Quelles perspectives pour le bâtiment?

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Votée en mai dernier, la loi Grenelle 2 a des objectifs ambitieux. Ainsi, le secteur du bâtiment doit réduire les consommations énergétiques de l'habitat.

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Les objectifs du Grenelle 2 sont élevés. La consommation énergétique moyenne des bâtiments anciens devra être réduite de 38 % d'ici 2020. Dès janvier 2013, 100 % des bâtiments neufs devront consommer moins de 50 kWh/m²/an en énergie primaire, c'est-à-dire trois fois moins qu'actuellement. Et d'ici 2020, 100 % des nouvelles constructions devront être à énergie positive.

Suite au Grenelle 1, des progrès ont été réalisés: 120 000 éco-prêts à taux zéro ont été accordés, 20 000 demandes de certification de bâtiments basse consommation ont été enregistrées, 40 000 logements sociaux ont déjà été rénovés. Pour atteindre les objectifs fixés par le Grenelle 2, le gouvernement propose différentes mesures, qui marquent des ruptures technologiques dans le neuf et permettront une rénovation thermique accélérée du parc ancien. Ces mesures imposent à l'entreprise de fournir obligatoirement, à la fin des travaux, une attestation prouvant la prise en compte des normes énergétiques, afin d'impliquer davantage les maîtres d'ceuvre. Le développement des contrats de performance énergétique ou encore l'amélioration du diagnostic de performance énergétique (DPE) sont également au programme.

Outre les multiples incitations réglementaires, il reste encore aux artisans à se former à des techniques qu'ils ne maîtrisent pas toujours. C'est pourquoi l'Etat et les institutions du secteur (Capeb, FFB, Ademe...) ont développé une formation spécifique à la rénovation énergétique: la formation aux économies d'énergie des entreprises et artisans du bâtiment (FEE Bat). 24 000 stagiaires ont déjà été formés depuis 2008, soit la moitié des objectifs fixés pour 2010. Le message porté par la FEE Bat est clair: «La rénovation énergétique des bâtiments, ça ne se fait pas «comme par magie», ça s'apprend!»

Riche en propositions, le Grenelle 2 ne doit pas être vu comme une contrainte mais bien comme une opportunité pour les artisans de se positionner sur un marché en développement constant. En effet, malgré une baisse du nombre de chantiers de 6 %, le marché de l'amélioration énergétique reste dynamique avec une augmentation du chiffre d'affaires de 18 % en deux ans (20062008). C'est toute la filière qui doit s'organiser pour pouvoir répondre à la demande à venir. On estime à 20 milliards d'euros par an ce que coûteront les rénovations énergétiques des logements et du secteur tertiaire dès 2013.

Claire Poisson

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