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Travailler sur un chantier en toute sécurité

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La sécurité au travail est un combat permanent du bâtiment et passe par les EPI. Pour vous inciter à les utiliser, les fabricants multiplient les efforts pour améliorer leur confort et leur design.

Dans le BTP, près de 120000 accidents du travail suivis d'un arrêt maladie, ont été relevés en 2005 par la Caisse nationale d'assurance-maladie, et 105 décès ont été constatés. De quoi faire réfléchir avant de laisser ses équipements de protection individuelle (EPI) au vestiaire. D'autant que les excuses pour ne pas les porter - «mettre le casque par cette chaleur, c'est insupportable«,»je n'arrive pas à sentir ce que je fais, avec des gants«... - deviennent obsolètes. Les fabricants d'EPI associent de plus en plus le confort, voire le critère esthétique, à la protection. Une bonne nouvelle pour les artisans du BTP, souvent réticents à porter ou à faire porter à leurs équipes, des protections réputées lourdes et peu pratiques, au détriment de leur sécurité, de leur santé et de leurs obligations légales (voir l'encadré ci-dessous). En cas d'infraction, l'employeur encourt 3 750 euros d'amende par salarié concerné. Grâce à l'évolution des produits, s'équiper n'est plus aussi contraignant. Cette prise de conscience des risques encourus et les innovations apportées en la matière provoquent ainsi une croissance importante du marché.»Selon les professionnels du secteur, la presque totalité des employés devant être équipés d'EPI, le seront en 2010«, estime MSI Etude MSI de juin 2006, réalisée à partir d'entretiens avec des fabricants, des distributeurs, des associations professionnelles et des revues du secteur , société de consulting produisant des études de marché dans l'industrie. Celle-ci prévoit en effet une augmentation de 10% des ventes d'EPI entre 2006 et 2010.

Juridique
Les obligations de l'employeur

- Mettre gratuitement à disposition de ses employés des EPI en bon état et adaptés au poste de travail et aux risques encourus.
- Fournir une formation aux utilisateurs.
- Veiller à ce que les EPI soient effectivement portés.

Des harnais plus confortables

Les travaux en hauteur représentent un tiers des accidents mortels. Destinés au travail en suspension, à la protection contre les chutes ou au maintien au poste de travail, les harnais de sécurité ont évolué, offrant davantage de confort à leurs utilisateurs. L'Unyc, fabricant d'équipements antichute, a ainsi décidé d'utiliser plus de renforts en mousse et de dessiner des formes différentes pour ses harnais, afin de mieux répondre aux améliorations demandées par des couvreurs. Cette année, 65% des clients potentiels interrogés par la société affirment utiliser régulièrement leur harnais, entre une fois par jour et une fois par semaine. Cette fréquence était moitié moindre il y a cinq ans.

Parmi les équipements indispensables, le casque, emblème du BTP, a lui aussi connu des améliorations. Non seulement il a perdu du poids, les plus légers pesant autour de 300 g, mais il protège mieux la nuque car il se compose de matériaux robustes qui se déforment en cas d'impact pour absorber le choc. Pour plus de confort, la plupart sont également dotés d'orifices permettant une ventilation intérieure. Autre innovation: les modèles «deux en un» intègrent des lunettes et/ou des protections auditives, ce qui augmente les zones de protection.

Essentiels contre les coupures et autres agressions dues à l'utilisation de produits corrosifs, les gants, accusés d'altérer la dextérité des professionnels, sont souvent «oubliés» dans le camion. Or, les lésions des mains sur les chantiers représentent le quart des accidents du travail dans le bâtiment, d'après l'OPPBTP (Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics). Les fabricants ont donc multiplié les efforts. Finis les gants de docker à taille unique, en cuir avec un dos en toile et de grosses coutures à l'intérieur, rigides et désagréables à porter. Certains modèles bénéficient de technologies innovantes: l'enduction de polyuréthane ou de nitrile. «Désormais très fins, comme une seconde peau, ils offrent une meilleure sensibilité, observe Frédéric Girard, directeur des régions Poitou-Charentes et Limousin pour France Sécurité, distributeur d'EPI. Et ce, sans sacrifier à la sécurité, leur résistance ayant été améliorée.» Cette nouvelle génération connaît un fort engouement: «Leur utilisation progresse de 15 à 20% chaque année depuis leur arrivée sur le marché il y a cinq ans», indique Thierry Favrot, directeur commercial du groupe Rostaing. Ce fabricant produit, entre autres, des gants de sécurité «recommandés par les maçons», un label mis en place par des organismes regroupant professionnels et syndicats du BTP en 2004. Des modèles sont testés et évalués sur les chantiers par leurs adhérents, pour chaque métier du bâtiment (construction, enduit, finitions, etc.). «L'objectif de cette opération? Montrer que, quand les gants sont adaptés, les ouvriers en prennent soin, explique Marie-LineVaxelaire, chargée de communication du Synamap, qui rassemble fabricants et distributeurs d'EPI. Doter son équipe d'un bon matériel est une manière de la valoriser.»

Longtemps décriées, elles aussi, notamment à cause de leur poids, les chaussures de sécurité bénéficient d'innovations importantes. Elles ont perdu, en quelques années, le tiers de leur poids, et suivent les tendances de la mode. «Avec une coquille en composite, qui remplace l'acier, elles sont déplus en plus légères, confirme Gérard Maigret, représentant auprès du Synamap du groupe RG, distributeur de grandes marques et fabricant. Et certaines ressemblent désormais à des baskets ou des tennis.»

Pratique
L'entretien des EPI

Pour garder vos équipements réutilisables en bon état le plus longtemps possible, vous devez les entretenir quotidiennement. Les chaussures, débarrassées de la boue, doivent être aérées, et le cuir, graissé régulièrement. Même conseil pour les gants, à laver à l'eau claire s'ils sont étanches, et pour le casque, en utilisant du détergent doux. Les masques se désinfectent régulièrement, et les lunettes, lavées chaque jour à l'eau - avec les doigts pour éviter les rayures - se déposent dans un étui rigide. Nécessitant une bonne hygiène, les bouchons d'oreille se nettoient à l'eau savonneuse et les inserts mousse ainsi que les oreillettes des casques antibruit, se remplacent régulièrement.

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