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Un pôle culturel médiéval et moderne

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En quête d'une nouvelle vie, le collège médiéval des Bernardins, situé en plein coeur de la capitale, vient d'être restructuré et rénové sous l'égide du Diocèse de Paris. Un chantier exaltant tant par l'originalité du programme que par la complexité des contraintes à résoudre. Explications.

Après cinq années de rénovation, c'est en grande pompe que Christine Albanel, ancienne ministre de la Culture, et le pape Benoît XVI ont célébré la réouverture du Collège des Bernardins en septembre 2008. Tous deux ont salué la prouesse technique de ce chantier. Fondé en 1247 par les Cisterciens pour améliorer la formation des moines, cet édifice prétend désormais s'imposer comme un centre culturel et un lieu de débat pour l'Eglise et la société. « Au Moyen-Age, c'était un édifice intellectuel. Mais au début du XXe siècle, il a été laissé à l'abandon et des travaux s'imposaient », rappelle Jacques Sinizergues, directeur des études de Sefri Cime, qui a dirigé les travaux aux côtés du Diocèse de Paris, propriétaire des lieux. Dès le début de la rénovation, des problèmes se posent. Pour consolider le bâtiment, les piliers du sous-sol, construits sur l'ancien lit de la Bièvre, sont stabilisés à l'aide de 322 micropieux enfouis à une vingtaine de mètres de profondeur. Des tonnes de terre, qui avaient été accumulées pour stabiliser l'édifice, sont déblayées et une fondation en béton armé est coulée afin de sécuriser le site. Le choix des matériaux n'a pas non plus été si simple. Jean-Michel Wilmotte, un des architectes du programme, a souhaité allier la décoration contemporaine à la volumétrie de l'esprit cistercien mais aussi privilégier la sobriété des matériaux et la pureté des formes, comme le prouvent les salles de cours et l'auditorium. Pour Jacques Sinizergues, « le résultat final est une récompense: la beauté retrouvée des espaces, les jeux de lumière sur les voûtes et la fonctionnalité des usages restituent le témoignage de l'exigence des premiers concepteurs, les moines de Clairvaux. »

@ KAMAL KHALFI

Système de chauffage et de refroidissement

Des serpentins incorporés dans le plancher du cellier assurent le chauffage et le refroidissement des salles de cours.

Auditorium

Cette salle de 250 places, dotée d'une régie et d'un écran de projection, accueille des conférences et des concerts. Des poutres de chêne de la charpente du XIIIe siècle ont été datées et conservées.

Porte d'entrée, salle de cours

Les cloisons et les portes incorporent dans leur épaisseur des gaines de ventilation. Des poutres d'acier inoxydable suspendues intègrent les éclairages et la sonorisation.

Plancher

Le plancher en béton du premier étage a été coulé sur la structure métallique. Les gaines de ventilation et d'électricité sont intégrées dans les alvéoles de la charpente.

Rez-de-chaussée

Longue de 70 mètres, large de 14 mètres et haute de 6 mètres environ, la triple nef du rez-de-chaussée est dédiée à l'accueil, aux expositions et à la librairie. Les sources d'éclairage sont regroupées au pied des colonnes.

Cellier

Libéré des tonnes de terre qui l'encombraient depuis le Moyen-Age, le cellier abrite une enfilade de salles de cours pour accueillir quelque 4 000 personnes assistant aux différents séminaires et tables rondes.

Repères

> Adresse 18, rue de Poissy Paris Ve arr.
> Maître d'ouvrage Bertrand de Feydeau, directeur des affaires économiques du Diocèse de Paris
> Surface 5 000 m2
> Prix de la construction 50 MEuros
> Web www.college desbernardins. fr

MALLORY LALANNE

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