Un chantier oecuménique

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Les chefs d'entreprise du bâtiment de l'Hérault ont le coeur sur la main. Ils ont donné de leur temps et de leur énergie pour aider à construire l'église abbatiale de la congrégation Saint-Joseph de Puimisson. Des dons «en nature» pour aider les moines à s'installer.

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Les artisans, des mécènes comme les autres? Pas tout à fait. Là où les grandes firmes défiscalisent de l'achat d'oeuvres d'art onéreuses, les petites entreprises du bâtiment, elles, misent plutôt sur des donations en nature. C'est d'ailleurs le choix fait par la congrégation Saint-Joseph de Puimisson. Des entreprises de la région, artisans du bâtiment, ont aidé les moines à construire leur église abbatiale, mettant à leur disposition matériaux, matériel de chantier ou encore leurs bras expérimentés. L'entreprise de travaux d'étanchéité Sopribat, située à Millau, a notamment aidé à la construction de la charpente de l'édifice. La société Le grain d'orge s'est occupée de la taille des pierres de l'église. Et JFP Construction a géré les travaux de dallage. Naturellement, ces opérations de mécénat ont donné lieu à des déductions d'impôt sur les sociétés. Cependant, pour ces artisans, la motivation se trouve ailleurs. Comme l'explique Jean-Baptiste Arcuri, gérant de Sopribat, qui a offert la cloche de l'église, « il s'agit davantage de rendre service, de prendre part à un beau projet que d'avoir droit à des déductions fiscales. » De fait, la bonne humeur est de mise sur le chantier. Les professionnels de tous corps d'état se sont mêlés, avec plaisir, aux moines et moniales, investis dans la construction de leur futur lieu de culte, petites mains appliquées pour les spécialistes.

Le «lip dub» des moines

Cette joie de vivre caractérise parfaitement la congrégation de Saint Joseph, qui n'a pas hésité à se mettre en scène dans un «lip dub». Une vidéo, à découvrir en ligne sur notre site Chefdentreprise.com, dans laquelle les religieux reprennent en choeur les paroles de «Si j'avais un marteau» de Claude François. Leur but? Récolter suffisamment de fonds pour couvrir le coût de la construction de leur monastère. Car, après la construction de leur église, qui a coûté 1,7 million d'euros, ce nouveau projet pharaonique est estimé à 3,7 millions d'euros. Et les dons affluent. La moitié du budget est couverte. Par ailleurs, comme pour l'église, les moines de Saint Joseph espèrent surtout de la main-d'oeuvre supplémentaire, notamment pour développer les échanges entre la communauté et les habitants de la région. Le chantier est d'ailleurs ouvert au public et aux entreprises. « L'intérêt pour la congrégation, explique Etienne Piquet-Gauthier, en charge de la communication du projet, est de leur faire découvrir le chantier et les différents métiers y afférant. » C'est pourquoi la Capeb départementale a organisé sur les lieux, le 1er juillet, une réunion sur les métiers de la construction et la rénovation de bâtiments anciens. De quoi susciter de nouvelles vocations.

Les travaux sont l'occasion pour les religieux de se rapprocher des habitants.

@ EPG - WWW.BATISSEURDEMONASTERE.ORG

Les travaux sont l'occasion pour les religieux de se rapprocher des habitants.

Repères

- Raison sociale
Congrégation Saint-Joseph
- Entreprises concernées
Tous les corps d'état du bâtiment, dont un tailleur de pierre, un maçon et un charpentier
- Ville
Puimisson (Hérault)
- Coût de l'opération
5,4 millions d'euros, dont 3,7 millions pour le monastère qui reste à construire
- Lien
www.batisseurdemonastere.org

Claire Poisson

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