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RT 2012, c'est demain, soyez prêts

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Le sujet de la réglementation thermique 2012 sera dans toutes les conversations cette année. Sorte de «révolution» verte, elle a pour objectif de rendre les bâtiments français énergétiquement performants. Explications.

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La maison à ossature bois se développe en France en répondant facilement à la norme RT 2012.

La maison à ossature bois se développe en France en répondant facilement à la norme RT 2012.

Deux dates doivent être retenues: le 28 octobre 2011 pour toutes les demandes de permis de construire des bâtiments tertiaires et des établissements publics de type écoles ou crèches, et le 1er janvier 2013, date à laquelle tous les bâtiments, habitations individuelles incluses, devront se plier à la réglementation. Cette dernière s'articule, comme la précédente RT 2005, autour de cinq leviers: chauffage, climatisation, production d'eau chaude sanitaire, éclairage et auxiliaires (ventilation, pompes...). « Si le bâti n'est pas suffisamment performant, en termes d'isolation notamment, le permis de construire sera refusé », précise Philippe Herbulot, du bureau d'études thermiques Cardonnel Ingénierie.

Ce qui change

Les changements par rapport à la RT 2005, qui vous impactent directement, concernent trois exigences de performance. En premier lieu, le bâtiment devra respecter une efficacité énergétique minimale pour le chauffage, le refroidissement et l'éclairage artificiel. Cette exigence prendra en compte l'isolation thermique et permettra de promouvoir la conception bioclimatique. Elle sera calculée durant la phase de conception, sachant qu'il n'y aura pas d'obligation d'instrumentation pour mesurer cette performance dans le temps.

Deuxième critère de contrainte: un niveau de consommation énergétique conventionnelle maximal a été déterminé. Il est de 50 kWh/ m²/an et est donc très exigeant. Le maître d'oeuvre devra s'engager à le respecter.

Enfin, le confort d'été devra être correctement pris en compte en limitant le plus possible l'utilisation de systèmes actifs de refroidissement (type climatisation). Pour être menée à bien, cette dernière composante de la RT 2012 exigera un réel travail en commun des parties impliquées dans un projet. En effet, ces nouvelles exigences obligeront les maîtres d'oeuvre à recourir aux énergies renouvelables, à traiter correctement les ponts thermiques (fuites de chaleur) ou encore les problèmes de perméabilité à l'air. C'est pourquoi « c'est le secteur tout entier qui devra s'organiser et travailler autrement », souligne Philippe Herbulot. Une analyse que partage Philippe Lansard, responsable du groupe performance énergétique de la FFB. « Les méthodes de travail évoluent et impliquent une coordination de tous les corps d'état. Il faudra intégrer un nouveau credo: ne plus penser aux querelles de clocher mais réfléchir au bâtiment dans sa globalité. »

Une nouvelle démarche pour l'artisan

De nouveaux réflexes devront être pris, comme le contrôle régulier de la construction à chacune de ses étapes, et non plus à la réception du chantier. A cette fin, dès le mois de mars, la FFB proposera ses premières fiches d'autocontrôle. « Elles seront de deux types, explique Philippe Lansard. Nous mettrons à la disposition des entreprises des fiches par corps de métiers et des fiches d'interface. » Les premières aideront les artisans à vérifier que leur travail est en conformité avec la RT. Les secondes permettront de valider que les connexions entre les différents corps de métier sont faites dans les règles de l'art. C'est ce «travail collaboratif qu'entend promouvoir la démarche d'Eco-artisan, développée par la Capeb. Fédérations métiers et ministères se sont donc organisés pour donner des clés. Ils proposent d'ores et déjà des sites web dédiés (lire notre encadré), des conseils, des guides et des modules de formation spécifiques à la RT 2012.

Si l'échéance approche, les professionnels ne semblent pas la redouter. En effet, bien qu'un gros effort de formation reste à fournir, les exemples de bâtiments basse consommation (BBC) réussis ou encore le succès des Eco-artisans (Capeb) ou autres Pro de la performance énergétique (FFB) prouvent, si besoin était, que les artisans français sont prêts à relever le défi. Reste que cette révolution aura des répercussions sur les coûts pour les entreprises. Selon le cabinet Xerfi, ils pourraient grimper de 20 %.

En savoir plus. Quelques sites à visiter

www. plan-batiment. legrenelle-environnement. fr
www.developpement-durable.gouv.fr
www.eco-artisan.net
www.ffbatiment.fr
www.capeb.fr
www.feebat.org
www.performance-energetique.lebatiment.fr

Claire Poisson

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