Prévenir les troubles musculaires

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TMS. En France, le bâtiment est le secteur le plus touché par les maladies professionnelles avec, en tête, les troubles musculo-squelettiques. En progression constante, ils sont devenus un enjeu majeur de santé publique.

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Les douleurs musculaires, mal du siècle? Sûrement, si l'on en croit les derniers chiffres de la Caisse nationale d'assurance maladie. Reconnus depuis peu comme responsables de maladies professionnelles, les troubles musculo-squelettiques (TMS) en sont la première cause dans le secteur du bâtiment (dans 9 cas sur 10). A l'origine de près de 75 % des incapacités permanentes, ils sont toujours en progression, contrairement aux autres secteurs.

La campagne de l'OPPBTP pour lutter contre les TMS a été lancée en novembre 2009.

La campagne de l'OPPBTP pour lutter contre les TMS a été lancée en novembre 2009.

Reconnaître les TMS

Tout passe par l'analyse des risques. Pour rappel, celle-ci est obligatoire. Comme ceux qui touchent les systèmes auditif ou respiratoire, les risques de TMS doivent être répertoriés. Au chef d'entreprise ensuite de mettre en place les moyens de lutte appropriés. « L'accumulation des facteurs de risques doit alerter le chef d'entreprise », explique Dominique Dubois-Picard, chef de projet sur les conditions de travail et spécialiste des TMS à l'Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP). Ceux-ci peuvent être organisationnels (rapidité d'exécution, nécessité de porter des charges pour pallier le manque de main-d'oeuvre) ; biomécaniques (gestes répétés, mauvaises postures, sollicitation trop grande des articulations, etc.) ; ou encore individuels (ancienneté dans la profession, âge ou sexe). A ceux-là s'ajoutent les facteurs aggravants que sont le froid, les vibrations, le stress... « C'est la combinaisons de ces différents facteurs qui engendre les TMS. Un certain nombre peuvent cependant être gérés, notamment les contraintes organisationnelles. » La lutte contre ces troubles doit donc être vue comme un moyen de revoir le schéma de fonctionnement de l'entreprise.

C'est par des initiatives originales et pratiques que les choses évoluent. Ainsi, une entreprise de maçonnerie de cinq personnes en Alsace a choisi d'utiliser des grues mobiles pour ses chantiers, qu'elle mutualise avec d'autres entreprises. Ensemble, ils peuvent proposer un package complet au client, tout en facilitant le travail des équipes sur les chantiers.

Outre les facteurs organisationnels, il est possible de limiter les risques en prenant quelques précautions. C'est ce que rappelle l'OPPBTP à travers ses quatre commandements, mis en ligne avec d'autres outils de sensibilisation, sur un site dédié à cette problématique: www.tmsbtp-attentionfragile.fr Il existe des solutions qu'il est nécessaire de mettre en place. Il faut organiser des micro-pauses de récupération, afin d'éviter que la fatigue musculaire ne s'installe. Autre consigne, les salariés doivent porter des équipements de protection individuelle adaptés aux risques inhérents au métier et qui réduisent les facteurs aggravants. On opte aussi pour des outils et équipements atténuant les vibrations.

Enfin, dernier commandement de l'Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics, il faut encourager son personnel à adopter les bonnes postures. Lors des opérations de portage par exemple, il faut penser à «verrouiller» ses lombaires. C'est-à-dire contracter ses abdominaux et bien rentrer le ventre. Ainsi gainé, le dos est mieux protégé.

Pour être menée à bien, la lutte contre les TMS doit être une démarche commune associant salariés et patron. L'amélioration des conditions de travail n'en sera que plus significative, tant pour les équipes dont l'activité deviendra moins pénible que pour le chef d'entreprise qui gagnera de fait en productivité.

Témoignage

Thierry Renaud, entreprise Delamare (couverture-plomberie)


«Nous avions de fréquents petits arrêts de travail liés notamment aux douleurs aux genoux, dos ou poignets», explique Thierry Renaud. L'entreprise a donc décidé de préparer les chantiers davantage en amont pour identifier la charge de travail et les équipements nécessaires. « Par l'achat ou l'évolution des équipements mis à disposition, nous améliorons les conditions de travail au quotidien (moyens de levage, protection des genoux, chaussures confortables...).»

Claire Poisson

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