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Valoriser son entreprise par un label qualité

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Mode d'emploi. Qualifications, certifications ou appellations, les «labels» qualité sont multiples. Les démarches pour les obtenir et leurs coûts le sont tout autant. Lequel choisir? Suivez le guide.

 

Vous souhaitez distinguer votre entreprise par un «label» de qualité pour attirer l'attention de votre clientèle ?

Les marques de reconnaissance ne manquent pas dans le bâtiment, de la charte de bonnes intentions à la certification, en passant par les qualifications (voir l'encadré ci-dessous). Première étape: identifiez votre objectif. La démarche sera différente selon ce que vous voulez évaluer au sein de votre entreprise, compétences techniques, méthodes organisationnelles ou démarches environnementales. Vous devez prendre en compte également votre cible: particuliers, maîtres d'oeuvre ou collectivités locales, ne se réfèrent pas aux mêmes qualifications. Avant de faire votre choix, enfin, n'oubliez pas que les qualifications plus difficiles à obtenir sont moins répandues, et marqueront donc davantage la différence avec vos concurrents.

Parmi les «labels» simples d'accès, vous pouvez prétendre à la marque professionnelle AB5, délivrée par la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb). Pour l'obtenir, il faut justifier de votre inscription au Répertoire des métiers, d'une qualification en bâtiment, et vous engager à assurer la qualité du service, notamment les délais du devis, le respect de ses clauses et le contrôle de la satisfaction du client. De leurs côtés, les appellations «Professionnel du gaz» (PG) et «Professionnel maintenance gaz» (PMG) sont disponibles pour les entreprises ayant désigné un responsable gaz, dont les connaissances auront été testées au préalable par un organisme indépendant. L'obtention de cette appellation est suivie d'un audit. Qualibat, décliné en plus de 400 certificats délivrés à 46 corps de métiers, ainsi que Qualifelec, son équivalent pour les installateurs électriciens, sont eux aussi relativement faciles à obtenir. La commission d attribution contrôle si l'entreprise a les moyens, tant humains que matériels, d'effectuer ses chantiers dans de bonnes conditions. Vos clients sont interrogés pour vérifier vos pratiques dans ce domaine. «Il s'agit de montrer la transparence de l'entreprise, justifie Pierre Girard, membre de l'organisme Qualibat, et les bonnes pratiques qu'elle met en oeuvre. Les professionnels qui acquièrent ce «label» peuvent alors figurer dans les répertoires diffusés sur Internet, et bénéficier des campagnes de publicité de l'appellation.»

Thierry Bombardier BTM Energies

«J'attends d'un «label» qu'il sélectionne les entreprises et soit assez contraignant pour me différencier des concurrents.»»

Pour l'obtenir, il vous en coûtera 130 euros HT de frais de dossier au moment de l'inscription, puis entre 70 et 300 euros annuels HT selon le nombre de salariés1. Mais s'il est adopté dans près de 34 000 entreprises du bâtiment, certains artisans lui reprochent de ne pas suffisamment contrôler ses bénéficiaires. C'est le cas de Thierry Bombardier, gérant de BTM Energies, situé à Servian dans l'Hérault. «J'attends d'un «label» qu'il sélectionne les entreprises et soit assez contraignant pour me différencier des concurrents, explique l'artisan. Or je n'ai jamais eu d'audit.» L'organisme délivrant la qualification a entendu la critique: depuis un an, les vérifications sont désormais systématiques.

Energies renouvelables: des «labels» uniformisés

De la même façon, Quali'sol, appellation destinée aux entreprises installant des chauffages solaires, est plus restrictive aujourd'hui. Créée en 1999 par l'Ademe, Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie placée sous tutelle gouvernementale, Quali'sol est désormais gérée par Qualit'EnR, association de professionnels du bâtiment2, comme Quali'bois pour la construction en bois et Quali'PV pour le solaire photovoltaïque. Ces appellations sont délivrées à l'issue d'une formation uniformisée depuis 2006, contrôlée ensuite par un questionnaire, suivie a posteriori par l'audit d'un chantier. L'artisan doit, en outre, s'engager à respecter une charte garantissant la qualité du service. Selon l'Association pour la formation professionnelle des adultes (Afpa), les formations nécessaires pour obtenir cette appellation oscillent entre trois et quatre jours selon la qualification demandée. Outre les frais de dossier, fixés à 108 euros HT, le coût de la formation s'élève, pour cet organisme, à 220 euros par jour. Ces frais peuvent être pris en charge par les fonds de formation et rapidement amortis, car les particuliers y sont de plus en plus attentifs. En effet, s'ils veulent bénéficier de subventions des institutions territoriales (de la région, du département ou de la communautés de communes), ils doivent faire appel à un professionnel certifié par ces «labels».

Le plus sélectif: la certification ISO

D'autres certifications, peu reconnues par les particuliers, sont davantage destinées à une reconnaissance par les pouvoirs publics, pour obtenir des appels d'offres* C'est le cas des normes ISO et NF, qui permettent aux entreprises artisanales de se distinguer dans trois domaines différents: ISO 9001, définie en 2000, apprécie le système de management et l'organisation, NF Services Bâtiment, contrôle le service au clients, tandis que ISO 14001 sanctionne les pratiques destinées à préserver l'environnement* Très contraignantes, ces normes nécessitent dans la majorité des cas, l'aide d'un consultant pour les obtenir. «La durée du processus et son coût dépendent de la culture de l'entreprise, explique Sandrine Merle, chargée de communication d'Afaq Afnor, organisme de certification. Si la démarche qualité est ancrée depuis longtemps, le travail sera moins long.» Néanmoins, la procédure réclame beaucoup de temps et peut s'avérer très lourde pour une structure ayant peu de salariés. La démarche Capea (voir l'encadré Témoignage), inspirée des critères ISO 9001, offre une alternative plus accessible aux petites entreprises. Il s'agit d'une procédure visant à améliorer l'entreprise dans son organisation. Pilotage de la structure, gestion financière et comptable, achat et approvisionnement, plus de dix thèmes sont passés au crible par la première étape, Capea diagnostic. Trois solutions se présentent ensuite pour remédier aux insuffisances, avec un accompagnement allant de 2 à 12 mois. «Cette démarche est le plus souvent entamée par l'entreprise qui souhaite se lancer dans un projet de développement», explique Jean-François Robert, directeur du service économique de la Chambre de métiers de Corrèze. Reste à le faire savoir auprès de votre clientèle...

Sandrine Merle Afaq Afnor, organisme de certification.

« La durée du processus et son coût dépendent de la culture de l'entreprise. Si la démarche qualité est ancrée depuis longtemps, le travail sera moins long.»

TEMOIGNAGE
Hervé Breuil, maçon
A 41 ans, le dirigeant de l'entreprise de maçonnerie FH Breuil à Soursac, en Corrèze, souhaitait avoir un point de vue nouveau sur sa société. Un point de vue différent de celui du banquier et du comptable, qui le suivent depuis le début.
C'est pour cette raison qu'il a engagé son entreprise, FH Breuil, dans une démarche Capea, en juin dernier, auprès de sa Chambre de métiers. Dans un premier temps, une conseillère s'est rendue au siège pour consulter les documents officiels de l'entreprise, et s'entretenir avec son dirigeant et l'assistante, dans le but d'établir son diagnostic.
Après un compte-rendu sur les points forts et les points faibles de la structure, Hervé Breuil choisit l'option Capea Initiative, qui permet un accompagnement de l'entreprise pendant six mois, pour améliorer ses pratiques, notamment sur les questions environnementales. Une expérience qui s'est avérée positive pour le dirigeant. «Aujourd'hui, mon suivi des déchets est plus performant: on en trie 60% sur les chantiers, contre 10% auparavant.»

Repères
> Raison sociale :
FH Breuil
> Effectif :
13 salariés
> Lieu =
Soursac (Corrèze)
> CA 2007 :
750 000 euros

A lire dans le prochain numéro:
«Faites connaître vos»labels«qualité»
1 72 euros HT pour moins de cinq salariés, 96 euros jusqu'à 10, 180 euros entre 11 et 15, et 295 euros jusqu'à 20 salariés,
2 L'association Qualit'EnR est gérée par la Capeb, l'Association professionnelle de l'énergie solaire, l'Union climatique de France, l'Union nationale de couverture-plomberie et le Syndicat des énergies renouvelables.

Mot clés : euro

CELINE KELLER

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