Un sacré plâtrier!

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Atypique. Homme d'Eglise les soirs et les week-ends, Nicolas Pelat est plâtrier le jour. Une double vie qu'il assume et revendique, pour le bonheur de ses clients et paroissiens. Portrait de ce jeune homme en communion avec sa foi et sa vie professionnelle.

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«je suis un prêtre et un artisan, bien dans mes baskets! » Père Nicolas Pelât Plâtrier-stucatem

«je suis un prêtre et un artisan, bien dans mes baskets! » Père Nicolas Pelât Plâtrier-stucatem

es plâtriers, c'est comme les curés, c'est rare », s'exclame un client. Et si le plâtrier en question est aussi prêtre ? Incroyable, mais vrai. C'est le cas du père Nicolas Pelat qui porte la double casquette. Chaque soir, il troque son bleu de travail contre une chasuble, délaisse ses truelles pour un missel, quitte ses clients pour ses fidèles... Des paroissiens qui peuvent d'ailleurs devenir des clients!

Et inversement ? Certains s'emmêleraient les pinceaux... Ce n'est pas le cas de Nicolas Pelat qui, malgré un emploi du temps de ministre, est diablement organisé.

De la truelle au goupillon

Sa journée commence en prière, continue avec des chantiers de décoration, se prolonge par la messe de 18 h 30 et se conclut par la lecture de ses courriers et e-mails. Deux à trois soirs par semaine, il enseigne son métier - de plâtrier stucateur - à des compagnons. Il consacre ses week-ends à ces jeunes et à ses missions de prêtre. Il est à la tête de huit paroisses de la région Centre, soit 10 000 habitants. « Rien ne serait possible sans les 60 à 80 bénévoles qui m'épaulent dans mes tâches », reconnaît Nicolas Pelat, qui arrive, qui plus est, à trouver du temps pour lui.

Une multitude d'activités qui ont, au début, inquiété sa hiérarchie et ses fidèles. « Mais, ils ont bien vu que cela ne changeait rien. Au contraire, ils bénéficient d'un prêtre bien dans ses baskets. J'y trouve mon équilibre », assure le jeune homme qui a vu le nombre de paroissiens augmenter de plus de 600 % depuis son arrivée! Mais Nicolas Pelat veut aussi être reconnu comme un artisan accompli. D'autant que sa vocation pour son métier est antérieure à son cheminement vers la foi. Mais les deux routes s'entrecroisent au cours de son tour de France du compagnonnage, certes laïque, mais qui véhicule des valeurs de partage et de don.

Aujourd'hui, Nicolas Pelat est reconnu tant pour sa qualité d'écoute, légitimée par son ancrage dans la vie active et les problématiques du quotidien, que pour son travail d'artisan. Même s'il n'est pas un chef d'entreprise comme les autres. « Quand mes clients apprennent que je suis prêtre par ailleurs, ils ont tendance à me faire confiance plus facilement, en se disant qu'un homme d'Eglise ne les arnaquera pas! », sourit Nicolas Pelat. Percevant un traitement de 450 Euros mensuels, n'ayant pas de logement ni de famille à charge, il ne se rémunère pas. Les bénéfices lui permettent de payer son salarié, de financer le développement de son activité, voire d'aider quelques familles en difficulté.

Bio

- 1974
Naissance à Orléans (Loiret).
- 1990
Débute son tour de France du compa gnonnage.
- 1995
Devient compagnon.
- 2002
Est ordonné prêtre.
- 2007
Création de son entreprise de décoration en stuc et staff à Fossé dans le Loir-et-Cher.

Carine Guicheteau

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