Une erreur (presque) fatale

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@ ARNAUD OLSZAK

Crise économique, crise du bâtiment, problèmes de trésorerie... Les causes expliquant les difficultés financières d'une entreprise du bâtiment sont nombreuses. Et ce, sans compter les bourdes de l'administration française. L'entreprise de plomberie et chauffage ECA, basée en Seine-et-Marne, est aujourd'hui en sursis à cause d'une erreur de saisie du greffe du tribunal de grande instance (TGI) de Paris. Victime d'indélicatesses de paiement, Bertrand Jacquelot, dirigeant d'ECA, a demandé la liquidation simplifiée d'un de ses clients. Quelle ne fut pas sa surprise en se rendant compte que le TGI avait liquidé... sa propre société! L'histoire pourrait prêter à sourire. Sauf que les conséquences sont graves pour cette TPE de 20 salariés: la banque a bloqué ses comptes, un chantier de plus de 800 000 euros vient d'être annulé, certains fournisseurs n'effectuent plus leurs livraisons et un prêt, accepté avant cette bévue, a finalement été refusé. Métaphoriquement, l'entreprise est dans la même situation qu'un particulier déclaré décédé par erreur. Pour sa part, le TGI a d'ores et déjà reconnu ses torts. Mais le mal est fait. Les pertes financières sont lourdes et la TPE pourrait ne pas s'en relever. Chronique d'une disparition programmée pour cette entreprise créée en 1974? Il faut espérer que non. Tout comme il faut espérer que le TGI de Paris ne commette plus d'erreur potentiellement fatale.

Julien van der Feer rédacteur en chef adjoint

Julien van der Feer

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