De fait, l'assistance juridique représente 50000 consultations par an, établies par le biais des 97 fédérations départementales. «Ce n'est pas parce que la plupart de nos adhérents sont de petites structures qu'ils sont dispensés de se plier à d'innombrables contraintes réglementaires.» Obligations que les organisations professionnelles suivent pour vous et vous restituent de façon simplifiée. Par exemple, le débat actuel sur la TVA à 5,5 % sur les travaux de rénovation fait rage au sein des fédérations. Des réunions d'information sont organisées sur tout le territoire et rassemblent de nombreux artisans, soucieux de se conformer à leurs devoirs. Environ 80 participants sont ainsi inscrits à chaque réunion organisée dans le département de la Somme. «Notre principale préoccupation est d'accompagner les entreprises dans leur développement», résume Alain Bethfort.

Une vocation que confirme Jean-Claude Jouan, secrétaire général de la section départementale des Côtes-d'Armor de la Capeb. «Nous intervenons en complément du comptable, qui est, bien souvent, le seul partenaire extérieur de l'artisan. Lui s'occupe du bilan de l'entreprise, de la paie, des aspects fiscaux, de la facturation... Quant à nous, nous nous chargeons plutôt des aspects métier, comme le suivi de la réglementation technique et la formation.»

Informert et former

Après avoir effectué ce travail de veille technique et réglementaire, les fédérations vous informent. Leurs relais d'information sont divers et variés. L'Union professionnelle artisanale (UPA) dispose ainsi d'un site Internet, d'une lettre papier bimensuelle ((La Brève) et de diverses publications thématiques. La FFB propose également une lettre papier bimensuelle (Bâtiment Actualité), ainsi que des suppléments thématiques (BAéco, BAmétiers et BAman@gement). Bien souvent, les sections départementales éditent leur propre bulletin hebdomadaire ou mensuel et même, parfois, leur newsletter sur Internet. Le service aux entreprises est assuré par une équipe de permanents et de syndicalistes. Que ce soit par téléphone, sur rendez-vous ou par le biais de visites dans les entreprises, les fédérations sont présentes au jour le jour pour aider leurs adhérents dans leur activité. Trois thèmes sont privilégiés. Le premier concerne les relations avec les salariés. Si 53 % des artisans n'ont pas de salariés, selon la Confédération nationale de l'artisanat et des services (Cnams), de nombreux dirigeants de TPE sont amenés, un jour ou l'autre, à embaucher. Leur fédération se charge, alors, de rédiger pour eux la déclaration préalable à l'embauche, d'élaborer le contrat de travail et de déclarer le salarié auprès de l'Urssaf et des Assedic. Dans le même registre, la Capeb vient de signer une convention avec la Direction nationale du travail. Elle donne lieu à une action de Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), qui consiste en des entretiens gratuits avec des spécialistes des ressources humaines, permettant d'identifier les besoins en recrutement des dirigeants adhérents, puis d'aider les artisans à trouver les candidats correspondant à leur demande. Aujourd'hui, environ la moitié des Capeb départementales ont adopté la GPEC.

Attention, les services offerts varient selon les départements. A vous de vous renseigner pour faire le bon choix. Outre des conseils sur le recrutement et le droit social, la Capeb des Côtes-d'Armor a mis en place une cellule de médiation. Sa vocation? Régler les éventuels litiges entre patrons et salariés. «Un dialogue social est organisé entre syndicats patronaux et ouvriers», explique Jean-Claude Jouan. En cas de désaccord, les deux parties peuvent saisir la cellule. Un juriste de la Capeb analyse la situation et fait une proposition, afin de régler le litige. Les deux parties sont ensuite libres d'accepter ou de refuser cette préconisation.

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Témoignage
Patricia Belmonte, chauffagiste en Haute-Garonne et présidente de la section génie climatique de la FFB du département.

«Mon objectif? Faire le lien entre les adhérents de ma section»


«Quand j'ai repris l'entreprise de mon père, je me suis sentie particulièrement isolée, se souvient Patricia Belmonte. Il est difficile de se faire accepter en tant que femme dans le secteur du bâtiment» Aussi rejoint-elle, en 1992, le groupe de femmes créé par la FFB de la Haute-Garonne. «Mais les femmes qui participaient à ce groupe étaient surtout des conjointes d'artisans. Moi, en tant que chef d'entreprise, j'avais un statut différent»
Patricia Belmonte choisit de se diriger vers la section génie climatique, l'une des branches métier de la FFB. Elle en est présidente depuis maintenant trois ans. «Les métiers du chauffage et du sanitaire sont très techniques et évoluent rapidement Les artisans doivent avoir la possibilité d'accéder à des informations précises et fiables.» Pour ce faire, elle s'efforce d'organiser des réunions à la demande de ses adhérents, en cas de doute ou de problème par rapport à une nouvelle réglementation. Comme cela peut être actuellement le cas avec la libéralisation des marchés de l'énergie. Et ce, en plus des deux réunions annuelles avec le syndicat départemental, l'assemblée générale au niveau national et les réunions mensuelles avec les présidents des différentes sections professionnelles. «En tant que présidente, je me donne comme objectif de faire le lien entre les adhérents de ma section, car l'artisan aime travailler seul et n'a pas forcément le réflexe de s'adresser à ses confrères. En revanche, une fois qu'il a obtenu une réponse, il revient facilement vers nous.»

Repères

- RAISON: Belmonte Services
- VILLE: Toulouse (Haute-Garonne)
- DIRIGEANT: Patricia Belmonte, 50 ans
- EFFECTIF: 12 personnes
- CA 2005: 1 million d'euros

Apporter un soutien technique

Deuxième thème sur lequel interviennent les organisations professionnelles: les problèmes de chantier. Leur service technique vient ainsi au secours des artisans en cas de litige, mais également pour les informer sur la réglementation technique, la sécurité ou encore les marchés publics. De même, les artisans peuvent se tourner vers leur syndicat lorsqu'ils souhaitent faire valider leurs relations contractuelles avec des clients ou donneurs d'ordres. «Nous délivrons nos préconisations en termes de contrats, de garanties ou de sous-traitance», souligne Jean-Claude Jouan, de la Capeb 22. Des thèmes parfois difficiles à traiter pour un artisan davantage préoccupé par la technique. «Sans le soutien et les conseils de ma fédération, j'aurais été en peine de rédiger correctement un contrat», confesse Catherine Arnoult, conjointe collaboratrice dans une entreprise d'électricité, à Paris, et membre de la Capeb 75.

Enfin, les fédérations jouent un rôle actif dans la formation des chefs d'entreprise de leur profession, ainsi que de leurs conjoints et salariés. Gérard Petit, artisan-traiteur à Soissons, qui adhère à l'Union départementale de la boucherie-charcuterie-traiteur de l'Aisne, apprécie de pouvoir se mettre régulièrement à niveau. «Les réglementations nous contraignent a adopter perpétuellement de nouvelles méthodes, notamment en termes d'hygiène. Grâce à ces stages, nous sommes certains d'être aux normes.»

La Capeb, par exemple, organise de nombreuses formations pour permettre aux artisans de se mettre à niveau en cas d'évolution technique. C'est le cas de la cellule des Côtes-d'Armor, qui travaille avec les Associations de formation professionnelle des adultes (Afpa) de Saint-Brieuc et Loudéac. «Les entreprises viennent vers nous afin que nous les accompagnions dans le montage de leurs dossiers déformation», souligne Dominique Marquand, secrétaire général de la Capeb Bretagne. Le rôle de la fédération varie, selon l'avancée du projet. Si l'entreprise le souhaite, elle peut faire appel à ses services dès la phase de démarrage. A contrario, si le projet est déjà «mûr», la Capeb se contentera d'en assurer le suivi. De son côté, la Capeb des Bouches-du-Rhône a mis en place des stages de formation dans trois domaines: connaissances techniques, gestion de l'entreprise/ informatique et développement de la personnalité. En outre, une formation complète destinée aux conjoints d'artisans a été créée. S'étalant sur deux ans, à raison d'un ou deux jours par mois, ce stage permet d'acquérir toutes les connaissances nécessaires à la gestion d'une entreprise artisanale. Un examen, reconnu de niveau baccalauréat, peut être présenté en fin de formation. Les frais sont généralement pris en charge par les Fonds d'assurance formation (Faf) Le Fonds d'assurance formation (Faf finance la formation des chefs d'entreprises artisanales et de leurs conjoints non salariés (loi 82-09 du 23 décembre 1982). Toute entreprise artisanale est rattachée à deux fonds d'assurance formation: un Faf régional, géré par la Chambre régionale de métiers et de l'artisanat, et un Faf national (ou Faf de branche) déterminé en fonction du code activité de l'entreprise .

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Témoignage
Maurice Di Giusto, installateur sanitaire à Mulhouse et conseiller à la Capeb nationale

«Nous devons nous battre pour qu'on ne nous impose pas de réglementations trop contraignantes»


Vice-président de la corporation des installateurs sanitaires du Haut-Rhin Sud, Maurice Di Giusto fait également partie d'un groupe de sept conseillers professionnels de la Capeb pour les métiers du chauffage et du sanitaire. A ce titre, il participe régulièrement à des réunions à Paris, avec les responsables des instances à l'origine des réglementations techniques. Par exemple, la révision des Documents techniques unifiés (DTU), qui contiennent les règles techniques relatives à l'exécution des travaux des bâtiments, s'opère en concertation avec les professionnels. «Il est important que nous prenions part aux débats en amont. Nos métiers sont en train de prendre un virage à 180 degrés, notamment en raison de l'ouverture des marchés de l'énergie, et nous devons nous battre pour qu'on ne nous impose pas de réglementations trop contraignantes.»
Par ailleurs, Maurice Di Giusto se félicite de disposer, par le biais des confédérations, d'une source d'information indispensable. «Cela nous permet d'être en règle, surtout en termes d'assurance.»

Repères

- RAISON SOCIALE: Di Giusto
- VILLE: Mulhouse (Haut-Rhin)
- DIRIGEANT: Maurice Di Giusto, 50 ans
- EFFECTIF: 19 salariés
- CA 2005: 1,2 million d'euros

L'union fait la force

Mais la première motivation de bon nombre d'adhérents d'une fédération reste la volonté de rompre le sentiment d'isolement. «L'artisan doit pouvoir se sentir dans sa profession comme au sein d'une famille» , illustre André De Luca, représentant de la Confédération nationale de l'artisanat, des métiers et des services (Cnams) pour la région Rhône-Alpes. Ce besoin de soutien collectif, la plupart des artisans l'éprouvent au bout de quelques années. «C'est lorsque leur entreprise commence à se développer et que des problèmes se posent qu'ils ressentent le besoin de se fédérer, observe Patricia Belmonte, chauffagiste à Toulouse et présidente de la section génie climatique de la FFB de la Haute-Garonne. Moi-même, je me suis syndiquée pour ne pas rester isolée.»

Et de fait, l'union faisant la force, les fédérations professionnelles mènent à bien un véritable travail de lobbying. Présentes dans toutes les instances dans lesquelles les intérêts du secteur sont enjeu, elles ont pour mission de défendre leur profession auprès de l'administration, des pouvoirs publics, des décideurs économiques ou encore des acteurs de la construction. Ainsi, la FFB a noué des partenariats avec l'ANPE, les caisses de vieillesse et maladie et même les tribunaux de commerce. Elle oeuvre, en outre, afin d'alléger les contraintes qui pèsent sur le secteur du bâtiment. Ses chevaux de bataille? La simplification de la TVA, la réduction du coût du travail et la baisse des prélèvements obligatoires. Elle cherche également à dynamiser la politique sociale de la profession grâce au dialogue avec les partenaires, tente de développer la prévention et la sécurité au travail et entend valoriser l'image du bâtiment par la formation des salariés, l'accueil des jeunes, la qualification et la certification des entreprises.

Enfin, les organisations professionnelles interviennent à chaque étape de l'élaboration des projets de textes réglementaires. Elles donnent leur avis sur les décisions prises par les politiques et s'efforcent de les influencer dans un sens favorable à leurs entreprises. La Capeb comme la FFB ont récemment fait entendre leur voix auprès des pouvoirs publics - et même organisé des manifestations - afin d'obtenir une simplification de la TVA à 5,5 %. «Notre rôle est de faire remonter les besoins du terrain et d'amener nos dirigeants à en tenir compte, résume Jean-Claude Jouan (Capeb 22). Ces batailles peuvent paraître abstraites aux yeux des artisans, mais elles sont pourtant la raison d'être d'une organisation professionnelle.»

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Jean-Claude Condou, secrétaire général de la Capeb nationale

Nous avons obtenu qu'une plus grande place soit accordée aux marchés en lots séparés, afin que les petites structures y aient plus facilement accès.

Les principaux acteurs

De nombreuses victoires sociales

Des exemples de succès? Grâce à l'influence exercée par leurs fédérations, les artisans ont obtenu, en mai 1995, un régime obligatoire d'indemnités journalières en cas de maladie ou d'accident. Peuvent aujourd'hui en bénéficier tous les assurés cotisant au régime obligatoire d'assurance-maladie des professions indépendantes et relevant du régime d'assurance-vieillesse des artisans. Autre victoire des fédérations artisanales: grâce au décret du 8 juin 2000, l'indemnité journalière est attribuée au bout de trois jours en cas d'hospitalisation et de sept jours en cas d'accident ou de maladie. Auparavant, ce délai de carence, durant lequel l'artisan ne percevait aucune indemnité, était de quinze jours. «Nous nous sommes battus pendant des années, auprès du ministère des Affaires sociales, du Premier ministre et du Parlement, afin d'obtenir la parution de ce décret, se souvient Jean-Claude Condou, secrétaire général de la Capeb nationale. Et ensuite, il a fallu faire en sorte que le collège des artisans, au sein de la Caisse d'assurance-maladie des artisans, vote pour le régime des indemnités journalières.»

Pour le porte-parole de la Capeb, la réforme du Code des marchés publics est une autre bataille gagnée par les fédérations professionnelles d'artisans du bâtiment. «Nous avons obtenu qu'une plus grande place soit accordée aux marchés en lots séparés, afin que les petites structures y aient plus facilement accès »,plaide-t-il. A son palmarès, la Capeb revendique également la retraite à 60 ans, la protection de la résidence principale en cas de cessation d'activité et, plus récemment, la protection sociale des conjoints.

Témoignage
Stéphane Besnard, menuisier dans les Côtes-d'Armor et adhérent Capeb

«Je ne veux pas être seul en cas de pépin»


Adhérent à la Capeb de son département depuis 2000, Stéphane Besnard considère que l'on est toujours mieux entendu en étant plusieurs. «Un artisan seul n'a pas de poids et, de surcroît, pas le temps de s'informer sur l'évolution de son métier. Or, la Capeb nous fait parvenir, tous les mois, des fiches techniques concernant les nouvelles réglementations et les conséquences pour notre activité.» En outre, Stéphane Besnard se réjouit de toujours trouver quelqu'un de disponible pour répondre à ses questions, notamment d'ordre juridique. «Si l'on rencontre un problème sur un chantier, les experts en droit de la Capeb nous indiquent comment procéder. Ils nous disent si nous devons envoyer une lettre recommandée ou consulter notre avocat.» En outre, le menuisier participe à des formations sur des thèmes variés. Récemment, il a suivi, avec ses six coéquipiers, une formation gratuite sur les premiers gestes de secours en cas d'accident. De même, lui et son épouse ont assisté à une réunion sur les statuts du conjoint. «Cela va nous aider à choisir le statut le mieux adapté à notre façon de travailler au quotidien.»

Repères

- RAISON SOCIALE: Menuiserie Besnard
- VILLE: Saint-Glen (Côtes d'Armor)
- DIRIGEANT: Stéphane Besnard, 36 ans
- EFFECTIF: 6 salariés et 1 apprenti
- CA 2005: 700 000 euros

Des combats au sommet

En participant au dialogue avec les instances, les organisations professionnelles tentent, par ailleurs, de développer la commande publique. Elles incitent les collectivités locales à investir afin de conserver et de rénover leur patrimoine. La FFB mène une politique active pour promouvoir, auprès des propriétaires privés de bâtiments anciens, les avantages du label fiscal, qui leur procure une réduction d'impôts s'ils entreprennent des travaux de rénovation. Elle forme les artisans aux spécificités du bâti ancien et veille, par ce biais, à garantir aux clients finaux une qualité constante de prestation. Dans le même esprit, elle a créé, en 2004, le Certificat d'identité professionnelle (CIP) mention patrimoine, afin d'aider les entreprises à faire connaître leurs compétences en termes de rénovation de l'ancien. «Nous oeuvrons au quotidien pour que le marché soit porteur et que les artisans sachent en saisir les opportunités», précise Alain Bethfort, du Conseil national de l'artisanat de la FFB. Et force est de constater que les efforts des élus portent leurs fruits. Selon la FFB, 160000 emplois ont été créés en sept ans et les salaires dans le bâtiment ont augmenté de 30 % depuis 2001. «Nous avons lutté pour promouvoir les métiers du bâtiment auprès des jeunes et pour revaloriser les salaires dans le secteur, en gardant en tête l'idée qu'une entreprise qui se développe est une entreprise qui embauche», souligne Alain Bethfort.

Témoignage
Pierre Mas, gérant d'une entreprise de plomberie-chauffage en Haute-Garonne et adhérent Capeb

«J'avais envie d'être acteur, et pas seulement spectateur»


Pour Pierre Mas, s'affilier à une organisation professionnelle coulait de source. Le plombier a donc adhéré à la Capeb sitôt après avoir créé son entreprise, en 1989. «En me liant à une fédération, j'accédais à un réseau relationnel important, qui me permettait d'obtenir toutes les informations dont j'avais besoin: les nouveautés techniques, juridiques ou fiscales par exemple.» Ensuite, les années passant et l'expérience aidant, l'artisan a voulu faire partager son expérience. «J'ai été rattrapé par la fibre syndicale», s'amuse-t-il. Après être entré au bureau de la Capeb 31, il en est devenu le trésorier et, enfin, il y a trois ans, le président de la section CPC (Couverture, plomberie, chauffage). Bien sûr, cette responsabilité lui demande du temps: chaque mois, Pierre Mas y consacre vingt à trente heures, sans compter les coups de téléphone passés à longueur de journée.
«Mais cela ne me dérange pas, plaide-t-il. J'avais envie d'être acteur, et pas seulement spectateur.» Aujourd'hui, 440 des 1070 entreprises départementales du secteur en sont adhérentes, soit plus de 40%. Une proportion qui réjouit Pierre Mas. «Un artisan, par nature, est individualiste. C'est pourquoi je suis ravi qu'autant d'entre eux aient compris leur intérêt commun à se regrouper.»

Repères

RAISON SOCIALE: Plomberie-chauffage Mas
- VILLE: Ramonville-Saint-Agne (Haute-Garonne)
- DIRIGEANT: Pierre Mas, 45 ans
- EFFECTIF: 7 personnes
- CA 2005: 375 000 euros

Valoriser les compétences des entreprises

De son côté, la Capeb planche, depuis quelques années déjà, sur la thématique porteuse du développement durable. «Il doit devenir une préoccupation majeure pour nos entreprises», argumente Jean-Claude Jouan, de la Capeb 22. En novembre dernier, la Confédération a constitué un groupe de travail sur l'éco-construction, qui réunit toutes les professions du bâtiment. Plus d'une quarantaine d'entreprises ont déjà manifeste leur souhait d'y participer. Gilbert Ravaudet, gérant d'une entreprise de maçonnerie à Saint-Jouan-de-l'Isle, dans les Côtes-d'Armor, en fait partie. «Il existe une vraie demande de la part de la clientèle, remarque-t-il. Le groupe éco-construction va nous permettre de repérer des entreprises capables de satisfaire les attentes de la clientèle.» De quoi constituer, à terme, un réseau d'artisans «verts» aptes à capter ce marché porteur. Dernier combat en date pour la Capeb: le projet de suppression de l'abattement fiscal de 20 % dont profitent, actuellement, les artisans adhérents des Centres de gestion agréés (CGA), projet inscrit dans la Loi de finances 2006. Au printemps dernier, l'Union professionnelle artisanale (UPA) nationale a rédigé une motion dénonçant ce qu'elle considère comme une iniquité. A la Cnams et la Capeb, on est déterminé à se battre jusqu'au bout pour faire en sorte que tous les artisans, adhérents ou non à un CGA, soient logés à la même enseigne.

L'action des syndicats est donc loin d'être vaine. Elle profite même très directement aux professionnels du secteur. Reste que la «guéguerre» Capeb-FFB, qui se cristallise notamment sur la taille de leurs entreprises adhérentes, joue sans nul doute en défaveur de ces syndicats qui, pourtant, oeuvrent tous dans le même sens. Car au fond, si les différentes fédérations ne parlent pas toujours d'une même voix, elles parviennent bien souvent à s'entendre sur le terrain, pour coordonner leurs actions. Exemple à Toulouse, où la Capeb et la FFB se sont unies pour créer une carte d'identité pour chaque salarié, afin de lutter contre le travail au noir. Un an et demi plus tard, les premiers résultats se font sentir: le travail clandestin aurait diminué d'environ 20 %.

A SAVOIR

UN ROLE DANS LA FORMATION DES JEUNES
Les unions professionnelles sont parties prenantes dans la formation des futurs représentants de leurs métiers, puisque la plupart d'entre elles gèrent les Centres de formation des apprentis (CFA) de leur secteur d'activité. Des élus participent à l'élaboration des programmes et sujets d'examen et assistent aux jurys.

PRATIQUE

OU VOUS RENSEIGNER?
www.ffbatiment.fr:
Le site de la Fédération française du bâtiment fournit les coordonnées de toutes les sections départementales par métier, ainsi que des dossiers d'information sur les cotisations sur les salaires, la formation, l'accueil et intégration des jeunes, etc.
www.capeb.fr: Sur le site de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment, vous trouverez des liens vers les sites de toutes les Capeb départementales, ainsi que leurs coordonnées. Des dossiers sur le développement durable ou le statut du conjoint sont également disponibles.
www.cnams.fr: Le site de la Confédération nationale de l'artisanat, des métiers et des services donne les coordonnées de toutes les unions professionnelles départementales et toute l'actualité des professions de l'artisanat.

Faustine Sappa

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